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Spedding, le combat continue

Spedding, le combat continue

Le 13/03/2018 à 11:38Mis à jour Le 13/03/2018 à 11:46

Après avoir essuyé les refus de la LNR puis de la FFR, l’arrière international Scott Spedding (31 ans) - qui compte 23 sélections chez les Bleus - a un nouveau rendez-vous capital le 20 mars pour tenter d’obtenir le statut Jiff. Sans lequel son avenir pourrait s’assombrir.

Depuis plusieurs mois, l’arrière de Clermont Scott Spedding (31 ans) cherche à obtenir le statut Jiff. Comme révélé dans les colonnes de Midi Olympique la semaine dernière, la prochaine étape s’écrira, devant le Comité National Olympique Sportif et Français (CNOSF), le mardi 20 mars à 14h30. En octobre, le joueur avait été informé par les dirigeants auvergnats qu’il ne serait pas conservé au terme de son contrat en juin. La raison invoquée ?

Scott Spedding - France

Scott Spedding - FranceIcon Sport

Spedding payait le fait de ne pas entrer dans les quotas Jiff, lesquels vont être encore durcis dans les années à venir (moyenne de quinze par feuille de match pour la saison 2018-2019 puis seize en 2019-2020), en même temps que sa présence parmi les 45 joueurs protégés par la liste élite du XV de France. "Les dirigeants m’ont expliqué que, depuis trois ans, je partais pendant en moyenne quatre mois par saison avec l’équipe de France et qu’ils ne pouvaient pas me compter parmi les Jiff, nous expliquait-il en décembre. Pour eux, c’était une double punition."

Scott Spedding - Clermont

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Spedding a donc entamé les démarches pour réévaluer sa situation. Sauf que sa demande a d’abord été refusée fin novembre par la Commission juridique de la LNR. Le mois suivant, c’est le Comité directeur de la FFR qui choisissait de ne pas se prononcer. L’intéressé s’était alors tourné vers la Commission d’appel de la Fédération, laquelle a estimé courant janvier qu’il n’était pas dans ses compétences de trancher. Impasse qui nuit à sa carrière. "Il y a des règles en Europe qui protègent la libre circulation des travailleurs, nous confiait le joueur il y a quelques jours. Je possède un passeport français et, en tant que Français, j’ai du mal à trouver du travail."

Spedding est arrivé en France en 2008, à Brive où il a intégré le centre de formation avant de signer professionnel en 2009. Ceci alors que les réglementations Jiff n’existaient pas puisqu’elles ont été mises en place en 2010. Et le Sud-Africain a obtenu la nationalité française en septembre 2014, et a été convoqué pour la première fois chez les Bleus quelques mois plus tard. Il a même disputé la Coupe du monde 2015.

Spedding : "Trouver un club pour rebondir"

Scott Spedding veut continuer à croire en une issue positive. "Je suis conscient qu’il faut mettre en place un système pour protéger l’équipe de France et les jeunes joueurs français, affirmait-il. Je suis même totalement d’accord avec ça. Mais on voit bien que ce n’est pas la bonne solution car elle est contournée dans tous les sens. Aujourd’hui, il y a une trentaine de joueurs en Top 14 qui sont Jiff et qui ne sont pas sélectionnables en équipe de France. Il y a donc potentiellement deux équipes qui peuvent évoluer pour une autre équipe nationale. J’ai 23 sélections chez les Bleus, ce n’est pas rien quand même. Jouer pour l’équipe de France, c’est un privilège. C’est pour ça que je veux être Jiff. Je pense que certains cas méritent d’être étudiés de près. Vous vous rendez compte que Jérôme Thion (qui n’est pas passé par un centre de formation de rugby, N.D.L.R.) a été capitaine de l’équipe de France et a mis fin à sa carrière, en partie parce qu’il n’était pas Jiff ? On pourrait faire une exception pour des cas comme celui de Jérôme, ceux de Sébastien Chabal ou Fabrice Estebanez qui ont connu ces situations, ou le mien."

Scott Spedding - France

Scott Spedding - FranceIcon Sport

Quand la tendance semblait favorable à l’obtention du statut Jiff, de nombreux clubs de l’élite s’étaient positionnés pour l’accueillir l’été prochain, parmi lesquels Bordeaux-Bègles, Toulouse, Montpellier ou Toulon. Depuis les refus, les contacts sont au point mort. Ce qui pourrait l’inciter à chercher une porte de sortie à l’étranger, voire pire. "J’ai toujours envie de jouer en équipe de France et je veux aller au prochain Mondial, assurait Spedding. Je dois trouver un club de Top 14 pour rebondir mais, à ce rythme, je devrais arrêter ma carrière avant." L’échéance à venir est donc capitale.

Un précédent dans le basket espagnol

Le CNOSF pourra faire une proposition de conciliation qui serait transmise aux différentes parties. L’entourage de Spedding espère qu’elle sera favorable au joueur. Si tel était le cas, le Comité directeur de la FFR aurait le pouvoir de revoir son statut. "Il existe un impact à caractère discriminatoire, signifiait Romuad Palao, l’avocat de Spedding, dans Midi Olympique. Les règlements de la Commission européenne stipulent qu’on ne doit pas entraver la libre circulation des travailleurs. Il existe un précédent pour ce genre de cas. C’était dans le basket espagnol, où la proportion imposée de joueurs équivalents au statut Jiff était de 40 %. La Commission européenne avait considéré que c’était disproportionné."

Scott Spedding - France

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Ce qui peut jouer en la faveur de Spedding car avec 15 joueurs sur 23, le ratio atteindra 65 % en Top 14 la saison prochaine. "Au-delà, la LNR et la FFR ne respectent pas les règlements de World Rugby car, selon ces derniers, cela ne doit pas nuire au caractère sélectionnable d’un joueur, reprenait Romuald Palao. Pour Scott, c’est la double peine, lui qui fait encore partie de la liste des 45 alors qu’en France, la période sélectionnable est beaucoup plus longue que dans d’autres pays. La situation devient pressée car plus le temps passe, moins il a de chance de trouver une solution. C’est très dommageable. Comme tout bon principe, celui du Jiff mériterait quelques exceptions pour rendre la réglementation plus intelligente." Si le recours devant le CNOSF ne portait pas ses fruits, il n’en resterait qu’un pour Spedding : saisir le tribunal administratif, ce qui peut prendre plus ou moins de temps suivant le caractère urgent de la situation.

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