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RUGBY - Comment le Stade français espère (re)devenir un grand d’Europe

Comment le Stade français espère (re)devenir un grand d’Europe

Le 07/09/2017 à 08:21Mis à jour Le 23/09/2017 à 10:54

Engagé dans une année de transition après son rachat par le milliardaire allemand Hans-Peter Wild, le Stade français reste malgré tout ambitieux à moyen terme. Pour assouvir sa soif de trophées, le club parisien mise notamment sur la haute technologie…

Personne n’est dupe. Et surtout pas le Docteur Hans-Peter Wild (75 ans). Sauf petit miracle, le Stade français du milliardaire allemand - qui pèse plus de 3 milliards de dollars et qui est classé 52e fortune en Suisse - est bien engagé dans une année de transition. Avec un rachat précipité le 25 mai dernier et des renforts loin des standing internationaux, le club parisien aura du mal à titiller la hiérarchie du Top 14 où Clermont, Toulon, Montpellier, La Rochelle et le Racing 92 semblent destinés à bloquer cinq des six places d’accessit en phases finales du championnat. Si la fameuse année de transition a été validée à tous les étages de l’organigramme parisien, les ambitions du "Docteur" restent grandes, très grandes même.

"On souhaite être dynamiques, créatifs (…) la différence se fera avec l’approche technologique" Robert Mohr (directeur sportif du Stade français)

Pour "hisser le Stade français dans la Top 3 européen", aux côtés des Saracens et du Munster, Hans-Peter Wild n’étalera pas ses milliards dans le but d’attirer les meilleurs joueurs de la planète à l’instar de son voisin de la Porte d’Auteuil, le PSG. Non, le propriétaire des boissons Capri-Sun préfère, notamment, importer le meilleur de la haute technologie du sport d’outre-Rhin. "On souhaite être dynamiques, créatifs, nous confie le directeur sportif du Stade français Robert Mohr. L’idée est de soulever des synergies. Hoffenheim travaille beaucoup avec SAP (une société informatique dont le fondateur est le Président du TSG 1899, un très bon ami du Docteur Wild, ndlr). J’ai visité plusieurs fois leur centre d’entraînement. Je pense qu’à moyen terme, les clubs vont arriver à un plafond avec la même qualité de joueurs, la même qualité d’entraînement. A un moment donné, la différence se fera par ce chemin là. Et Hoffenheim est très avancé sur l’approche scientifique."

Sergio Parisse, une des stars de l'effectif parisien

Sergio Parisse, une des stars de l'effectif parisienIcon Sport

Copier la référence en haute technologie du sport allemand : Hoffenheim

Concrètement, en quoi consiste cette approche qui se veut révolutionnaire ? "Il s’agit de développer la capacité des joueurs à lire des situations de jeu, à réagir plus vite, à trouver la solution juste, précise Robert Mohr. Il y a énormément de choses à copier pour que nos joueurs répondent le mieux possible aux problèmes posés dans un match. Comme cette approche n’existe pas énormément dans le rugby, je pense que ça peut tirer le Stade français vers le haut." Pour reprendre l’exemple du club d’Hoffenheim, quatrième de la Bundesliga la saison passée, les joueurs ont sur eux des capteurs qui analysent en temps réel leurs accélérations, positions sur le terrain, ou contacts avec le ballon.

Une véritable mine d’or pour les entraîneurs qui cherchent inlassablement à améliorer les performances de leurs athlètes. "En principe, le capteur se trouve quelque part sur le corps du joueur : dans la chaussure, le protège-tibia ou le maillot, explique Bernd Leukert, membre de la SAP, qui a conçu le logiciel. Puis, il y a une transmission en temps réel des données."

Une mine d’or pour améliorer les performances des joueurs

Ces données, recueillies par des capteurs, sont transmises vers un ordinateur. Elles permettent par la suite de faire des entraînements ciblés, à la carte, pour gommer des faiblesses individuelles et collectives ou pour réduire les risques de blessures. "Les données renforcent ce que je perçois subjectivement mais elles m’apportent aussi quelque chose que je ne peux pas percevoir, ni mesurer, soulignait dernièrement Julian Nagelsmann, l’entraîneur du TSG 1899 Hoffenheim. Par exemple, si je veux mesurer la durée d’une récupération de balle, jusqu’au but, en tant qu’entraîneur, je peux estimer, de manière subjective, que c’est relativement rapide ou trop long. Mais si j’ai une moyenne de toutes les données, depuis la récupération du ballon jusqu’au but, sur tout l’entraînement, je peux tirer des conclusions qui peuvent m‘être utiles pour la prochaine semaine d’entrainement et ce que l’on va travailler spécifiquement."

Dernier "gadget" dans la boîte à outils du TSG 1899 : les Google glass ! Grâce à ces lunettes intelligentes, le préparateur physique peut désormais calculer la vitesse exacte du joueur et étudier par la suite ses performances sur tablette. Un arsenal technologique qui pourrait propulser d’ici deux, trois ans le Stade français vers les plus hautes sphères européennes…

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