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Lyon : David Attoub, le jour d’après

Lyon : David Attoub, le jour d’après

Le 14/03/2018 à 19:15Mis à jour Le 14/03/2018 à 19:21

C’est non sans émotion que David Attoub a annoncé la fin de sa carrière au début du mois de mars, la faute à une cheville qui ne cesse de le faire souffrir. L’ancien pilier international est aujourd’hui dans le staff du LOU, vit au jour le jour, sans savoir de quoi demain est fait.

La carrière de David Attoub se sera arrêtée le 6 mai 2017 au Stade des Alpes de Grenoble, la faute à une rupture des ligaments d’une cheville et du tendon. Opéré dès le mois suivant, pensant pouvoir revenir pour la saison en cours, le natif de Valence n’arrive finalement pas à récupérer et doit se faire à l’évidence. "Ma cheville est toujours gonflée, j’ai des douleurs à la course et j’ai un gros déficit qui m’empêche de forcer", confie-t-il sachant que la Médecine du Travail l’a rendu inapte au sport professionnel. Il n’a pas pu vraiment choisir le moment de sa sortie et presque 10 mois après, malgré la frustration, la page est désormais tournée.

Un sentiment de fierté après 15 ans de carrière

Sauf que ce n’est pas avec nostalgie mais plutôt avec fierté que l’ancien pilier, âgé de 36 ans, regarde ce qui a été accompli. "Au fond de moi je me dis que j’ai fait une belle carrière. J’ai un peu de regret par rapport à l’équipe de France, j’aurais peut-être dû plus travailler", explique celui qui compte 4 sélections avec les Bleus.

David Attoub (XV de France) lors de la tournée 2012 en Argentine

David Attoub (XV de France) lors de la tournée 2012 en ArgentineIcon Sport

Le très haut il a ainsi connu, le très bas également à l’image de ce staphylocoque doré en 2006 et de sa suspension de 52 semaines en 2010. La vie est ainsi. "Mon caractère a toujours été de remonter et c’est une grande fierté. J’espère que ma nouvelle carrière va être aussi belle, avec beaucoup moins de bas."

Entraîner, un « kiff » et une « drogue »

Depuis quelques mois, d’abord qu’avec les jeunes puis maintenant les pros, il s’occupe de la mêlée du LOU en guise de première expérience sur le banc au haut niveau. Pierre Mignoni lui a fait confiance pour suppléer Sébastien Bruno - qui a rejoint le staff du XV de France le temps du Tournoi - mais sans savoir si cela s’inscrit sur le long terme. Encore sous contrat joueur mais bientôt notifié de la perte de sa licence, l’avenir de David Attoub est "flou donc il (je) profite au jour le jour, donne le maximum et prend beaucoup de plaisir." Quoi qu’il en soit, que ce soit avec les pros ou l’association, "il n’y a pas de mauvaise expérience."

Bientôt titulaire du Brevet d’État, entrainer était une ambition. "Je kiffe, c’est ma drogue", dit-il. Et un jour pouvoir manager en est une autre. "Partout où je suis passé, j’ai entrainé les jeunes du centre de formation ou les filles comme au Stade français et à Montpellier. J’aime transmettre et être dans la réflexion de coach", analyse David Attoub qui a sauté sur l’occasion qui se présentait à lui avec Lyon. Tout est désormais différent. "Quand on est joueur, on n’imagine pas que quelqu’un a passé 10 heures sur un écran pour une vidéo de 5 minutes !" Il apprend et se forme, notamment sur les secteurs qui ne sont pas les siens.

Des idées plein la tête

Après un quotidien de rugbyman professionnel, la nouvelle vie de David Attoub ce sont des allers-retours dans le Sud où se trouve sa famille et qui servent à se ressourcer. C’est aussi un bar-restaurant aux portes de Lyon dans lequel il a investi. Et c’est également ce ballon de rugby personnalisable qu’il a pensé et imaginé durant ses premières nuits blanches d’entraineur. "Les enfants ne touchent pas assez le ballon et n’ont pas la dextérité que l’on avait avant car le monde dans lequel on vit fait développer d’autres sens, à cause des écrans. Ce ballon, on peut le colorier et l’enfant peut jouer avec et se l’approprier complètement."

Assurément les idées ne manquent pas pour "Bobby", toujours souriant, disponible, aimant le partage et resté proche des joueurs malgré les exigences. La transition s’est ainsi faite non sans émotion mais il avoue "se sentir bien dans ses (mes) baskets", là est l’essentiel.

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