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Lorenzetti : "Allez, on arrête... Ça fait trop de dégâts..."

Lorenzetti : "Allez, on arrête... Ça fait trop de dégâts..."

Le 13/03/2018 à 09:08Mis à jour Le 13/03/2018 à 09:10

Il y a tout juste un an, Jacky Lorenzetti et Thomas Savare prenaient tout le monde de court en annonçant le grand projet de fusion parisienne. L'homme fort du Racing 92 revient sur l'un des épisodes les plus douloureux de ses douze ans de présidence...

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Rugbyrama : Un an après, que vous reste-t-il du projet de fusion parisienne ?

Jacky Lorenzetti : C'est un souvenir douloureux. Comme vous l'avez constaté, cela ne s'est pas du tout passé comme on l'avait imaginé...

Le vent de révolte autour du Stade français vous a-t-il surpris, à l'époque ?

J.L. : Oui. Dans ce projet, j'étais parti avec de bonnes intentions. Il y avait plusieurs mois que mes proches et les dirigeants du Stade français incitaient pour que l'on se dirige vers cette fusion. Moi ? Je n'y voyais pas un intérêt majeur pour le Racing, au départ.

Et puis ?

J.L. : Je me suis laissé convaincre. Sauver le Stade français était intéressant. Passer d'une culture de l'affrontement à une réelle amitié, aussi. Mais je me suis trompé.

Jacky LORENZETTI - racing metro - 8 septembre 2013

Jacky LORENZETTI - racing metro - 8 septembre 2013Icon Sport

Quel fut le tournant de l'histoire ?

J.L. : Ce qui m'a rendu la situation difficile, c'est ma mauvaise communication. Mais j'ai aussi été blessé du fait que les gens n'aient pas compris et se méprennent sur mes intentions. Sincèrement, je n'avais aucun intérêt à monter dans cette galère. Et je me suis retrouvé galèrien... [...] Thomas (Savare) avait probablement sous estimé les réactions au Stade français. De mon côté, j'en avais parlé autour de moi. Le sportif était ok. C'était bordé.

Vous dites que vous n'aviez rien à y gagner dans ce projet. On peut vous rétorquer que vous auriez aussi éliminé votre concurrent direct à Paris tout en récupérant gratuitement le stade Jean Bouin...

J.L. : (il éclate de rire) Le stade Jean Bouin aurait été une servitude et un handicap pour moi, comprenez le ! Je vous rappelle que la U Arena a été livrée depuis, que nous tournons à presque 20 000 personnes de moyenne et que c'est une vraie réussite.

Avez-vous des regrets, in fine ?

J.L. : Oui. Avec du recul, je me dis que ce projet aurait fait disparaître le Racing ou lui aurait au moins fait perdre son âme. Voilà, j'ai eu tort. Ce n'était pas une bonne idée.

On a tous à l'esprit cette conférence de presse incroyable au cours de laquelle vous annoncez le projet. Il y a, entre autres, cette phrase: "45+45=45"...

J.L. : Oui... On avait pourtant tout préparé. Cette phrase n'a pas été adroite. Je le reconnais, le regrette et m'en excuse auprès des gens qu'elle a pu blesser. Mais..

President - Racing 92 Jacky Lorenzetti

President - Racing 92 Jacky LorenzettiIcon Sport

Quoi ?

J.L. : Entre les fins de contrat, les joueurs parisiens qui voulaient rejoindre le Racing avant la fusion et ceux qui ne voulaient clairement pas faire partie du projet, on héritait d'un effectif qui n'était pas excédentaire. Voilà... Je l'ai mal expliqué... Tant pis pour moi...

A quel moment avez-vous décidé de mettre un terme au projet ?

J.L. : J'ai rapidement perçu le mal que ça pourrait causer à l'image du Racing. La famille de Thomas (Savare) en souffrait également beaucoup. Quand ses enfants lui ont dit: "Papa, sur internet les gens disent que le premier enculé de la planète c'est Trump et que le second, c'est toi", il a accusé le coup et je le comprends. Le climat était délétère. J'ai appelé Thomas et lui ai dit: "Allez on arrête. Ça fait trop de dégâts".

Quelles sont vos relations avec la nouvelle présidence du Stade français ?

J.L. : Nous n'avons eu aucun contact. Je suppose que Monsieur Wild est très occupé et ne voit pas un intérêt à ce qu'on parle. Dont acte. S'il vient à l'Arena, je l'accueillerai néanmoins volontiers dans notre stade.

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