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Finale Top 14 - Louis Picamoles : "Je n’ai pas renoncé entièrement à l'équipe de France"

Picamoles : "Je n’ai pas renoncé entièrement à l'équipe de France"

Le 01/06/2018 à 17:33Mis à jour Le 02/06/2018 à 10:37

Venu s’exprimer la veille de la finale, Louis Picamoles a également ressenti le besoin de se libérer d’un poids vis-à-vis du sujet de l’équipe de France. Le troisième ligne montpelliérain en a gros sur le cœur et dénonce entre les lignes un manque de soutien à son égard.

Rugbyrama : Etes-vous agacé de voir que les Castrais se placent dans la peau du Petit Poucet pour cette finale ?

Louis Picamoles : Le Petit Poucet, il est quand allé gagner à La Rochelle ou au Stade toulousain, chose que nous n’avons pas réussi à faire. C’est sa troisième finale en six ans tandis que nous, c’est seulement la seconde de l’histoire du club. Pour moi, il n’y a donc pas de Petit Poucet ni de favori, seulement deux équipes qui vont combattre pour un même objectif. L’image du gros et du petit, ça ne me parle pas. Les finales sont toujours très disputées et tout est remis à zéro pour ce match. Maintenant, chacun se donne le rôle qu’il veut avoir mais on est conscient que ce sera du 50-50.

Louis Picamoles (Montpellier)

Louis Picamoles (Montpellier)Icon Sport

Ce match a-t-il une saveur toute particulière pour vous, en tant que capitaine du club qui vous a révélé ?

L.P. : Une finale, c’est toujours particulier. Le côté un peu romantique de la chose est que je la jouerai avec mon club formateur. Mais je ne me focalise pas dessus. Pour avoir vécu des phases finales où j’avais laissé l’émotion prendre beaucoup de place, je sais que cela ne m’a jamais rendu service. Avec l’expérience, j’ai appris qu’il faut savoir aborder ce type de match avec une certaine froideur. Profiter de l’événement, oui, mais ne pas se laisser submerger par tout ça.

" J’ai juste dit que ma priorité était de me retrouver et de retrouver ma famille"

À quel type d’opposition vous attendez-vous ?

L.P. : Castres est une équipe complète, qui ne lâche rien et qui a un état d’esprit irréprochable, comme elle l’a montré contre le Racing 92 et plus généralement tout au long de la saison. Même quand elle peut paraître dépassée, elle a toujours les ressources mentales et physiques pour revenir et mettre le doute dans la tête de ses adversaires. On s’attend à quelque chose de similaire samedi, à savoir un gros combat qui, comme toujours, débutera devant. Ça va taper fort, il faudra donc être costaud et répondre présent.

Le pack de Castres face à Montpellier

Le pack de Castres face à MontpellierIcon Sport

Les récents mots de Jacques Brunel pour expliquer votre absence des listes élite et développement vous ont-ils perturbé ?

L.P. : Je vois beaucoup de choses qui se disent et qui ne me plaisent pas forcément. Donc même si ce n’est pas forcément le moment d’en parler, je tiens à faire une mise au point. Des choses se sont passées (en Écosse, ndlr) et cela m’a fait beaucoup de mal dans la façon dont ça a été géré. J’ai discuté avec les personnes concernées et cela devait, pour moi, rester entre nous. Cela a fuité, c’est le monde professionnel, c’est comme ça… J’ai juste dit que ma priorité était de me retrouver et de retrouver ma famille. Il a été dit beaucoup de choses fausses dans cette histoire.

" Je ne veux pas être un bouc-émissaire"

Auriez-vous souhaité recevoir plus de soutien ?

L.P. : Je ne veux pas rentrer dans les détails. C’est juste qu’on a laissé trop de choses se dire. À un moment, on aurait pu facilement fermer le robinet mais cela n’a pas été fait. J’ai une autre conception de ce sport, plus collective. Jacques Brunel a le droit de penser que j’ai renoncé à l’équipe de France mais je n’y ai pas renoncé entièrement. En tout cas, j’ai dit que ma priorité était de me retrouver car certaines choses ont fait souffrir les gens que j’aime. À partir du moment où cela sort du cadre sportif, j’accepte moins. On verra ce qui se passera par la suite. J’assume les choses que j’ai faites mais je ne veux pas être non plus un bouc-émissaire.

Ressentez-vous de l’injustice ?

L.P. : Ma seule culpabilité est d’être sorti avec des copains après une défaite, comme c’est arrivé un nombre incalculable de fois dans le rugby. Jusqu’à présent, je n’ai jamais entendu dire que c’était mal. Il faut juste arrêter de dire tout et n’importe quoi, respecter les vies privées des uns et des autres, et respecter aussi les choix et les discussions qu’on peut avoir. J’ai juste pris du recul comme l’a dit Jacques, pour des raisons qui sont aussi physiques.

Vous semblez touché par les critiques suite aux déclarations du sélectionneur…

L.P. : Je ne fais pas passer mon club avant l’équipe de France, je ne renonce pas à l’équipe de France et je ne me sens pas plus haut que l’équipe de France non plus, comme j’ai pu l’entendre à droite ou à gauche. Notamment dans la bouches de certains anciens qui parlent sans connaître les tenants et les aboutissants. Tout le monde s’exprime un peu trop sur le sujet. Les personnes avec qui j’avais besoin d’en discuter savent pourquoi j’ai pris la décision de me faire opérer et de renoncer à la tournée. Maintenant, je n’ai pas besoin de m’expliquer avec tout le monde.

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