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Finale Top 14 - Leaders, facteurs X, banc... Comment Castres peut déjouer tous les pronostics

Leaders, facteurs X, banc... Comment Castres peut déjouer tous les pronostics

Le 02/06/2018 à 10:44Mis à jour Le 02/06/2018 à 18:17

Annoncée à sens unique par tous les pronostiqueurs, la finale qui opposera Montpellier à Castres demeure encore, qu’on le veuille ou non, à disputer. Et il va sans dire que le CO aura toutes ses chances, à condition que ses hommes-clés répondent présent pour ce rendez-vous…

Une finale, ça se gagne, dit l’adage aussi antédiluvien que stupide. Stupide, parce que jusqu’à preuve du contraire, dans 50 % des cas, les finales se perdent aussi. En revanche, une finale se joue. Toujours. Et doit au moins se terminer, quel que soit le résultat final, avec le moins de regrets possible… Alors, si 95 % des pronostiqueurs voient comme inéluctable un succès du MHR, il n’en reste pas moins un match à disputer. Dans lequel tout le monde aura son rôle à jouer...

Les leaders

C’est entendu : le duel des demis de mêlée sud-africains Ruan Pienaar et Rory Kockott constituera l’une des clés de la finale. Mais pas la seule, et heureusement… Ainsi, côté montpelliérain, on scrutera tout particulièrement la performance du capitaine et numéro huit Louis Picamoles, évincé par Jacques Brunel de la liste élite du XV de France sur fond de brouille liée à "l’affaire" de la sortie du XV de France en Écosse. Un contexte émotionnel qui n’a évidemment rien d’anodin, au sujet duquel la réponse de Picamoles sera riche d’enseignements. Et du côté de Castres ? Au-delà de celui de Kockott, le match de Benjamin Urdapilleta aura une importance capitale. D’abord parce que, défensivement, l’ouvreur devra verrouiller la zone de son vis-à-vis Aaron Cruden, principale source d’incertitude dans le jeu montpelliérain. Et surtout parce que, si le CO souhaite réaliser un exploit majuscule, il devra sortir de sa zone de confort en pratiquant un jeu dynamique, dans lequel Urdapilleta tiendra un rôle central d’animateur.

Benjamin Urdapilleta de Castres

Benjamin Urdapilleta de Castres Icon Sport

Les guerriers

Aucune finale ne se gagne sans un partage au moins équitable des ballons en conquête. À ce titre, le cinq de devant estampillé springbok du MHR constituera son meilleur atout, avec un leader de la trempe de Bismarck Du Plessis, bien entouré de son frère Jannie et d’une deuxième ligne particulièrement équilibrée entre l’aérien Van Rensburg et le robuste Willemse. Face à cette armada, le CO cherchera à répondre avec ses armes, à commencer par sa mêlée fermée. Une optique dans laquelle le retour comme titulaire de Rodrigo Capo Ortega s’avère tout sauf anodine, pour densifier encore l’axe droit d’une mêlée logiquement perturbée par la perte de son talonneur Jodie Jenneker. À ce titre, le pilier Antoine Tichit (joueur le plus sanctionné du Top 14) aura un rôle central à jouer au moment de déstabiliser l’édifice adverse.

Rodrigo Capo Ortega (Castres)

Rodrigo Capo Ortega (Castres)Icon Sport

Les facteurs X

Nul besoin d’aller chercher bien loin celui qui pourrait faire basculer la finale en faveur de Montpellier. Auteur de 25 essais en autant de rencontres cette saison, l’ailier fidjien Nemani Nadolo affiche une régularité impressionnante et devra être absolument canalisé par la défense castraise. Un finisseur hors pair, que l’ouvreur Aaron Cruden cherchera nécessairement à abreuver de bons ballons. Libéré d’une partie de la gestion du jeu par son compère de la charnière Ruan Pienaar, l’ouvreur champion du monde en 2011 n’a en effet qu’à se concentrer sur ce qu’il sait faire de mieux : attaquer. On a vu en demi-finale qu’il montait doucement en pression, et quelque chose nous dit que cette finale pourrait être la sienne. Tout comme elle pourrait être, dans l’autre camp, celle de David Smith, héros malheureux de la finale de Toulon en 2012, qui aura une revanche à prendre à ce stade de la compétition. S’il n’a plus ses jambes d’antan, Smith demeure en effet un redoutable dynamiteur, capable de briser n’importe quelle ligne de défense. Tout comme le demeure également le numéro 8 Alex Tulou, remplaçant la semaine dernière et de retour dans le XV de départ face à son ancienne équipe. Tout sauf anecdotique, là encore...

Ruan Pienaar - Montpellier

Ruan Pienaar - MontpellierIcon Sport

Les managers

Côté MHR, Vern Cotter a bâti une équipe à son image. Pragmatique (ainsi que le démontre sa volonté de ne pas toucher aux points forts historiques, pour ne pas dire "sud-africains", de l’équipe construite ces dernières saisons par Jake White) et assez complète pour pouvoir porter le danger dans toutes les parties du terrain. Méticuleux à l’extrême, Cotter cherchera avant tout à dépassionner l’événement, cantonnant son rôle à la stratégie. L’extrême inverse, en somme, de son vis-à-vis Christophe Urios. "Moi, ce que j’aime, c’est raconter des histoires à mes mecs, et qu’ils y croient, nous confiait-il samedi dernier. La technique, tout ça… Je le laisse aux joueurs, qui le sentent bien mieux que moi." Affectif à l’extrême, Urios saura-t-il su trouver une nouvelle fois les leviers et les ressorts émotionnels pour faire renverser des montagnes à son équipe, après les succès à Toulouse et face au Racing ? Ce sera, là aussi, une des clés de cette finale dans laquelle les Tarnais devront éviter de se faire écraser par la pression...

coach Vern Cotter - Montpellier

coach Vern Cotter - MontpellierIcon Sport

Les remplaçants

Non contents d’avoir bénéficié d’un jour de plus de récupération que les Tarnais, le Montpelliérains n’ont pas eu à puiser dans leurs ressources en demi-finale face à Lyon. Autant dire que ces derniers s’avanceront dans un état de fraîcheur quasi parfait, tandis que le CO est un peu plus éprouvé par ses phases finales, qui plus après avoir évolué sous la chaleur face au Racing. De ce point de vue, le banc de touche des Castrais aura une importance de premier ordre. La semaine dernière, les sans-grade du CO (le pilier droit Fa’Anunu recruté à Dax en fin de saison, le talonneur Kévin Firmin qui n’avait connu que cinq feuilles de match cette saison, le méconnu Roumain Stroe...) ont tenu tête au Racing dans une série de mêlées à cinq mètres homériques. Parviendront-ils à renouveler cet exploit ? La question est de toute première acuité, d’autant que Vern Cotter (qui n’est pas un adepte du coaching lors des matchs éliminatoires) dispose sur son banc d’armes de destruction massives : avec notamment le pilier droit Kubriashvili, le flanker Julien Bardy ou les trois-quarts Tomane et Immelmann, tous susceptibles de faire la différence en fin de match.

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