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Finale Top 14 - Inverser la pression

Inverser la pression
Par Rugbyrama

Le 01/06/2018 à 10:27Mis à jour Le 02/06/2018 à 10:49

Leader de la phase régulière et large vainqueur du Lou en demi-finale, le MHR est annoncé comme le favori de la finale face au C.O. Un statut que les Héraultais, conscients de la valeur des Tarnais, refusent d’assumer. Trois de leurs adversaires rencontrés cette saison décryptent leurs forces et les clés du duel face à Castres.

"Au-delà du défi physique, il y avait aussi cet aspect d’occupation du terrain qui préoccupait l’équipe et c’est pour cela que nous avions durant la préparation, sensibilisé nos troisième ligne sur les couvertures. Et surtout, les deux ailiers, l’arrière et le neuf, sur les différents jeux au pied de Montpellier. S’il y avait vraiment une différence à faire avec Toulon, elle était là. Le MHR et le RCT sont deux équipes ultra-denses, mais le jeu au pied des Héraultais est beaucoup plus précis et complet." Les Lyonnais du Capitaine Julien Puricelli étaient prévenus avant d’affronter le MHR au Groupama Stadium vendredi dernier (défaite 40-14).

Julien Puricelli - Lyon

Julien Puricelli - LyonIcon Sport

Et pourtant, ils sont tombés dans le piège qu’ils avaient identifié en salle vidéo. Sans jamais trouver de solution pour s’en échapper. Le flanker confirme : "Nous avons été mis sous pression constante par le physique de nos adversaires mais également par leur tactique et leur occupation. Ils ont plusieurs coups de pied longs et une charnière (Pienaar/Cruden), capable de jouer par-dessus ou de trouver des diagonales. Ils maîtrisent toutes les formes de jeu au pied. Dès qu’ils sont sans solution, ils passent par le neuf, le dix ou le douze (Steyn) selon les zones du terrain afin de renverser vite la pression. Grâce à des jeux au pied sous lesquels il y a toujours de la lutte aérienne. Ce n’est jamais une "frappe" anodine pour se débarrasser de la balle."

Toulon - coach Manny Edmonds

Toulon - coach Manny EdmondsIcon Sport

Déstabilisés par la large palette des pieds d’or des Cistes, les Rhodaniens ne sont pas parvenus à mettre leur rugby en place et se sont mis à déjouer. En s’exposant sur des relances inhabituelles tentées dans leur camp, sanctionnées par des contres éclairs adverses. Le plan parfait pour les troupes de Vern Cotter, qui miseront sur la même stratégie samedi face à Castres selon le coach des trois-quarts du RCT, Manny Edmonds : "J’ai vu que Vern Cotter pensait que la finale allait beaucoup se jouer sur la dimension physique, mais moi je crois qu’elle se jouera surtout sur la tactique du jeu au pied. Car les deux équipes ont une bonne défense et une conquête propre. Et même si Montpellier est un peu au-dessus physiquement, les deux formations risquent de se neutraliser dans ces secteurs. La différence pourrait donc se faire sur la maîtrise de la stratégie du jeu au pied."

La guerre des nerfs

Une partie d’échec haletante qui se jouera sur des détails d’après l’Australien : "Les deux équipes aiment beaucoup taper. Les montées défensives sur les coups de pied seront donc déterminantes comme l’utilisation des ballons à attaquer ou non. Car ils vont tenter de mettre la pression de cette manière pour forcer l’autre à faire une erreur. Ces équipes ont réussi à le faire parfaitement en demi-finales. Pienaar et Kockott auront encore un grand rôle à jouer samedi. Celui des deux qui parviendra à offrir le plus de temps à ses coéquipiers, sur les replis défensifs comme les contre-attaques, fera la différence."

Ruan Pienaar (Montpellier)

Ruan Pienaar (Montpellier)Icon Sport

Ruan Pienaar, le cauchemar des Lyonnais qui avait régné en maître stratège sur la demi-finale, sera encore un des hommes clés de la finale d’après Julien Puricelli : "Pienaar avait posé énormément de problèmes à l’équipe en demi-finale. Plus que Cruden, qui a lui toujours joué dans l’avancée et a majoritairement eu seulement des situations de surnombres à exploiter. Son talent a fait le reste. Mais Pienaar a lui été très précieux dans l’alternance du jeu héraultais." Alors, comment neutraliser ce Springbok aux 88 sélections ? "La clé pour Castres sera de rivaliser dans le défi physique durant quatre-vingt minutes sur toutes les collisions", assure le capitaine du Lou. "La seule manière de mettre une charnière sous pression et de stopper physiquement l’avancée collective. Si après touche ou mêlée l’équipe utilisatrice n’arrive pas à prendre l’avantage, tu peux avoir la meilleure charnière du monde, c’est difficile de s’en sortir. Les Castrais devront les stresser en réduisant au maximum leur temps de réflexion précipiter leur prise de décision. Ils devront être défensivement dans l’avancée. Pour s’imposer, le C.O aura pour mission d’augmenter encore son niveau d’engagement dans ce secteur."

Le combat d’avants s’annonce donc âpre entre deux packs denses et expérimentés. Le mot de la fin pour Kenny Lynn, coach des trois-quarts lyonnais : "Comment stopper Pienaar et Cruden ? Il ne faut pas leur donner le ballon trop facilement (sourire)… Car ils sont capables de faire marquer des essais comme ils le veulent. La conservation sera donc aussi très importante pour Castres."

Par Julien Louis.

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