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FFR - Soupçonné de favoritisme, le président de la FFR Bernard Laporte se retrouve fragilisé

Soupçonné de favoritisme, le président Laporte se retrouve fragilisé
Par AFP

Le 28/08/2017 à 14:46Mis à jour Le 29/08/2017 à 14:22

FFR - Elu en décembre 2016 à la tête de la Fédération française de rugby (FFR), Bernard Laporte se retrouve moins d'un an plus tard fragilisé pour une affaire de favoritisme présumé au profit du club de Montpellier.

  • D'où part l'affaire ?
Bernard Laporte, le président de la FFR

Bernard Laporte, le président de la FFRIcon Sport

Or, selon le JDD, BL Communication, société dirigée par Laporte, a signé à l'hiver avec Altrad, dirigeant d'un gros groupe de matériel pour le BTP, un contrat d'un an pour quatre prestations, pour un montant de 150.000 euros. Selon un article de ce contrat, publié par le journal, "BL Communication s'interdit toute déclaration ou tout comportement public susceptible de nuire à la réputation (d') Altrad". Lequel est devenu à la même période le premier sponsor à s'afficher sur le maillot des Bleus.

Bernard Laporte et Mohed Altrad

Bernard Laporte et Mohed AltradAFP

  • Y a-t-il eu pression ?

La démission d'un des trois membres de la commission présents lors de la séance du 29 juin accrédite cette thèse. Dans son édition de dimanche, le JDD publie la lettre que Philippe Peyramaure, le démissionnaire, a adressée à Jean-Daniel Simonet, président de la commission également présent ce jour-là. "J'ai été avisé que le président de la Fédération était intervenu pour demander que nous modifiions notre décision dans un sens beaucoup plus favorable à Montpellier", écrit cet avocat parisien désigné par la LNR pour siéger au sein de l'organe fédéral.

M. Peyramaure explique avoir le 30 juin "refusé de revoir (sa) position mais, étant minoritaire, (son) opposition n'a pu avoir d'effet". Joint lundi matin par l'AFP, le troisième membre de la commission impliqué, Me Robert Malterre, s'est dit encore "tenu à l'obligation de réserve". "Si je dois répondre à des questions, je répondrai", a répondu cet avocat palois, qui se dit "tranquille" mais déplore que "les choses partent dans tous les sens".

Bernard Laporte, le président de la FFR

Bernard Laporte, le président de la FFRAFP

  • Que risque Laporte ?

Les révélations du JDD puis la démission de Peyramaure ont amené le ministère à réclamer des comptes au président de la FFR, qui n'a toujours pas réagi et n'avait pas lundi à la mi-journée répondu aux sollicitions de l'AFP. "Pour le moment il n'y a pas d'attaque, il n'y a pas de demande de justice, donc du coup on va laisser faire les choses en fonction de ce que le président me répondra", avait déclaré Laura Flessel samedi au micro de RMC Sports.

La Ministre Laura Flessel et Bernard Laporte

La Ministre Laura Flessel et Bernard LaporteGetty Images

Pour aller plus loin, il faudrait qu'une plainte soit déposée. Agen pourrait-il déclencher une action? Le club du Lot-et-Garonne, sèchement battu samedi à l'Altrad Stadium (48-19), aurait dû affronter le MHR sur terrain neutre si la sanction initiale - une suspension de terrain conséquence d'une levée de sursis - n'avait pas été amoindrie. La question sera évoquée lors du conseil d'administration du SUA jeudi soir.

  • Que va faire la Ligue ?
Paul Goze, le président de la LNR

Paul Goze, le président de la LNRIcon Sport

La Ligue se défend en tout cas d'avoir incité Peyramaure, qu'elle a nommé au sein de la commission, à démissionner. L'avocat "n'est pas du tout membre de la Ligue", "il ne connaît pas Paul Goze" et "sa prise de position est personnelle", assure-t-on à l'AFP. Une prise de distance logique au vu de la période d'apaisement entre les deux institutions du rugby français, encore en guerre ouverte il y a quelques mois après l'élection de Laporte. Un répit de courte durée.

Bernard Laporte doit-il démissionner ?

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