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Clerc et son record : "J'avais envie de marquer..."

Clerc et son record : "J'avais envie de marquer..."

Le 11/03/2018 à 10:28Mis à jour Le 11/03/2018 à 10:55

Auteur de son centième essai dans l'élite, Vincent Clerc a égalé le record de Laurent Arbo. Et si la statistique en elle même soulage l'ailier du RCT, ce dernier préfère retenir les secondes de joies qui ont suivi... et se projeter sur la fin de saison.

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Rugbyrama : Vincent, ce soir vous égalez le record de Laurent Arbo. On imagine que c'est à la fois un soulagement et une joie immense.

Vincent Clerc : J'avais envie de marquer... Ce centième essai était donc un mélange de motivation et de... non pas de frustration, mais c'est vrai qu'on m'en parlait beaucoup et j'avais vraiment envie de scorer pour le RCT. C'était important pour moi, en partie parce que je restais sur une saison blanche. Puis c'était également important de me libérer de ce poids. C'était un chiffre symbolique et il fallait rapidement passer à autre chose.

Que se passe-t-il dans votre tête quand Anthony Belleau vous décale, juste avant votre essai ?

V. C. : On communique, je lui dis que je suis dans son dos, que je vois l'intervalle et là il me sert parfaitement. Puis nous (ndlr les ailiers) sommes toujours attirés par l'en-but et je sais qu'il n'y a plus qu'à courir... Mais à ce moment il y a beaucoup d'émotion pour moi. Car finalement, ceux qui m'en ont le plus parlé, ce sont mes coéquipiers. Et je crois qu'ils avaient plus envie que je le marque que moi.

Que se passe-t-il dans les secondes qui ont suivi votre essai ?

V. C. : Dans l'en-but les gars ont eu des mots très touchants. Ça m'a fait beaucoup de bien. Puis ça me permet également de remercier Mourad Boudjellal, qui m'a tendu la main deux fois. Une fois quand ça s'est terminé avec Toulouse et une fois après ma blessure (ndlr rupture du tendon d'Achille). Rien que pour ça je voulais marquer ce centième essai avec le RCT. C'était important et c'était une forme de remerciement.

Que garderez-vous de ces instants ?

V. C. : C'est allé très vite, mais j'ai vu beaucoup de sourires. Puis j'ai entendu de nombreuses félicitations et j'ai senti les joueurs vraiment contents pour moi. Ça prouve que nous avons vraiment un bon groupe et que chacun pense aux autres. Pour moi c'était vraiment révélateur. Mais je le répète, je crois que mes coéquipiers étaient encore plus contents que moi. Je garderai donc des visages, des sourires et du plaisir. Et c'est l'essentiel... car nous sommes là pour s'amuser. Ce soir mon essai est anecdotique, c'est juste un chiffre qui prouve que la carrière a été longue. Mais ce qui restera, ce sont les émotions... Ça permet également de se rendre compte qu'un essai, un chiffre, provoquent beaucoup de bonheur.

Enfin, en avez-vous voulu à Chris Ashton de ne pas vous avoir fait la passe sur son troisième essai, alors que vous auriez pu battre le record ?

V. C. : Nous n'en avions jamais parlé avec Chris. Mais franchement je n'attendais pas spécialement qu'il m'offre cet essai. Ce soir nous avons pris du plaisir à partir du moment où on a commencé à s'appliquer, quand l’équipe a commencé à mieux jouer, où nous avons inscrit des essais. Puis quand on est dans son match, que lui est dans son action de finisseur c'est pas facile de faire un cadeau, de regarder autour de soi. Puis il voulait simplement prouver qu'il avait sa place en équipe d'Angleterre, et qu'ils avaient besoin de lui (sourire).

Vous ne l'avez même pas appelé ?

V. C. : Non du tout, je l'ai laissé en profiter (sourire).

Désormais, allez-vous penser au cent-unième pour être seul détenteur de ce record ?

V. C. : J'avais essayé de me détacher du centième. C'était compliqué, mais je voulais jouer pour la performance. J'avais envie de marquer, sans penser au record. Ce sera donc pareil pour le cent-unième. Je me suis régalé, c'était cool, je suis content d'avoir marqué, mais maintenant j'ai encore envie de jouer, de prendre du plaisir... bien au-delà du record.

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