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Boudjellal : "Tingaud devrait me dire merci !"

Boudjellal : "Tingaud devrait me dire merci !"

Le 22/11/2017 à 09:52Mis à jour Le 22/11/2017 à 13:16

C’est un président du RCT combatif et remonté qui nous a accordé un entretien. S’il donne encore du temps à Fabien Galthié et son staff pour trouver la bonne carburation, il dénonce la qualité de l’arbitrage et répond aux attaques du président agenais, Alain Tingaud.

Rugbyrama : Le RCT semble connaître une vraie mauvaise passe. L’aviez-vous vu venir ?

Mourad Boudjellal : Je l’ai surtout redoutée. Quand le calendrier est tombé, j’avais remarqué qu’au sortir des périodes européennes, nous allions rencontrer des équipes non concernées par la Coupe d’Europe comme Agen. Et le Racing, ne nous a jamais réussis à Mayol. Nous avons toujours connu des problèmes pour les battre.

A qui la faute ?

M.B : Je trouve que collectivement, notre équipe est un peu apathique. Les mêmes problématiques se reproduisent depuis le début du Top 14. Depuis dimanche soir, nous sommes clairement dans le doute. En crise ? Un peu.

Etes-vous déçu par votre manager Fabien Galthié, qui coache une ligne de trois-quarts quasiment sans équivalent au niveau du CV, mais qui tarde à produire un jeu spectaculaire ?

M.B : Mais efficace ! Nous avons inscrit huit essais sur les deux derniers matchs avec des miettes. Nos avants ne fournissent pas assez de munitions à nos trois-quarts, c’est clair. Mais l’on doit composer avec beaucoup d’absents, notamment devant ! Et puis nous avons subi cette année, plus que les autres, pas mal d’erreurs d’arbitrage en notre défaveur. D’habitude cela s’équilibre mais pas là. A Clermont, à Bordeaux ou à Agen tout le stade voit les en-avants, sauf les hommes en noir. A Agen, les dix dernières minutes se sont disputées sans arbitre. Nous l’avions perdu, il était absent des débats. Et dimanche, monsieur Charabas a été égal à lui-même. J’espère simplement qu’il fait moins d’erreurs quand il opère ! (Thomas Charabas est médecin urgentiste dans le civil, NDLR). Et je mesure mes propos ! Je ne remets absolument pas en cause son intégrité, mais bon quand tu revois le match à la vidéo…

Mourad Boudjellal, le président de Toulon

Mourad Boudjellal, le président de ToulonIcon Sport

Vous dédouanez complètement le staff ?

M.B : Il vient d’arriver, nous sommes une famille recomposée, il faut que chacun trouve sa place. Je sais maintenant qu’une équipe de haut niveau, c’est de la mécanique de haute précision. Je dois leur laisser du temps.

Il semble pourtant qu’au niveau physique, jamais les joueurs n’avaient aligné d’aussi bons tests, preuve que c’est le rugby qui pose problème ?

M.B : Personnellement, je ne veux pas descendre en Pro D2 en étant en superbe forme. Je m’en contrefous ! Je sais que l’on explique aujourd’hui le rugby et notamment les défaites par tout un tas de statistiques, mais les chiffres n’ont jamais transformé des agneaux en lions ! Nous avons un problème de confiance.

Et des tensions dans le vestiaire entre staff et joueurs ?

M.B : Non, il n’y a aucune tension dans le vestiaire. Il y a pu avoir quelques débats mais qui se sont réglés sans éclats de voix. Fabien a le dernier mot dans ce domaine. Les joueurs sont là pour jouer, le staff pour entraîner, et le président pour dire des conneries !

Pas de changement à venir alors au sein du staff ?

M.B : Je suis en train de devenir Clermontois. A l’ASM ils savent donner du temps au temps et ne remettent pas en cause leur technicien sur une série de défaites. Moi, non plus même si je suis toujours aussi mauvais perdant. Mais je dois être aussi un peu sado-maso. D’ailleurs, je vais venir à Castres ce samedi, où l’on va en prendre une belle. Je serai même habillé tout de cuir. Ça ira bien avec le futur score. Je dois montrer que je ne suis pas seulement le président des victoires, mais que je tiens aussi la barre quand ça tangue. Et cela va tanguer à Castres.

Et du côté des joueurs, quelles sont les déceptions ?

M.B : Il y en a toujours, mais je dois aussi ne pas avoir de jugement définitif ! Pietersen était une déception, il est en train de devenir une vraie satisfaction. La vraie déception, c’est de ne pas pouvoir aligner Taofifenua, Bonneval ou Tuisova avec les Fidji alors qu’ils ne jouent pas en sélection ! Et quand ils vont rentrer après trois semaines de tourisme, je vais devoir leur en offrir une autre ! Le rugby marche sur la tête, en France plus qu’ailleurs.

Le président d’Agen, Alain Tingaud, a déclaré à rugbyrama qu’il aimerait avoir les subventions publiques de Toulon pour construire son budget, qui s’élèveraient à 7 millions d’euros ?

M.B : Cela faisait longtemps que l’on ne me l’avait pas sorti ! C’est plus simple d’asséner des âneries que de défendre son maigre bilan. 7 millions, c’est interdit par la loi, le maximum c’est 2,8 et à Toulon nous bénéficions de 2,2 millions d’euros de subventions pour construire notre budget. Vous me direz, c’est quand même beaucoup plus qu’Agen qui n’en a que 800 000 euros. Seulement, le RCT génère 10 millions d’euros d’impôts quand le SUALG n’en verse que 2 millions. Et si l’on regarde avec les réversions de la LNR. Toulon touche 3,1 millions de droits TV, comme Agen, mais qui bénéficie d’une prime de montée de 500 000 euros. Alors Alain Tingaud devrait me dire merci. Car son club touche autant d’argent que Toulon mais ne fait aucune audience, n’est jamais programmé le dimanche à 17 heures ! Et quand Médiamétrie indique que le RCT amène 24 millions d’euros de recette à la ville de Toulon en six mois, le SUA peut s’enorgueillir de réaliser le même montant sur la même période, mais en francs belges ! On ne peut pas justifier sa nullité de management et de résultat par des mensonges ! Je crois qu’il adore les duels à 6 heures du matin. Qu’il me provoque, la seule chose dont j’aurai peur, c’est du froid à cette heure-là !

Alain Tingaud, le président d'Agen - Août 2017

Alain Tingaud, le président d'Agen - Août 2017Icon Sport

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