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Agen joue à se faire peur

Agen joue à se faire peur

Le 04/03/2018 à 13:16Mis à jour Le 04/03/2018 à 13:38

Vainqueur sur le fil 31-29 face à Montpellier samedi soir, Agen a remporté une victoire très importante dans la course au maintien. Mais le promu s'est fait très peur, en raison notamment d'une entame délicate. Une constante depuis quelques temps maintenant.

C'est l'un des enseignements de cette saison 2017-2018 un peu folle : les promus font plaisir autant que le spectacle. Agen, notamment, séduit beaucoup avec son jeu ambitieux et audacieux. S'ils encaissent beaucoup de points, les Lot-et-Garonnais en mettent un grand nombre également et ne ferment jamais le jeu, pour le plaisir des yeux. Ils jouent tout court donc, mais ils jouent aussi beaucoup à se faire peur ces derniers temps. Après une grosse baisse de régime à Lyon (17-71) et contre Toulouse (25-52), on craignait une décompression avec un déplacement à Paris, la réception du leader montpelliérain et un voyage à Mayol. Les hommes de Mauricio Reggiardo en ont déjà remporté deux sur trois, prouvant qu'ils avaient de la ressource et du courage.

Mauricio Reggiardo (Su Agen)

Mauricio Reggiardo (Su Agen)Icon Sport

Deux victoires capitales dans la course au maintien, mais deux victoires sur le fil remportées à la faveur de la faillite du buteur adverse. A Paris, c'est l'international tricolore Jules Plisson qui a manqué la pénalité de la gagne à la dernière minute de jeu, tandis que le même scénario s'est répété contre Montpellier samedi, le All Black Aaron Cruden faillant sur un coup de pied pourtant bien placé. "On doit avoir un ange gardien au-dessus de nous. Tant mieux !", plaisantait le pilier Quentin Béthune à la sortie des vestiaires.

Aaron Cruden (Montpellier)

Aaron Cruden (Montpellier)Icon Sport

Les entames en question

S'ils se mettent ainsi en danger jusqu'à la dernière seconde, c'est parce que les Lot-et-Garonnais peinent encore à être constants durant 80 minutes. Ils ratent souvent leurs entames, notamment. Malgré le carton rouge reçu par le deuxième ligne héraultais Hoeata dès la 6e minute de jeu, ils ont encaissé deux essais en trois minutes (10e, 13e) samedi et accusé un 14-0 qui aurait pu être rédhibitoire. A Paris aussi, ils étaient menés 14-0 à la mi-temps avant de revenir dans le match. Il ne faut pas être cardiaque quand on supporte le SUALG. Ou même quand on l'entraîne : "Peut-être que le jeu à l'agenaise, c'est de se faire peur, souriait l'entraîneur principal Mauricio Reggiardo dans les travées d'Armandie samedi soir. On dit des choses avant le match, on donne des clés et pendant dix minutes, on ne respecte pas les consignes. Forcément, quand tu joues contre Toulouse, Lyon ou Montpllier, tu le payes cash. Mais après on a un cœur énorme, on revient dans le match et on lâche rien."

" Malgré les erreurs, nous étions sereins mine de rien"

Contrairement au début de saison, où les Agenais avaient pris trop de retard pour l'emporter malgré de belles réactions à Castres ou Bordeaux par exemple, ils parviennent désormais à compenser leur débours. Sûrement le métier qui rentre... "De l'intérieur, je ne sentais pas les choses comme sur les autres matchs où nous avons pris des essais rapidement, confiait le capitaine Antoine Miquel. Malgré les erreurs, nous étions sereins mine de rien. C'est peut-être ça qui nous a aidés : nous n'avons pas paniqué, on ne s'est pas mis la tête au fond du seau et nous avons su la relever justement. C'est très encourageant."

Ça ne passera pas tout le temps, cependant. Et ça demande une énergie énorme surtout : "Il va falloir faire quelque chose, reprenait le troisième ligne. C'est souvent les mêmes détails qui reviennent. On les travaille toutes les semaines pourtant." Agen aimerait-il se faire peur alors ? Le promu a peut-être besoin de se mettre sous pression pour donner le meilleur de lui-même : « Il faut croire que oui ! On veut laisser un peu de suspense », lançait, taquin, Quentin Béthune. Avant de retrouver son sérieux : "Enfin le week end prochain à Toulon, on va moins faire les marioles et ils vont peut-être nous calmer." Il est sûr qu'à Mayol, une entame catastrophique ne pardonnerait pas.

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