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A l'arrière au SUA, Laporte s'ouvre

A l'arrière au SUA, Laporte s'ouvre

Le 02/12/2017 à 09:41

TOP 14 - Il n'était pas attendu comme joueur majeur du SUA au début de saison. Mais à 19 ans, l'arrière polyvalent Clément Laporte s'impose dans le système de Reggiardo et Prosper.

Quand on n'a que 19 ans et un contrat espoir, il est risqué dans ce Top 14 de se montrer présomptueux ou exigeant. Clément Laporte, arrière du SUA, avait intégré les données. Alors il avait beau sortir du pôle France, il ne s'imaginait pas être franchement concerné par l'opération maintien en Top 14 cette saison. "J'espérais jouer le Challenge européen, décrocher deux ou trois feuilles de match. Mais apparaître en Top 14, n'était pas mon objectif premier", dépeint-il.

Et pourtant, le Top 14 l'a découvert : Déjà 5 apparitions, trois titularisations et un essai. Avec un baptême du feu à Ernest-Wallon contre le Stade toulousain. "La composition d'équipe avait été annoncée très tôt dans la semaine, j'ai pu me préparer mentalement. Les consignes étaient simples : Les entraîneur m'ont demandé de ne pas me prendre la tête. J'ai été titularisé à l'aile qui n'était pas mon poste de prédilection mais ils m'ont invité à jouer à fond. Je ne savais pas si je serais prêt. Ce match m'a donné envie d'y retourner."

Voeu exaucé donc. Et même avec le numéro 15 contre le Stade Français. "Etre à l'arrière, c'est pour moi plus agréable mais aussi davantage de pression. Ce n'était plus le même discours que face à Toulouse : On nous a demandé d'imposer notre rythme, un gros combat. Il fallait qu'on sorte toutes nos armes pour espérer la victoire. On devait élever le curseur de notre niveau de jeu", raconte t-il.

Une première étape pour un joueur annoncé talentueux mais largement freiné par les blessures.

Formé à Parentis dans les Landes comme Baptiste Serin, Clément Laporte était courtisé depuis longtemps par le SUA. Mais en 2013, il avait opté avec son frère jumeau Lucas, pour l'Union Bordeaux-Bègles après un premier contact avec Robert Antonin, ancien sélectionneur de la Roumanie. "C'était au moment où nous intégrions le pôle espoir de Talence. Agen c'est à deux heures de Parentis et ça aurait été plus compliquer à concilier avec le pôle espoir"… Mais les recruteurs de l'Académie agenaise n'ont jamais abdiqué et à la rentrée 2015 après une saison frustrante - "Nous étions huit joueurs en licence jaune et seulement quatre étaient autorisées sur la feuille de match alors je ne jouais qu'un match sur deux", raconte Laporte – Il a signé à Agen avec son frère, tout en restant au pôle espoir de Talence. "On faisait la navette", sourit-il. En septembre 2016, les allers-retours depuis Agen se poursuivront mais cette fois en direction de Marcoussis où il intègre le pôle France. "Une année difficile : Il fallait se lever très tôt le lundi matin, on rentrait très tard le jeudi soir. On ne vivait que rugby..."

Agen - Stade Français

Agen - Stade FrançaisRugbyrama

Mais une année finalement formatrice. Et cette saison, enfin fixé à Agen, il révèle tout son potentiel. Qu'importe son absence de contrat, c'est avec le groupe professionnel qu'il s'entraîne à l'inverse de son frère, avec qui il est colocataire, resté avec les espoirs. Aucun malaise à ce niveau là, raconte Clément. "Il est content pour moi. Chacun a son rythme. On ne sait jamais ce qui va se passer".

Avec les pros, Laporte apprend en tout cas en accéléré. "Avec Florian Denos, Mathieu Lamoulie, j'échange beaucoup. Ils me donnent des conseils." Il a du travail devant lui : Multiplier les séances face aux poteaux, se préparer athlétiquement. "Je m'étais fait une image du Top 14 : De l'impact, de la vitesse, de la précision. Et bien, j'ai effectivement découvert que c'était la réalité : ça tape fort..." 1,80m, 82kg : il doit faire valoir d'autres atouts. "Je suis léger, je dois jouer en esquive. Je ne suis pas suicidaire", sourit-il. Un bonheur : Cela nourrit un jeu ambitieux. S'il est prudent et mesuré hors-terrain au point de pas se projeter en décembre au stage préparatoire au Tournoi avec l'équipe de France U20, l'étudiant en DUT Gestion Administrative et Commerciale, affiche un autre visage dès qu'il revêt un maillot : Audacieux. "Sur le terrain, il faut tenter. Si tu ne joues pas à 200 % , en Top 14, ça ne pardonne pas." La clé sera de ne pas changer, en attendant c'est le rugby qu'Agen aime.

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