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TOP 14 - Finale : Clermont cette fois-ci sans complexe ?

Clermont cette fois-ci sans complexe ?

Le 31/05/2017 à 16:17

TOP 14 - Confortés par leur performance face au Racing, les Clermontois semblent aborder cette nouvelle finale sans trembler. Même si c’est encore Toulon, bourreau des finales passées, qu’il faudra faire tomber pour s’offrir un deuxième bouclier de Brennus.

Et la question sur le poids des finales perdues a fini par être posée... Parce que c’est une statistique, et qu’elle est notable. Ce sera la 13e finale de Clermont en championnat de France. Pour un seul titre jusqu’à présent, en 2010 face à Perpignan. Ce sera aussi la deuxième cette saison, après celle perdue face aux Saracens en Champions Cup. Et ce sera une première en Top 14 face à Toulon, adversaire deux fois à ce niveau, mais en Coupe d’Europe en 2013 et 2015.

Azéma ne fait plus les comptes

"Honnêtement, je ne sais même plus à combien on en est", a soufflé Franck Azéma en haussant les épaules. "Jouons comme on sait le faire, et après on verra… Que peut-il nous arriver ? Qu’on perde une finale ? On est rôdés, je peux vous le dire…" Le coach a affiché un soupçon de lassitude face à cette question récurrente mais à l’image de ses joueurs, on sentait chez lui de la sérénité avant cette dernière marche à gravir samedi soir face à Toulon. "Les joueurs ont pu couper 48 heures. C’est positif. Il y a de l’enthousiasme, de la confiance".

Franck Azéma (Clermont) lors de la demi-finale contre le Racing 92 - 27 mai 2017

Franck Azéma (Clermont) lors de la demi-finale contre le Racing 92 - 27 mai 2017Icon Sport

Les Clermontois ont encore réussi la performance rare d’aller au bout des deux compétitions. Cette dernière bataille sera le 37e match de l’équipe et la qualité de jeu affichée au fil de cette interminable saison semble rassurer les Auvergnats. "Il faut que l’on ait confiance en ce que l’on produit et que l’on reste sur ce que l’on fait bien depuis le début de la saison, c’est-à-dire jouer en équipe", confirme Azéma.

Une demie qui rend fort

La demi-finale victorieuse face au Racing a boosté les Jaunards, qui semblent sûrs de leur force comme rarement. Quand ils parviennent à mettre leur jeu en place et à étouffer l’adversaire en dictant le rythme, les Auvergnats sont difficiles à battre. C’est ce que les Saracens ne leur avaient pas permis de faire mais que les franciliens n’ont pu empêcher.

Fritz Lee (ASM Clermont) - 27 mai 2017

Fritz Lee (ASM Clermont) - 27 mai 2017AFP

Au-delà des certitudes techniques et collectives, en conquête ou dans l’efficacité des lignes arrières, Clermont a montré aussi une force mentale qui peut l’aider pour aller au bout. Collective, pour résister à 14 contre 15 pendant une mi-temps, mais aussi individuelle à l’image de Camille Lopez, qui en un éclair a fait basculer le match quand l'ASM était dans le dur.

Jeunes et insouciants

Après avoir lancé les jeunes en demi-finale à Marseille, Franck Azéma les a envoyés devant la presse en ce début de semaine. Parce que les plus anciens n’avaient peut-être pas envie de ressasser l’histoire une fois de plus. Et parce que Raka, Cancoriet, Iturria ou Penaud, qui découvrent ce niveau depuis une petite saison, n’ont pas à porter le poids de l’histoire du club.

"Moi j’en ai déjà une", sourit Arthur Iturria, très touché après la défaite à Édimbourg. Mais c’est sûr qu’on en a perdu moins que les autres. On ne ressent pas de fardeau en tout cas. Rayonnant au stade Vélodrome, le deuxième ligne international a prouvé qu’il était passé à autre chose et aborde cette finale avec tranquillité. Comme Damian Penaud, autre révélation de cette saison : "On a fait un bon match sans se mettre trop de pression la semaine dernière, donc on espère que ce sera la même chose contre Toulon".

Damian Penaud (ASM Clermont) - 27 mai 2017

Damian Penaud (ASM Clermont) - 27 mai 2017Icon Sport

Pétris de talent, ces jeunes et bleus apportent de l’insouciance et bénéficient aussi de leur formation en commun. "Tous ceux avec qui j’ai joué à Marseille, je jouais déjà en Espoirs avec eux", explique Penaud. "On est forcément plus à l’aise, on a plus de repères. On n’a rien à perdre, donc on profite, on prend plaisir à jouer".

Toulon, bête noire ?

Toulon ne rappelle pas de bons souvenirs aux Clermontois. Plutôt deux défaites en finale de Coupe d’Europe en 2013 et 2015. Mais là aussi, aucun complexe d’infériorité ou de hantise de la bête noire et rouge, pour Arthur Iturria : "Je ne le ressens pas. Je n’étais pas là à cette période, et je reste focalisé sur notre équipe. On a fait une petite fixette sur Toulon depuis les finales perdues mais il faut le prendre comme les autres matches. C’est une équipe très forte avec de grands joueurs, qui n’est pas là par hasard, donc ce sera un gros match. Que ce soit Toulon ou un autre..."

Arthur Iturria (Clermont) face au Racing 92 - 27 mai 2017

Arthur Iturria (Clermont) face au Racing 92 - 27 mai 2017AFP

Damian Penaud sait qu’il devra probablement se coltiner deux bulldozers, avec Bastareaud et Nonu face à lui. Mais le centre qui vient d’être convoqué en Bleu pour la première fois n’en fait pas de cauchemars. Cette saison, notamment lors du match couperet en quart de finale de Champions Cup, Clermont a su prendre le dessus sur Toulon. Ce jour-là, c’est Penaud qui avait scellé le succès des siens 29-9, en inscrivant un essai à la dernière minute. Rien de prémonitoire, mais un bon souvenir, toujours utile pour aborder cette finale sans complexe.

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