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Top 14 - Bourgoin, changement de nom, "trop technique pour jouer devant"... (Re)voici Nemani Nadolo

Bourgoin, changement de nom, "trop technique pour jouer devant"... (Re)voici Nemani Nadolo

Le 25/08/2016 à 14:39Mis à jour Le 25/08/2016 à 15:54

TOP 14 - Recrue phare de l'intersaison héraultaise, l'international fidjien Nemani Nadolo débarque à Montpellier bien différent de l'homme qu'il était lors de son premier passage en France. Un phénomène qui veut désormais aider le MHR à franchir un nouveau palier.

Pour ceux qui suivent le Super Rugby depuis plusieurs saisons, et le rugby en général, difficile de passer à côté de Nemani Nadolo, qui a tout simplement explosé à la face du monde sous les couleurs des Crusaders. Avec 1,95m et 137 kg (à peine moins que le colossal deuxième ligne australien Will Skelton, 140 kg), forcément, pour un ailier ça déménage. Mais pour ceux qui suivent le rugby depuis un peu plus longtemps, pas beaucoup, saison 2010-2011, le nom est déjà familier.

Bourgoin, un échec formateur

Car Nemani Nadolo n'en est en effet pas à son premier passage en France : il avait signé pour deux ans au CSBJ. "Je ne garde pas de très bons souvenirs de mon passage à Bourgoin, qui traversait à l'époque une période difficile. Nous n'étions pas la plus grosse équipe, et le club avait des problèmes financiers. D'ailleurs je crois que c'est toujours le cas... J'avais pris du plaisir à découvrir le Top 14, mais vu ce qui se passait hors du terrain, c'était délicat", se souvient-il.

Nemani Nadolo sous les couleurs de Bourgoin en 2010

Nemani Nadolo sous les couleurs de Bourgoin en 2010Icon Sport

Il ne restera finalement en France que six mois. Sans pour autant repartir chargé de regrets : "Je suis venu en France alors que je n'avais que 21 ans, ce qui est plutôt jeune, et j'étais certainement immature dans mon jeu. Mais je ne crois pas qu'il était trop tôt, venir jouer en Europe et apprendre est probablement la meilleure chose qui me soit arrivée. Ce qui est fait est fait, et je pense que j'en suis sorti plus mature. J'ai depuis cet épisode une nouvelle appréciation pour le jeu, je sais qu'il ne faut rien considérer comme acquis. Ce sont les enseignements positifs que j'en ai tirés, le reste c'est de l'histoire".

Mais si le recul lui permet de positiver, la digestion ne fut pas si aisée à l'époque : "J'ai été très proche de mettre un terme à ma carrière après mon premier séjour en France. Je vivais moi-même des moments difficiles hors du terrain, et l'aventure ne s'est pas très bien déroulée. J'ai voulu abandonner le rugby plusieurs fois, rentrer au pays pour trouver un travail. Mais celle qui est désormais mon épouse m'a soutenu, elle m'a poussé à m'accrocher et m'a permis de devenir le joueur que je suis aujourd'hui". Ses vis-à-vis, passés et futurs, en sont soulagés.

Un parcours atypique et un changement de nom

Nemani Nadolo, voilà donc désormais un nom qui claque aux oreilles comme le font les clavicules des défenseurs qui se hasardent à prendre le phénomène lancé de plein fouet. Un nom, qui n'est pourtant pas le sien, ou plutôt qui n'est pas son nom d'origine, puisqu'il y a encore quelques années, le trois-quarts aile répondait à celui de Ratu Nasiganiyavi. "Je l'ai changé en Nemani Nadolo en 2009 en l'honneur de ma mère, quand mes parents ont divorcé et que mon père nous a laissés avec elle. Je voulais juste prendre son nom pour rendre hommage à tout ce qu'elle avait fait pour nous durant toutes ces années", explique-t-il.

Nemani Nadolo, l'ailier des Fidji

Nemani Nadolo, l'ailier des FidjiIcon Sport

Avant cela, la famille vivait en Australie, ayant suivi le père qui jouait pour les Queensland Reds à la fin des années 80. D'où un accent australien dans la bouche du Fidjien. Et surtout, après des débuts sur les terrains de football, un premier contrat chez les Waratahs où il ne jouera aucun match en raison de blessures, et des premières sélections avec l'équipe des moins de 20 ans australienne. Puis la France, Exeter en Angleterre, les NEC Green Rockets au Japon, et les Crusaders. De quoi cumuler un certain nombre de miles.

Elève studieux

Nouvelle destination, nouvelles obligations, Nemani Nadolo doit désormais faire face à un de ses plus gros défis, apprendre le français. En période de vacances : "En ce moment, comme je viens d'arriver je ne fais pas encore grand chose à côté du rugby. A part, peut-être, apprendre le français sur Youtube. C'est les vacances, donc les professeurs ne sont pas là et je dois me débrouiller sur ma tablette. C'est ma passion du moment, car je veux vraiment pouvoir parler cette belle langue".

Nemani Nadolo (Montpellier) - 11 août 2016

Nemani Nadolo (Montpellier) - 11 août 2016Icon Sport

Même si Nic White, en bon demi de mêlée, s'empresse de dénoncer : "Je passe beaucoup de temps avec Jesse (Mogg, ndlr), Ben (Botica, ndlr) et Nemani. Et quand nous ne sommes pas au stade, Nemani est le plus souvent en train de dormir". Et puis, il y a cette remise en forme qui viendra, progressivement. "Je ne suis pas encore au top de ma forme, car je reviens de blessure. La forme de tout joueur a ses hauts et ses bas, et j'essaie de récupérer mes moyens. Je pense en avoir pour trois semaines, peut-être un mois", estime le Fidjien.

" Trop technique pour jouer devant"

A vrai dire, on a hâte de voir l'ailier à son meilleur niveau. Rien que pour son potentiel physique pur, tout bonnement ahurissant. Certaines légendes disent même qu'il fut jadis chronométré sous les 11 secondes au 100 mètres. "Si j'ai couru le 100 mètres sous les 11 secondes ? C'était il y a longtemps, quand j'avais 20 ans. Je pesais 124 kilos, et d'ailleurs je n'étais pas passé sous les 11 secondes, plutôt en 11,2 secondes. Ça, c'est de source sûre, puisque c'est moi qui vous le dis", lance-t-il sourire aux lèvres. En se basant sur ces références, des analystes ont calculé qu'il développait sur cette distance une puissance supérieure, relativement à leurs poids respectifs, à celle que produit Usain Bolt.

Nemani Nadolo avec les Crusaders en mars 2016

Nemani Nadolo avec les Crusaders en mars 2016Icon Sport

Et si les comparaisons avec Jonah Lomu ne sont pas toujours pertinentes, il est peut-être le joueur qui les mérite le plus. Outre un potentiel athlétique hallucinant, il est en effet capable de casser les plaquages, de faire vivre le ballon avant comme après contact, de jouer au pied pour lui-même, et même de buter. En somme, la panoplie de l'ailier moderne dans le corps d'un troisième ligne centre... qui court comme un ailier.

On serait quand même tenté de lui demander s'il n'a jamais été séduit par l’idée de passer chez les gros ! "Quand je suis arrivé au lycée, l'équipe de l'école voulait des trois-quarts puissants. Alors je me suis installé à l'aile et ça a fonctionné, puis j'ai un peu joué au centre. Je me suis d'ailleurs entrainé au centre aujourd'hui (mercredi, ndlr), et ce sera certainement une option dans le courant de la saison. J'aurais pu jouer devant, mais je suis trop technique", répond-il hilare. La nouvelle attraction du MHR n'a certainement pas fini de faire parler du lui !

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