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Toulon - Racing 92 (21-29) - l'antisèche : de manière inexpliquée, le RCT s'est totalement liquéfié

L'antisèche : de manière inexpliquée, Toulon s'est totalement liquéfié...

Le 25/06/2016 à 00:52Mis à jour Le 25/06/2016 à 01:09

FINALE TOP 14 - Alors qu'il était sur la voie royale du titre après l'exclusion de Machenaud et l'essai de Gorgodze, le RCT s'est trouvé paralysé... Face à un Racing réduit à 14 mais héroïque, Toulon n'a pas su gagner, et à donc perdu cette finale qui lui tendait pourtant les bras. Notre antisèche.

Le jeu

Comme lors des demies (et contrairement aux barrages), on a encore vécu un sacré match ce vendredi soir ! Au Camp Nou de Barcelone et devant 99 124 spectateurs (un record mondial), Toulon et le Racing se sont montrés à la hauteur de l'évènement et n'ont pas hésité à envoyer du jeu dès le début de la partie. Avant que la rencontre ne prenne une tournure dramaturgique avec l'expulsion définitive de Maxime Machenaud après moins de 20 minutes de jeu...

Maxime Machenaud quitte la pelouse après son carton rouge

Maxime Machenaud quitte la pelouse après son carton rougeIcon Sport

Le tournant du match ? Oui, mais pas dans le sens attendu. Alors que l'on croyait la finale pliée après l'essai de Mamuka Gorgodze, le Racing - à 14 contre 15 et avec Juan Imhoff à la mêlée - s'est démené, sacrifié et a sans cesse bousculé Toulon, remportant notamment la bataille des rucks. En face, le RCT s'est bizarrement trouvé sans solution. Comme paralysé par cette situation qui faisait de lui le vainqueur tout désigné.

Héroïque et magnifique à l'image du superbe essai de Joe Rokocoko ou de la précision de ses buteurs Dan Carter et Johan Goosen, le club francilien est donc de nouveau champion de France, 26 ans après. Et couronne ainsi une saison tout simplement énorme. Respect...

Le Racing 92 est champion de France 2016

Le Racing 92 est champion de France 2016AFP

Les joueurs : la charnière du RCT est passée à côté

Alors qu'il aurait pu être le grand malheureux de la soirée après son expulsion, Machenaud peut remercier ses coéquipiers ! Et notamment les buteurs Carter et Goosen, auteurs de 24 points à eux deux. Mais aussi Imhoff, remarquable dans le dépassement de fonctions puisqu'il a évolué demi de mêlée pendant une heure ! N'oublions pas non plus le rendement de Ben Tameifuna, encore énorme et décidément indispensable.

Rokocoko a su tuer le match sur l'un de ses rares ballons. La classe... Eddie Ben Arous, lui, est un paradoxe : aussi fort au sol qu'en difficulté en mêlée... presque un profil de troisième ligne.

Le meilleur Toulonnais ? Gorgodze. Dans une moindre mesure, Juan Martin Fernandez Lobbe, Mathieu Bastareaud et Samu Manoa ont sorti une assez bonne prestation. La charnière Jonathan Pélissié - Matt Giteau n'a pas assez pesé, surtout à 15 contre 14... Les Leigh Halfpenny, Bryan Habana, Josua Tuisova et Guilhem Guirado se sont eux montrés bien trop discrets.

Ben Tameifuna (Racing) et Juan Lobbe (Toulon)

Ben Tameifuna (Racing) et Juan Lobbe (Toulon)AFP

Ce qui aurait pu tout changer : la dernière mêlée du match

Comme en barrage face à Toulouse, Tameifuna a fait la différence au bon moment. Alors que les siens devaient défendre leur avantage au score à la 77e minute, le duo Travers-Labit a décidé de faire revenir sur la pelouse le pilier néo-zélandais, sortant le jeune Khatchik Vartanov pour disputer une mêlée cruciale à 5 mètres de la ligne francilienne.

Un choix une nouvelle fois payant puisque le pack francilien a pris le dessus, mettant fin aux derniers espoirs toulonnais alors que le RCT semblait (enfin) revivre après l'essai de Maxime Mermoz.

Le tweet (vraiment) émouvant

La stat : 2

Après un premier titre en Top 14 avec Castres en 2013, les deux Laurent, Travers et Labit, ont soulevé leur deuxième bouclier de Brennus ce vendredi soir, avec le Racing cette fois-ci. Fort pour ce duo qui avait aussi remporté le titre de champion de Pro D2 avec Montauban en 2006.

La décla : Juan Imhoff (ailier du Racing)

" On a montré qu'on avait des c... On a écrit notre histoire. (Sur son repositionnement) Je suis là pour ça. Je ne suis pas un mec qui a beaucoup de talent, je suis un mec qui bosse. Mon boulot, c'est de bosser. Je donnerais ma vie pour cette équipe."
La joie de Juan Imhoff et des joueurs du Racing 92 - 24 juin 2016

La joie de Juan Imhoff et des joueurs du Racing 92 - 24 juin 2016AFP

La question : comment ce match a-t-il pu échapper à Toulon ?

Qui aurait misé sur le Racing après une demi-heure de jeu ? Peu de monde, assurément... Il faut dire qu'en étant en supériorité numérique et en ayant inscrit le premier essai de cette finale grâce à une jolie combinaison entre Gorgodze et Tuisova, le RCT semblait sur la voie royale d'un 5e titre en 5 ans. De quoi offrir des adieux rêvés à Bernard Laporte pour sa dernière.

Pourtant - et de façon presque invraisemblable - Toulon a ensuite semblé trembler. La peur de gagner ? Peut-être. De devoir assumer son statut d'ultra-favori après ce carton rouge ? Allez savoir... Reste que les Varois ont encaissé un cinglant 20-0 entre la 33e et la 71e ! Incompréhensible...

"J'ai plutôt l'impression qu'on était un de moins", déclarait même Guirado au coup de sifflet final. Seules les dernières minutes nous ont laissés imaginer un possible retour des Toulonnais. C'était trop tard. Le mal était fait. La faute à cette léthargie qui a duré presque 40 minutes. Et à l'énorme match des Racingmen, pour leur part désinhibés.

Frédéric Michalak (Toulon) - 24 juin 2016

Frédéric Michalak (Toulon) - 24 juin 2016Icon Sport

Après le "drame", les Toulonnais ont rapidement mis le doigt sur les raisons de cette défaite au final logique : l'indiscipline, toujours primordiale dans ces matches couperets. "A ce niveau, en finale, on ne peut pas accepter de faire des fautes comme ça, ce sont des fautes professionnelles qui coûtent cher. On leur donne trois points, puis trois points, puis trois points..." pestait Delon Armitage.

"Chacun y va de sa faute, on n'est pas bons dans la stratégie, dans l'orientation du jeu et surtout, on est indisciplinés", regrettait de son côté Laporte. "On pensait peur-être que c'était gagné après le rouge. Mais faire autant de fautes à ce niveau, c'est inacceptable", acquiesçait Michalak.

"C'est dur à avaler", résumait le capitaine Guirado, qui aurait forcément rêvé, lui le Catalan, de soulever le bouclier à Barcelone. On veut bien le croire...

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