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Top 14 - Un an après le dernier Racing-Montpellier, le combat de Yoan Audrin continue

Un an après le dernier Racing-Montpellier, le combat d'Audrin continue

Le 02/06/2016 à 18:08Mis à jour Le 02/06/2016 à 18:13

TOP 14 - Victime d'une grave blessure au genou le 14 avril 2015 contre Montpellier, Yoan Audrin n'a, depuis, toujours pas refoulé une pelouse de Top 14. Un peu plus d'un après cet incident, le Racing retrouve le MHR avec la volonté d'obtenir au moins un barrage à domicile. Audrin, lui, se bat juste pour rejouer au rugby.

Alors que le sort réservé à François Trinh-Duc enflamme la France du rugby, il est également question d'affect pour son ancien coéquipier Yoan Audrin. Un cas moins médiatique, certes, mais une histoire d'hommes, aussi. En fin de saison dernière, le trois-quarts polyvalent retrouve Montpellier, son ancien club (de 2011 à 2014). La catastrophe arrive peu après le retour des vestiaires, quand, sur une reprise d'appui en bout de ligne, son genou cède de toutes parts. Le diagnostic, sans appel : rupture des ligaments croisés antérieur et postérieur, fin de saison, pas de phases finales. On parle alors de six mois d'indisponibilité, le tarif syndical pour un sportif de haut niveau.

"C'est une des blessures les plus graves mais elle est aussi récurrente dans le rugby" assure en connaissance de cause Rémi Talès, son partenaire au Racing. "Pour ma part, j'ai mis six mois avant de rejouer mais je n'avais que le ligament de touché. Yoan avait tout de cassé dans son genou et c'est plus long".

La blessure de Yoan Audrin face à Montpellier l'an dernier

La blessure de Yoan Audrin face à Montpellier l'an dernierIcon Sport

Tellement long qu'il n'en est toujours pas revenu, plus d'un an après et des rechutes musculaires. "Dans mon malheur, je savais que j'en avais pour six mois. Au bout d'un mois tu remarches, au bout de trois tu recours et au bout de six mois tu sais que, normalement, c'est bon. Au début, tu rejoues mais tu n'as pas de rythme, tu es quand même limité. À force d'enchaîner, tu finis par retrouver ton niveau. Yoan, ça fait un an aujourd'hui, c'est vraiment très long".

Talès : "J'espère qu'il n'arrêtera pas sur ça"

Audrin, qui a souhaité effectuer sa rééducation au sein même du club, au Plessis-Robinson (Hauts-de-Seine) et non dans des centres spécialisés tels que celui de Capbreton (Landes), en a bavé. Une situation éprouvante mais l'homme fait partie de cette catégorie de coéquipier modèle et s'est efforcé à rester positif. "Ça faisait mal pour lui", poursuit Talès. "Quand on voit un coéquipier galérer comme ça, ce n'est jamais évident. On a envie de l'avoir avec nous sur le terrain. Quand on connaît la blessure, on sait ce que c'est. De le voir galérer comme ça et ne pas réussir à revenir, c'était dur. Il a 34 ans, il est en fin de contrat et cet aspect là est également important. J'espère qu'il n'arrêtera pas sur ça".

Rémi Tales (Racing 92) - mai 2016

Rémi Tales (Racing 92) - mai 2016Icon Sport

Ne pas achever une carrière, débutée en 2002 à Béziers, sur un appui malheureux, c'est également la volonté du joueur. De retour à l'entraînement depuis la fin du mois de mars, il lutte à chaque séance contre le temps pour retrouver une condition physique et une place dans le groupe francilien : "Cela fait plaisir de le revoir à l'entraînement avec nous", assure Rémi Talès. "On voit son évolution et on sent qu'il se est de mieux en mieux. Il retrouve confiance en lui, ce qui est nécessaire. Au début, on a forcément une appréhension. Tant qu'on n'a pas revécu un placage, un ruck, c'est là. Cela marche par palier".

L'ultime palier, une feuille de match, n'est, lui, toujours pas franchi. Reste au duo Labit-Travers un choix difficile : récompenser un joueur qu'ils ont fait venir de Montauban à Castres en 2009 puis de Montpellier au Racing en 2014 en lui offrant ses premières et certainement ses dernières minutes de la saison en match officiel, peut-être ses dernières avec le Racing et même en pro, ou ne pas prendre ce risque au vu des enjeux de ce dernier match face à Montpellier. La boucle serait bouclée et ce retour in-extremis entrerait à coup sûr dans le livre des belles histoire de l'ovalie. Le genre de considération "fleur bleue" qui ne trouverait pas d'écho chez le pragmatique Jake White.

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