• Conrad Smith et Colin Slade (Nouvelle-Zélande)
    Conrad Smith et Colin Slade (Nouvelle-Zélande)
  • Philippe Ebel à Pau, le jour de l'interview. © Marco
    Philippe Ebel à Pau, le jour de l'interview. © Marco
  • Santiago Fernandez (Pau) - 23 août 2015
    Santiago Fernandez (Pau) - 23 août 2015
  • Vincent Campo et Jeremy Hurou (Pau) face à Brive - le 24 octobre 2015
    Vincent Campo et Jeremy Hurou (Pau) face à Brive - le 24 octobre 2015

"Smith et Slade, 2 joueurs de classe mondiale qui vont tirer Pau vers le haut"

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TOP 14 - Avant la réception de la lanterne rouge Agen, nous avons voulu connaître le point de vue d'un ancien de la Section sur la génération 2015-2016. Philippe Ebel, qui est aussi entraîneur des avants de l'équipe nationale de Belgique, s'est prêté au jeu.

Encore un voyage à zéro point des Palois, encore un bonus offensif lâché à l'adversaire ! Le rituel est immuable. En quatre matchs à l'extérieur, la Section n'a pas glissé la moindre pièce dans sa tirelire. Voilà les Palois relégables ! Une situation qui inquiète les supporters, partagés entre les optimistes et les pessimistes. Les optimistes espèrent beaucoup avec les arrivées des champions du monde Colin Slade et Conrad Smith, en plus de celle de Siréli Bobo (joker médical). Les pessimistes pensent, en revanche, que leur venue ne changera pas grand chose compte tenu que la Section est souvent chahutée devant.

Philippe Ebel à Pau, le jour de l'interview. © Marco
Philippe Ebel à Pau, le jour de l'interview. © Marco

Un point de vue partagé par le chroniqueur Yves Coup, qui se demandait sur le blog "la Tribune d'en face": si leur arrivée suffirait, ou s'il ne faudrait pas la compléter par deux tauliers devant, qui mettraient les mains dans le cambouis ? Où est la vérité ? Pour avoir un avis éclairé, Rugbyrama a rencontré Philippe Ebel, ancien capitaine de la Section.

Troisième ligne aile, il porta le maillot vert et blanc de 1985 à 1998, avant de passer de l'autre côté de la barrière en étant l'adjoint de Jacques Brunel, puis de Frédéric Torossian. Après des expériences avec Oloron et Orthez, clubs de Fédérale 1, il est, depuis l'an dernier, entraîneur des avants de l'équipe nationale de Belgique, dont l'objectif majeur reste une qualification pour la coupe du monde 2019. C'est sans langue de bois qu'il nous a donné son avis sur la Section, version 2015-2016.

Pourquoi pas Fernandez-Smith au centre ?

Incontestablement la venue de Smith et Slade, deux joueurs de classe mondiale, va rehausser le niveau et tirer l'équipe vers le haut, souligne Philippe Ebel. Slade a la culture "All Black", donc quelqu'un qui prend le jeu à son compte. Son jeu au pied sera aussi un atout. Pour Bobo, sa pointe de vitesse reste son point fort. Attention tout de même, car il n’excelle pas en défense.

L'ancien sectionniste verrait d'un très bon œil une association au centre, Fernandez-Smith. Globalement, il estime que la Section possède de solides lignes arrière. Il regrette juste l'absence sur blessure de Mathieu Acébès, en raison du brin de folie apporté par ses relances improbables. Ses réserves concernent Malié, dont le recrutement reste pour lui une énigme, et Fajardo, qu'il pense encore trop tendre. En revanche, il voit en Thibaut Daubagna un N°9 d'avenir, à condition que celui-ci, à la réputation de gros travailleur, poursuive dans cette voie.

Santiago Fernandez (Pau) - 23 août 2015
Santiago Fernandez (Pau) - 23 août 2015

Côté avants, son constat est plus réservé. En troisième ligne, il qualifie Jean Bouilhou de pièce indispensable, la tête du pack, le maître à jouer, celui qui donne toujours le meilleur de lui-même. Il s'interroge en revanche sur James Couglhan qui a perdu sa force de pénétration et qui ne parvient plus à casser les plaquages. Les deux travailleurs que sont Butler et Dougall, sont à son goût trop discrets. Concernant Josepha Domolalaï, il est catégorique : ce n'est pas un deuxième ligne, insiste-t-il. Il a pleinement sa place en 3e ligne, c'est un joueur de grand champ à la forte capacité de pénétration. Quant à Monzéglio, il éprouve, selon lui, beaucoup de mal à jouer debout.

Difficulté à droite de la mêlée

En deuxième ligne, Julien Pierre, homme de défi, tire le groupe vers le haut et possède de belles qualités humaines. Daniel Ramsay, égal à lui-même, s'avère d'une grande efficacité. Peut-être souffre-t-il d'avoir été beaucoup utilisé depuis l'an dernier ?, s'interroge-t-il. Cameron Pierce, bien que jeune, a un gros potentiel, il doit s'aguerrir. Philippe Ebel émet davantage de réserves sur Dry, notamment dans sa capacité à jouer au près.

Le bannissement de Fèvre demeure pour lui une énigme, alors que c'est un deuxième ligne de métier qui pourrait être dans le combat. L'annonce du président Bernard Pontneau de rechercher un joker en 2e ligne ne l'étonne pas compte tenu des interrogations concernant la suite de la carrière de Boutaty.

Vincent Campo et Jeremy Hurou (Pau) face à Brive - le 24 octobre 2015
Vincent Campo et Jeremy Hurou (Pau) face à Brive - le 24 octobre 2015

Au niveau de la première ligne, l'ancien capitaine juge les trois talonneurs assez égaux dans leurs performances. À gauche de la mêlée, il se déclare fan de Jérémy Hurou et trouve Julien Jacquot au niveau. Son analyse s'avère plus sévère sur la droite de la mêlée qu'il considère comme un point faible. Murray et King n'apportent pas ce qu'on attendait d'eux, constate-t-il. Malgré son expérience internationale, je pense que l’Écossais n'a pas une grosse culture de la mêlée. Quant à King, pourquoi jouait-il si peu à Montpellier ? Philippe Ebel est formel, compte tenu des soucis à droite de la mêlée, la Section devrait se mettre en quête d'un renfort à ce poste.

En attendant, samedi au Hameau, la Section recevra, à 18h30, Agen, l'autre mauvais élève de la classe. Dans ce match de la peur, les Palois n'ont pas droit à l'erreur car un nouveau faux pas à domicile pourrait être lourd de conséquences.