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Top 14, Racing 92 - De la relégation au Bouclier de Brennus : la belle renaissance de Joe Rokocoko

De la relégation au Bouclier de Brennus : la belle renaissance de Rokocoko

Le 27/06/2016 à 12:26Mis à jour Le 27/06/2016 à 14:06

TOP 14 - Auteur du seul essai de son équipe en finale du Top 14 face à Toulon (29-21), Joe Rokocoko a plané sur les phases finales. Après avoir essentiellement connu la lutte pour le maintien à Bayonne, l'ailier neo-zélandais a retrouvé l'ambition et le niveau qui avait fait de lui une star planétaire.

L'essai de Joe Rokocoko au Camp Nou est une belle synthèse de tout ce qu'on a pu aimer chez ce surdoué du rugby, terreur des défenses adverses au cœur des années 2000. Inspiration, vitesse, finition, le panel qui lui a permis d'inscrire, entre autres, 47 essais en 68 sélections avec la Nouvelle-Zélande. Le type d'action auquel il nous avait, disons-le aussi, un peu moins habitué ces dernières années.

Parce que sa carrière internationale s'est arrêtée en 2010, à 27 ans. Parce qu'il a aussi signé en Top 14, à Bayonne (en 2011), un club programmé pour viser le maintien : deux obstacles au jeu débridé, donc. Enfin parce qu'il a glissé au centre durant son périple dans le Pays basque.

Joe Rokocoko, l'ailier du Racing 92

Joe Rokocoko, l'ailier du Racing 92Rugbyrama

Débarquer cet été dans un club plus ambitieux et retrouver son poste de prédilection a été pour lui comme une jeunesse retrouvée : "Ce n'est pas forcément le fait d'être revenu à l'aile qui m'a donné plus de plaisir sur le terrain mais plus de jouer avec des garçons de qualité. Mon travail devient plus facile si les gars autour de moi font du bon boulot. Chavancy, Laulala, Goosen, Dulin à l'arrière, Imhoff bien sûr à l'aile... J'ai pu nouer de bonnes relations avec eux et c'est une chance pour moi". Une dernière phrase à l'image du garçon, transpirante d'humilité.

"Je suis simplement heureux de jouer au rugby"

Match après match, Rokocoko s'est imposé comme un indéboulonnable du XV de départ francilien. Son niveau de performance est monté crescendo, pour atteindre un pic lors du dernier mois de compétition. Il y a marqué quatre des sept essais de la saison, dont les deux derniers, décisifs, en demi-finale contre Clermont (34-33) et en finale contre le RCT.

Joe Rokocoko à l'entraînement avec le Racing 92

Joe Rokocoko à l'entraînement avec le Racing 92AFP

Fidèle à lui-même, c'est aux autres qu'il attribue son intégration parfaitement réussie : "C'était à moi de m'adapter aux joueurs de cette équipe car j'étais nouveau. Quand j'étais à Bayonne, je connaissais la façon de jouer de Scott Spedding, Marvin O'Connor ou Gabriele Lovobalavu. Cette année, j'ai pris le temps d'apprendre celle d'Henry Chavancy, de Brice Dulin et des autres, et ce qu'ils préfèrent. Goosen, lui, par exemple, c'est la course ! Pour moi, bien connaître ses partenaires est indispensable pour pouvoir réussir les meilleures combinaisons".

Joe Rokocoko a été un des ailiers les plus doués de son temps dans sa période faste. Le voir briller au moment le plus important de la saison, du haut de ses 33 ans, est une énième confirmation que les grands joueurs répondent toujours présent dans les grands rendez-vous.

L'odeur du titre lui a rendu ses jambes de vingt ans mais pas forcément le plaisir d'être sur le terrain, qu'il assure n'avoir jamais perdu : "Je suis simplement heureux de jouer au rugby. Si tu commences à ne voir ça que comme un métier, où tu arrives tous les jours à 9 heures et tu repars à 17 heures, tu peux perdre ta passion pour ce jeu. Bien sûr que les résultats aident. Mais quand j'étais à Bayonne, ils n'étaient pas vraiment bons et je prenais quand même du plaisir car j'aime ce que je fais". Le Racing, qu'il a bien aidé dans sa quête de titre, lui saura éternellement gré d'avoir choisi la région parisienne pour continuer à prendre ce plaisir qu'il aime tant.

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