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TOP 14 - La Rochelle: Vincent Merling se veut "ambitieux mais pas prétentieux"

Merling se veut "ambitieux mais pas prétentieux"

Le 20/07/2016 à 18:00

TOP 14 - Le Stade rochelais a présenté, fin juin, son projet “Écrire notre histoire 2020". Un projet qui doit permettre au club de devenir un acteur fort du championnat. Il s’agit d’un nouveau plan de croissance pour les Maritimes, présidés depuis 25 ans par Vincent Merling, le plus ancien président en exercice du Top 14. Et pas le moins ambitieux.

À Marcel-Deflandre, les journalistes ont l’habitude de le voir opiner de la tête, se lever, ou congratuler ses voisins. À 66 ans, Vincent Merling vit toujours le rugby aussi intensément. Avec toujours des idées derrière la tête pour avancer, et faire avancer le Stade rochelais qu’il préside depuis le 5 juillet 1991. Vingt-cinq ans donc que cet ancien troisième ligne, grand et élancé, pense, écoute, et tranche pour le bien des Jaune et Noir. Un bail qui fait de lui le plus ancien président en exercice d’un club de Top 14 (à Toulouse, René Bouscatel l’est devenu en octobre 1992). Il est aussi, le seul, avec le Toulousain, à présider la destiné d’un club dans lequel il a joué.

Vincent Merling n’a jamais vraiment quitté La Rochelle, sa ville natale. Il y a bien eu trois années à Bordeaux, dans la seconde moitié des années 70, mais très vite, il revint sur le Vieux-Port, d’où il lança son entreprise de torréfaction de cafés, en 1979, avec le succès qu’on lui connaît aujourd’hui. Le mensuel économique Capital le classait en août 2015 parmi "les 30 entrepreneurs qui font bouger l’économie sur la côte Atlantique", à qui il confiait d’ailleurs avoir fait progresser le chiffre d’affaires des cafés Merling de 35 à 50 millions d’euros, entre 2010 et 2015.

Vincent Merling préside le Stade rochelais depuis 1991

Vincent Merling préside le Stade rochelais depuis 1991AFP

Le rugby, sous les couleurs du Stade rochelais, c’est une histoire qui dure depuis près d’un demi de siècle pour Vincent Merling. Il y arrive à 17 ans au sein de l’équipe junior. On est en 1967. "Il était déjà d’un tempérament courageux", raconte Jean-Michel Blaizeau, historien et sociologue du sport, auteur de quatre ouvrages sur le club. "Vincent Merling jouait troisième ligne aile. Il n’a jamais rien gagné en tant que joueur mais il aura disputé plusieurs 16es de finale du championnat de France en 1971, 72, et 73, tous perdus par le Stade rochelais". La création de son entreprise à la fin des années 70, lui prenant toujours plus de temps, ne lui permet plus de jouer.

Président à 41 ans

Tour à tour éducateur de l’école de rugby, puis dirigeant, il devient à 41 ans président du Stade rochelais, avec Arnaud Élissalde, disparu en mai dernier, et Jean-Paul Hardouineau, à la vice-présidence. "Il était jeune mais les évènements ont précipité les choses", se rappelle Jean-Michel Blaizeau, qui prépare un livre sur les internationaux du Stade rochelais. "Le club était en grande difficulté financière en raison d’une mauvaise gestion de l’équipe précédente. M. Merling, entouré de jeunes dirigeants, a donc décidé de se présenter et il a mis en place un plan de restructuration financière pour éponger les dettes (1,2 million de francs, ndlr)."

Le stade Marcel-Deflandre a réalisé neuf matches à guichets fermés cette saison

Le stade Marcel-Deflandre a réalisé neuf matches à guichets fermés cette saisonIcon Sport

Fidèle et promoteur des valeurs stadistes, Vincent Merling a, dès le début de son mandat, insisté sur la formation. "Il faut pour cela de la patience", souligne Jean-Michel Blaizeau. "On ne sort pas un joueur du jour au lendemain. Le club s’est ainsi doté d’un centre de formation en 1995, la première promotion est celle de la génération de Jean-Baptiste Élissalde." Depuis 2010, l’un des axes de développement a concerné les infrastructures, afin de se munir d’un outil à la mesure du Top 14, un stade de 15 000 places, dont il n’est plus nécessaire de vanter l’engouement (neuf guichets fermés l’an passé). Du public, comme des partenaires, arrivent à présent du grand Ouest : le club a élargi sa zone de chalandise, l’une des stratégies pour la croissance du budget.

La création d'un centre de performance

Fin juin, Vincent Merling, accompagné de Pierre Venayre, son directeur général, et de Patrice Collazo, l’entraîneur en chef, présentaient le projet "Écrire notre histoire 2020" pour les quatre prochaines saisons. Outre la nouvelle identité visuelle et appellation (Stade rochelais stricto sensu), l’un des axes forts énoncés est la création du centre de performance Apivia Parc, du nom de la mutuelle santé niortaise. À l’été 2017, devrait sortir de terre, à quelques centaines de mètres de Marcel-Deflandre, un centre qui concentrera l’ensemble des éléments (sportif, terrain, soins, logistique, salle de vie, etc) nécessaires à une équipe de haut niveau. Il s’agit d’un cap important pour Vincent Merling et le Stade rochelais qui se veut "ambitieux mais pas prétentieux "afin d’exister dans le Top 14, de préférence dans le haut du classement.

Le projet 2020 est donc le dernier-né d’un président toujours aussi enthousiaste pour son club. "Il sait trouver des solutions, en transposant ses qualités de chef d’entreprise au Stade rochelais", termine M. Blaizeau. "Il a deux facultés : anticiper et rebondir. Anticiper, car il y a un chemin, on le voit avec les plans de développement. Rebondir, car le club a toujours su retrouver l’Élite après les relégations de 2002 et 2011". Homme de la continuité (avec Patrice Collazo et Xavier Garbajosa jusqu’en 2020 notamment), Vincent Merling agit plus qu’il ne parle. L’inverse ne lui aurait pas permis de faire de son club une place forte du rugby français.

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