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Toulon: 5 à 6 mois de prison avec sursis requis contre Steffon Armitage

Armitage: "J'avais trop bu... Je ne me souviens de rien"

Le 10/02/2015 à 17:34Mis à jour Le 10/02/2015 à 18:50

Steffon Armitage comparaissait devant le tribunal correctionnel de Toulon ce mardi. Il était appelé à la barre pour répondre de faits de violences en réunion ayant entrainés plus de 40 jours d'ITT. Le procureur a requis 5 à 6 mois d'emprisonnement avec sursis ainsi qu'une amende de 5 000 €. La décision du tribunal sera connue le 24 février prochain.

Le pas hésitant, enfoncé dans son pull noir sur chemise blanche et cravate, Steffon Armitage s'est présenté devant le tribunal correctionnel de Toulon, ce mardi en début d'après-midi. A la barre, la voix du troisième ligne toulonnais est timide, parfois chevrotante. L'Anglais comparait pour une affaire de violences en réunion ayant entrainé plus de 40 jours d'interruption temporaire de travail (ITT). Les faits se sont produits le 14 décembre dernier dans un établissement de nuit sur les plages du Mourillon. Ce soir-là, joueurs et staff du RCT célèbrent leur victoire face à Leicester, en Coupe d'Europe. Une troisième mi-temps arrosée, qui tourne au cauchemar pour un autre client de l'établissement. David. P., professeur de tennis britannique de 35 ans, se trouve sur place avec deux amies. Dansant avec une jeune femme, il voit deux individus venir à lui. La suite, la présidente la raconte pour lui. "Vous n'avez aucun souvenir, notamment en raison des blessures qui vous ont été infligées", rappelle-t-elle. Selon les témoignages, cet homme est poussé au sol. "Vous êtes frappé par deux personnes avant qu'une troisième ne vienne également vous porter des coups de pieds", poursuit la magistrate. "J'ai été mis dehors par les videurs, avant que mes amies n'appellent les pompiers", explique cependant David qui dépose plainte dès le lendemain.

Armitage: "Je suis peut-être tombé sur quelqu'un que j'aurais pu blesser à cause de ma carrure"

Bilan pour ce trentenaire: deux fractures au visage et un arrêt de travail qui court encore jusqu'au 15 février. Aux policiers venus sur place, les deux amies de David, témoins de l'agression, révèlent les faits décrivant l'un des agresseurs ainsi: "corpulent, cheveux courts bruns, 1m75, type européen". Pas vraiment le portrait robot de Steffon Armitage. "L'enquête a été bâclée. Il n'y a rien", s'insurge l'avocat de la défense au moment de sa plaidoirie. "Le seul reproche que l'on fait à mon client, c'est d'être tombé durant la soirée", estime-t-il.

Le troisième ligne varois Steffon Armitage

Le troisième ligne varois Steffon ArmitageIcon Sport

A la barre, Steffon Armitage ne nie pas mais reste vague. "J'avais trop bu. Je ne me souviens de rien à cause de l'alcool. Je suis peut-être tombé et je suis peut-être tombé sur quelqu'un que j'aurais pu blesser à cause de ma carrure", tente-t-il d'expliquer. "Une ivresse et des pertes de mémoire sélectives", s'offusque l'avocate de la partie civile. Reste que les témoignages se sont pas légion dans cette histoire. En effet, sur la dizaine de salariés de l'établissement, tous ont affirmé n'avoir rien vu ni constaté ce soir-là. "Une omerta", que dénonce la procureur de la République ainsi que l'avocate du plaignant. Tous sauf une. Une barmaid se souvient avoir vu "Steffon Armitage tomber et se faire relever par Ali Williams. Il semblait être saoul", lit la présidente. Et l'avocat de la défense d'interroger: "C'est incroyable qu'à aucun moment dans la procédure Ali Williams soit entendu, si jamais des coups ont été échangés à ce moment-là, il était le premier témoin".

Le nom de Chiocci revient dans la mêlée

A l'intérieur de la boite de nuit, personne n'a vu Steffon Armitage porter des coups à David P. Seul élément à charge contre le troisième ligne: son attitude en dehors de l'établissement. "Quand j'attendais les pompiers sur un banc à l'extérieur, une homme est venu me parler. Je n'ai pas bien compris, mais cela semblait être des menaces", se souvient David qui reconnaitra cet homme comme étant Steffon Armitage, quelques temps plus tard. Une témoin assurera aux enquêteurs avoir entendu le joueur toulonnais dire: "t'as bien compris, t'as intérêt à ne pas porter plainte". "C'est assez éloquent non ?", questionne l'avocate de la partie civile. Pas aux yeux de maitre Lambert en tout cas. Au fil de sa plaidoirie, l'avocat du joueur toulonnais relit certains témoignages et tourne les projecteurs vers un autre homme: Xavier Chiocci.

Mis en garde à vue en même temps que son coéquipier, le pilier gauche avait été relaxé dans cette affaire. "Steffon Armitage, malgré ses larges épaules, ne porte pas toute la responsabilité dans cette histoire", admet même la procureur. C'est le témoignage d'un pompier, que l'avocat d'Armitage met en avant. "Les pompiers n'ont été entendus qu'un mois après les faits déjà. Et l'un d'eux a assuré avoir vu monsieur Chiocci sortir de la boite et clamer "j'ai été con, je me suis bagarré"". Avant de rappeler que le pilier gauche avait assuré dans son audition "ne pas avoir passé la soirée avec ses coéquipiers mais avoir rejoint d'autres amis dans ce même établissement". Les deux autres agresseurs de David P. n'ont pas été identifiés par les témoins comme des joueurs du RCT... Si la décision du tribunal a été mise en délibérée et ne sera connue que le 24 février prochain, le ministère public dans ses réquisitions a demandé 5 à 6 mois d'emprisonnement avec sursis ainsi que 5 000 € d'amende à l'encontre de Steffon Armitage. Reste à savoir si le tribunal suivra cela.

Xavier Chiocci, pilier gauche de Toulon

Xavier Chiocci, pilier gauche de ToulonIcon Sport

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