• Aretz Iguiniz, le pilier de Bayonne
    Aretz Iguiniz, le pilier de Bayonne
  • Iguiniz, auteur d'un essai lors du match aller
    Iguiniz, auteur d'un essai lors du match aller

Retour aux sources pour Iguiniz, le couteau suisse de Bayonne

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Avec l'absence de Gert Muller et le départ de Giorgi Jgenti, Aretz Iguiniz va retrouver le poste de ses débuts à droite de la mêlée bayonnaise face au Stade français.

À droite de sa première ligne, l’Aviron bayonnais doit faire face à une situation inhabituelle avec ses deux premiers choix du début de saison hors course. D’un côté le titulaire Gert Muller a écopé d’un troisième carton jaune lors du dernier déplacement à Toulon et se retrouve suspendu pour un match. De l’autre, Giorgi Jgenti a quitté un club dans lequel il n’a jamais réussi à s’adapter… et vice versa. Derrière figure bien le jeune Lapeyrade. Mais ce dernier est toujours en phase d’apprentissage et n’est pas en mesure d’assurer à lui seul le poste. À Bayonne lorsqu’un problème survient en première ligne, la solution s’appelle souvent Aretz Iguiniz.

Le basque est un pilier à l’ancienne. Un de ceux capable de jouer indifféremment à gauche comme à droite. J’ai commencé à jouer à droite , rappelle-t-il. Lorsqu’il débuta dans l’effectif pro en 2005, il était effectivement enregistré comme pilier droit avec le Samoan Tomuli et le Sud-Africain Wessel. Rarement titulaire à ses débuts, Iguiniz était sur le banc lorsque les feuilles de match comportaient 22 joueurs avec un seul pilier remplaçant. J’étais le polyvalent, celui qui jouait vingt minutes à gauche et vingt minutes à droite. En 2008-2009, au passage à 23 avec deux piliers remplaçants, il fallait faire un choix. Ce fut le côté gauche. À droite, l’Aviron avait recruté Rodney Blake et Denis Avril. Iguiniz fit une très bonne saison à gauche récompensée par une sélection avec France A pour une tournée en Roumanie. Depuis il n’a plus quitté le côté gauche. Jusqu’à aujourd’hui, où il lui est demandé de finir la saison à droite.

Un véritable test face au Stade français

Ce changement de côté n’est pas pour déplaire au basque,homme de défi: Je suis content de jouer pilier droit. Ça fait du bien de changer. Je repars dans une nouvelle aventure. À gauche je ne réfléchissais plus, je connaissais tous les droitiers du championnat, leurs forces et leurs faiblesses. Là je suis un peu plus dans l’inconnu. Il faut aujourd’hui de la confiance et des repères. À gauche on met la pression, à droite on prend la pression du pack adverse. Iguiniz a toujours dans un coin de la tête les réflexes du poste qui ne tarderont à revenir très vite. Seul changement notoire avec la période de ses débuts à droite, les commandements. Avant, il y avait l’impact et on pouvait se placer après cet impact. Maintenant, on est tellement proche qu’il faut arriver à se placer avant, explique-t-il. La trentaine passée, Iguiniz s’avance vers ce nouveau challenge avec la sérénité de dix ans de carrière au plus haut niveau: Quand ça se passe bien, c’est agréable de jouer à droite. Si ça se passe mal,il faut baisser la tête, se relever et être prêt à inverser la tendance sur la mêlée suivante.

Iguiniz, auteur d'un essai lors du match aller
Iguiniz, auteur d'un essai lors du match aller

Le pilier basque et la mêlée bayonnaise ont rendez-vous samedi soir avec la mêlée parisienne. Celle qui est l’une des références du Top 14 viendra avec l’envie d’effacer l’affront du match aller où elle fut bousculée comme rarement dans son stade, par une premoère ligne basque Iguiniz-Etrillard-Jgenti. Un véritable test d’aptitude pour cette première ligne bayonnais restructurée en interne (Van Rensburg et Pointud à gauche, Muller, Iguiniz et Lapeyrade à droite). Les bayonnais sauront ainsi s’ils sont suffisamment armés dans ce secteur pour assurer la mission maintien. En cas de réponse positive, cela pourrait également interroger les recruteurs de l’Aviron sur la nécessité d’un pilier droit supplémentaire pour la saison prochaine. Sur un marché aussi tendu et concurrentiel que celui des droitiers, cette solution interne ne serait pas pour déplaire aux dirigeants d’un club soucieux de la moindre dépense.