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Top 14, Bordeaux-Bègles - Laurent Marti: "Ntamack, j'ai sauté sur l'occasion"

Marti: "Ntamack, j'ai sauté sur l'occasion"

Le 19/06/2015 à 13:55Mis à jour Le 19/06/2015 à 14:06

Pour remplacer Vincent Etcheto dont il s'est séparé la semaine dernière, le président de l'UBB Laurent Marti a donc fait le choix d’Émile Ntamack, ancien ailier international et ancien entraîneur des arrières de l'équipe de France, au profil offensif dont il espère qu'il aidera son club à franchir un nouveau cap.

Pourquoi vous êtes-vous séparé de Vincent Etcheto ? 

Laurent MARTI: A contre cœur après un moment difficile et pénible car on a partagé six ans de vie commune à travers ce club. Je suis allé chercher Vincent au Boucau qui descendait en Fédérale 2 quand personne n'y croyait trop. Il a appris son métier d'entraîneur ici en se nourrissant des différents partenaires, collaborateurs, joueurs qu'il a pu croiser. On est arrivé à un point de désaccord qui voulait que j'attendais plus de Vincent. Il n'était pas convaincu par mes arguments, je n'étais pas convaincu par les siens, c'est un peu comme un couple qui a été très heureux ensemble et qui malheureusement d'un coup, s'entend un petit peu moins bien et ne partage pas la même vision de fonctionner.

Vincent Etcheto a dit qu'il respectait votre décision et qu'il ne la comprenait pas...

L.M: Et moi je trouve injuste qu'il la trouve injuste. J'ai trouvé injuste qu'on ne puisse pas aller plus loin ensemble, j'ai trouvé injuste qu'on n'insiste pas assez sur la chance que l'on a donnée à Vincent de pouvoir grandir, de pouvoir lancer sa carrière et de se faire un nom et une image à travers l'UBB. 

" Émile vient à l'UBB parce que le Stade toulousain n'a pas pu lui offrir un poste et il me l'a dit clairement"

La qualification en Champions Cup a-t-elle failli changer la donne pour lui ? 

L.M: Non, ce qui a failli changer la donne pour Vincent, c'est mon attachement à lui, c'est tout simplement ça. A un moment donné, c'est toute l'ingratitude de mon rôle, je dois prendre des décisions pour le bien du club et pas en fonction de mon affect. 

Le président de l'UBB, Laurent Marti, face à la presse - 19 juin 2015

Le président de l'UBB, Laurent Marti, face à la presse - 19 juin 2015Icon Sport

Vous lui avez trouvé un successeur en la personne d’Émile Ntamack...

L.M: Oui, il nous rejoint pour trois ans. Émile vient à l'UBB parce que le Stade toulousain n'a pas pu lui offrir un poste et il me l'a dit clairement. On est ravi de son arrivée car on a affaire à un redoutable compétiteur, un champion, un garçon qui a envie de gagner, qui avait même oublié de me parler d'argent avant de me donner sa décision quasiment. Son nom est sorti du chapeau au dernier moment car longtemps lui-même a cru qu'il aurait un poste au Stade toulousain. On a quelques amis en commun à Toulouse et un jour j'ai reçu un texto me faisant comprendre qu’Émile, un peu déçu de ne pas être au Stade, avait un club qui pouvait l'intéresser et c'était l'UBB. J'ai sauté sur l'occasion. C'est quelqu'un que je suivais quand même un petit peu de loin. Il avait toutes les qualités un jour pour faire un très bon entraîneur de club. 

" Quand je me disais que l'issue avec Vincent risquait d'être fatale, cet hiver j'avais privilégié une piste qui n'a pas pu se réaliser"

Quelle est la feuille de route d’Émile Ntamack chez vous ? Il doit s'inscrire dans quel rugby, dans quel jeu  ? 

L.M: Je n'ai passé qu'une année en juniors Reichel au Stade toulousain mais c'est un club qui m'a vraiment marqué. J'avais été réellement impressionné par Villepreux et Skrela et Émile est un enfant du Stade toulousain, il baigne dans ce jeu-là. Bien évidemment on a parlé que de rugby offensif, on y a rajouté ce grand esprit de compétition et cette volonté de gagner les matches pour franchir les étapes et un jour espérer décrocher le titre suprême. Donc la feuille de route a été le choix d'un rugby offensif, ce que nous faisons depuis le début ici à l'UBB et cette volonté de toucher les sommets.    

Le nom de Ntamack est sorti du chapeau récemment mais vous aviez d'autres noms pour remplacer Etcheto ? 

L.M: Oui, tout à fait. Quand je me disais que l'issue avec Vincent risquait d'être fatale, cet hiver j'avais privilégié une piste qui n'a pas pu se réaliser. Du coup, on s'est retrouvé à repartir de zéro et Émile est sorti du chapeau à ce moment-là, et c'est bienvenu, je vous l'avoue.

Laurent Marti (UBB) a annoncé la venue d'Emile Ntamack

Laurent Marti (UBB) a annoncé la venue d'Emile NtamackIcon Sport

L'objectif est d'être absolument dans les six la saison prochaine ? 

L.M: On veut essayer de faire mieux, le problème c'est qu'on a le désagréable sentiment que ça va être plus compliqué l'année prochaine que cette année et que c'est peut-être cette année qu'on a loupé l'opportunité de faire 6e même s'il faut saluer l'incroyable saison d'Oyonnax. Ils ont vraiment mérité leur 6e place et ils l'ont prouvé à Toulouse où ils méritaient de gagner. On trouve que l'on s'est renforcé mais que les gros se sont encore plus renforcés. Aujourd'hui ce serait trop prétentieux de dire qu'on veut être absolument 6e. On doit se fixer cet objectif tout en se disant qu'au bout de 8 ou 9 journées, on verra si les forces en présence nous permettent réellement de viser cette 6e place ou si, manifestement, il y a du trop lourd devant nous. 

" On espérait un Munster, un Leinster, un Saracens, une grosse équipe d'Europe, prestigieuse, connue du grand public alors que là, on tombe contre les Ospreys et Exeter"

Pour votre première participation en Champions Cup, vous tombez dans une poule (Clermont, Ospreys, Exeter) plutôt jouable...

L.M: C'est exactement la poule que l'on ne voulait pas. A part Clermont car on savait qu'on aurait un club français, autant avoir Clermont qui est un club prestigieux, qui est toujours agréable à jouer avec des spectateurs fabuleux, c'est la seule bonne nouvelle. Pour le reste malheureusement, on espérait un Munster, un Leinster, un Saracens, une grosse équipe d'Europe, prestigieuse, connue du grand public alors que là, on tombe contre les Ospreys et Exeter qui sont moins connues du grand public mais qui sont redoutables avec un jeu mieux organisé que l'UBB. Cela nous fait donc penser que l'on va avoir du mal à battre ces équipes et qu'on n'aura pas cette excitation de jouer contre des très gros. C'est la poule piège par excellence car le public ne comprendra peut-être pas que l'on puisse perdre contre ces équipes, moins que si cela avait été le Munster, le Leinster ou les Saracens. En même temps, elles ne sont pas très loin donc on pourrait être tenté de se qualifier si ça démarre bien. Mais bon, on sait qu'on est nouveau en Champions Cup, encore un peu fragile en Top 14. Il faudra veiller à ne pas se griller.

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