Icon Sport

Demi-finale de Top 14 - RCT-Stade français (16-33): Cela devait bien arriver un jour à Toulon...

Cela devait bien arriver un jour à Toulon...

Le 07/06/2015 à 14:41Mis à jour Le 08/06/2015 à 15:56

TOP 14 - Peu de munitions, une opposition performante, Jerry Collins dans les têtes: pour la première fois en trois ans, Toulon est passé à côté d'un match de phase finale. Rare mais humain.

C'est l'histoire d'un vestiaire pas comme les autres, celui de guerriers invincibles depuis trois ans au moment où cela compte vraiment. Défaits par plus forts qu'eux, les Toulonnais se sont retrouvés dans cet espace intime, silencieux, sans savoir vraiment quoi faire, quoi penser. "On s'est regardé, on ne savait pas comment réagir, on a accusé le coup car on n'a pas l'habitude, plus l'habitude", raconte le deuxième ligne Joselino Suta. "C'est un sentiment d'inachevé car on aurait aimé écrire une autre histoire, marquer encore plus notre empreinte. Ce groupe aime la gagne, il déteste perdre. Aujourd'hui, il y a la déception, on ne va pas se taper la tête contre les murs, mais ça fait bizarre".

Bizarre comme le scénario de cette journée pesante, éprouvante pour les Varois qui ont connu, côtoyé Jerry Collins, ancien troisième ligne all-black décédé le matin même avec sa femme dans un accident de la route près de Béziers. Le plus impacté, le plus soutenu et entouré, Chris Masoe, son cousin, son témoin de mariage l'été dernier, à la coupe peroxydée en hommage, à la volonté farouche de se battre pendant 80 minutes alors que certains, comme le manager Bernard Laporte, n'aurait peut-être pas eu la force de jouer ce match. "Ce décès nous a miné le moral", confirme Suta qui a joué une saison avec lui, "mais il n'y a pas d'excuse non plus. Il fallait bien passer au delà, on a essayé d'évacuer ça".

Chris Masoe a rendu hommage à Jerry Collins

Chris Masoe a rendu hommage à Jerry CollinsIcon Sport

Jouer pour Jerry, un autre levier pour ce RCT bardé de titres, qui a appris à haïr la défaite, qui est entré parfaitement dans son match mais curieusement a été rattrapé par un Stade français devenu sa bête noire attitrée cette saison (3 victoires à 0), porté par une agressivité, en conquête, dans les rucks, qui a fait plier le triple champion d'Europe. "On n'a pas été à la hauteur, on a été sevré de ballons, ils ont été agressifs, ils ont très bien contesté, souvent à la limite mais ils ont joué avec la règle", a reconnu le demi de mêlée Sébastien Tillous-Borde.

Mignoni: "Pas inquiet pour le club car il y a un recrutement encore haut de gamme"

Principal secteur visé, la mêlée, chahutée et arbitrée à une sauce bien française qu'on pensait révolue. C'est un comble que 80 minutes durant, aucune mêlée sur introduction toulonnaise n'ait pu se jouer. La mêlée est assez paradoxale, a constaté le pilier Alexandre Menini. "Cela a 'chacaillé' sur des entrées, l'épreuve de force a rarement eu lieu, cela a été en notre défaveur. Est-ce qu'il y a eu des a priori avant le match car ils ont une très grosse mêlée?" Ce lancement de jeu en moins, une conquête en rade, avec une touche qui grince comme, tel un symbole, la dernière volée à quatre minutes de la fin par Sergio Parisse sur une penaltouche à cinq mètres de la ligne du Stade. Sans parler de la bataille des rucks, habituel petit plaisir personnel de Steffon Armitage, supplanté dans ce registre sous les yeux du sélectionneur par Antoine Burban notamment, auteur de l'essai tournant du match juste avant la pause.

Toulon sans solution face au Stade français en demi-finale de Top 14

Toulon sans solution face au Stade français en demi-finale de Top 14Icon Sport

"Ce qui nous tue, c'est cet essai", confirme Suta. "C'est un ballon que l'on perd bêtement. Psychologiquement c'est dur, c'est ce qui s'est passé aussi en finale de Coupe d'Europe, on avait marqué un essai à ce moment là contre Clermont, il avait été très important. On perd un peu le fil du match à ce moment là, et mentalement eux étaient bien". "Paris était au dessus de nous pratiquement dans tous les secteurs, c'est donc difficile de gagner des matches quand tu es en dessous", résume l'entraîneur des arrières Pierre Mignoni.

Toulon sans munitions, sans solution, sans fraîcheur, avec des leaders de jeu pas tout à fait dans leur assiette, voilà les détails qui ont fait basculer cette demie et siffler "la fin d'une époque" évoquée par ailleurs par Laporte. "Il y a des joueurs importants qui arrêtent comme Ali (Williams) et Bakkies (Botha), Chris (Masoe) qui s'en va, il y a une petite génération qui part mais je ne suis pas inquiet pour le club car il y a un recrutement encore haut de gamme avec des joueurs qui vont venir dans un club où on a qu'une envie, gagner des titres. C'est ce que l'on a fait cette année même si aujourd'hui ça s'arrête", conclut Mignoni, lui aussi sur le départ.

Contenus sponsorisés
0
0