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Top 14 - Bayonne: histoire d’une délocalisation à Bilbao

Bayonne: histoire d’une délocalisation à Bilbao

Le 17/12/2014 à 10:24Mis à jour Le 17/12/2014 à 10:31

Après le stade Anoeta de Saint Sébastien, l’Aviron bayonnais jouera un match au stade San-Mames de Bilbao lors de la saison 2015-2016. Cette délocalisation aurait pu avoir lieu pour la venue du Racing-Métro le 25 mars 2015, mais devant le manque de temps pour l'organiser comme il se doit, à 150 kilomètres de Bayonne, l’idée a été repoussée à la saison 2015-2016.

Samedi dernier, le quotidien basque Deia en faisait l’un de ses titres à la une: "San Mames accueillera pour la première fois un match de rugby professionnel". L’affirmation fait suite à l’annonce en juin dernier par le président bayonnais Manu Mérin de la possibilité d’une telle délocalisation à l’invitation "de la mairie de Bilbao, du gouvernement Basque et du club de football de l’Athletic Bilbao", trois des cinq membres du conseil d’administrations du nouveau stade San Mames, inauguré en 2013. Les deux autres sont la Kutxa Bank et la Diputacion Foral de Biscaye (équivalent du Conseil régional). Cette première annonce avait vu une vive polémique naître entre Saint-Sébastien et Bilbao, les deux grandes villes du Pays Basque espagnol qui n’ont de cesse de se disputer le leadership. À l'idée de voir Anoeta perdre un événement important, Josu Ruiz, adjoint au sport de la mairie de Saint-Sébastien (Bildu, gauche nationaliste) déclara dans les colonnes du quotidien El Mundo: "Ce serait une énième bêtise du gouvernement basque pour tenter de punir notre ville au profit de Bilbao". Le gouvernement basque et la ville de Bilbao sont d'ailleurs gouvernés par le même parti politique: le PNV, nationalistes modérés et opposants de Bildu.

Relations refroidies avec Saint-Sébastien?

L’anecdote montre à quel point une délocalisation n’est pas seulement profitable aux clubs de rugby. "La diffusion sur la télévision française, voir 40.000 personnes venir sur une journée, c’est une très bonne opération pour Bilbao et sa région", souligne un fonctionnaire de la mairie de Bilbao. Malgré l’accrochage politique autour de cette délocalisation, San-Mames devrait bien accueillir un match de Bayonne lors de la saison 2015-2016. Cela viendra alimenter l’histoire de la rivalité entre les deux villes basques et devrait refroidir pour un temps les relations entre l’Aviron bayonnais et San Sebastian. Mais pas au point de refuser l’accès d’Anoeta à Bayonne dans l’avenir.

San-Mames, Bilbao

San-Mames, BilbaoIcon Sport

Du côté de l’Aviron bayonnais, les dirigeants peuvent se frotter les mains. La perspective de jouer dans ce stade flambant neuf de 53.000 places peut être l’occasion d’une belle affaire. L’Aviron veut disposer gratuitement du stade. Bilbao est prêt à l’accepter. À l’image de ce qu’elle a fait au niveau de la culture avec le musée Guggenheim, la capitale de la Biscaye souhaite devenir le lieu de grands événements sportifs. "Un match de rugby de Bayonne peut être l’occasion de démontrer que San-Mames et Bilbao peuvent accueillir autre chose qu’un match de football de l’Athletic Bilbao", analyse Alain Laiseka, chef des sports du quotidien Deia. San-Mames sera par ailleurs le siège d’un match du championnat d’Europe des Nations en 2020, et s’affirme d’ores et déjà auprès de l’UEFA comme candidat pour accueillir une finale de Coupe d’Europe.

Une opération qui dépasse le cadre du rugby

Pour Bayonne l’opération est aussi intéressante en termes d’image. Depuis le retrait partiel d’Alain Afflelou en tant que partenaire, le club bayonnais a dû baisser son budget. Une somme estimée à un peu plus de deux millions d’euros que l’Aviron souhaiterait rapidement retrouver. Si l’Aviron poursuit ses recherches en France, le club s’active aussi chez ses proches voisins du Pays Basque sud. Un territoire de plus de deux millions d’habitants, à fort potentiel malgré la crise et qui jusque-là a été bizarrement ignoré par l’Aviron bayonnais comme par le Biarritz olympique. La Biscaye est pourtant le siège de très grandes entreprises comme Iberdrola, troisième entreprise d’énergie dans le monde, ou la banque Kutxa Bank. En venant à San-Mames, Bayonne va s’offrir une belle occasion de booster ses relations dans la région. Actuellement, l’Aviron est déjà en négociations avancées avec la branche tourisme du gouvernement basque pour voir l’an prochain "Basque Country" floqué sur le torse de ses maillots.

Cette délocalisation à Bilbao devrait également servir de campagne de promotion pour le rugby au Pays Basque Espagnol. "Au-delà de l’aspect économique important pour tout le monde, on veut que ça serve au rugby du pays basque", déclare Manu Mérin. "D’ailleurs, un vrai projet de collaboration avec les clubs d’Hegoalde est en route. Jean-Michel Gonzalez rencontrait lundi soir ces clubs et la fédération basque de rugby".

Reste désormais à l’Aviron bayonnais, à Bilbao et au rugby basque de réussir le tour de force de remplir au maximum ce stade San-Mames d’une capacité de 53.000 places. Lors de sa dernière délocalisation à Saint Sébastien (55 kilomètres de Bayonne) pour la rencontre face au Stade français au mois d’avril 2014, 23.000 personnes s’étaient déplacées au stade Anoeta (32.000 places). "C’est osé, mais ce serait le premier événement qui réunirait véritablement Bilbao et Bayonne, deux villes proches. Ça dépasse le cadre du rugby", sourit confiant Manu Mérin, qui, en son temps de président de l’Aviron bayonnais FC (1992-2009), avait déjà noué de forts liens avec l’Athletic Bilbao.

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