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Top 14, Biarritz (BOPB) - Laurent Rodriguez: "Je suis inquiet"

Rodriguez: "Je suis inquiet"

Le 05/02/2014 à 08:42Mis à jour Le 05/02/2014 à 10:11

Laurent Rodriguez a abondonné son costume de Manager au Biarritz olympique. C’est dans la peau du co-entraîneur de l’équipe pro qu’il s’exprime aujourd’hui avant le déplacement à Toulon et dans une période où le dernier du classement s’attend à voir partir une grande partie de son effectif à l’intersaison.

Comment le Biarritz olympique s’est-il retrouvé après une semaine de vacances?

Laurent RODRIGUEZ: Lundi pour la reprise, il y a eu une première partie physique avec des courses longues pour essouffler les joueurs. C’était un peu chargé peut-être, car les gars ce matin avaient un peu les jambes lourdes. Le problème est que malgré une semaine de congé, le groupe est encore restreint. On avait 21 pros à l’entraînement et il a fallu qu’on attende le milieu de matinée pour récupérer des espoirs pour pouvoir faire du rugby. Ça continue. Ce matin je devais faire des touches et des mêlées, mais je n’avais qu’un deuxième ligne avec Lockley. Il me manquait Imanol (Harinordoquy) qui s’est fait une petite contracture à un mollet et je ne le récupérerai que jeudi. Erik Lund passait un examen à l’oeil. Mathias Marie avait une petite contracture également. J’ai pu faire la vidéo ce matin et c’est tout. On travaillera les touches en profondeur jeudi, et le match va ensuite vite arriver.

Est-ce une préparation suffisante pour aller à Toulon?

L.R: Bien sûr que non. Alors, on a insisté sur le discours à la vidéo. J’ai fait prendre conscience aux joueurs que ça allait être dur, car après la déconvenue qui a été la leur à Brive ils se doivent de se ressaisir. Et quand cette équipe tourne plein pot ça peut faire mal. De temps en temps ils ont un engrenage qui patine, mais c’est rare. Malheureusement, ils vont vouloir se refaire la cerise quand on va là-bas. Ça va être dur. On va prendre du groupé pénétrant en veux tu en voilà, car là-dessus ils se sont fait massacré à Brive. En Corrèze, ils s’étaient mis en congé avant l’heure et contre nous ils ne le seront plus, c’est la différence.

" Il vaudrait mieux étudier le plan B, c'est-à-dire la descente en Pro D2"

Vous avez plusieurs casquettes au BO. Que fait le manager Laurent Rodriguez aujourd’hui pour préparer la saison prochaine?

L.R: La partie manager, je ne m’en occupe plus du tout. Aujourd’hui, ce sont Serge Blanco et Pierre Bousquié (directeur du BOPB) qui s’en occupent, mais c’est surtout Serge. Sur le contenu de la saison prochaine, je n’en sais pas plus que vous. Actuellement je ne me projette pas moi-même puisque je suis comme les joueurs: je ne sais pas si j’en ferais partie l’an prochain.

Êtes-vous inquiet pour l’avenir du BO avec ces nombreux départs qui s’annoncent?

L.R: Oui bien sûr que je suis inquiet. Il ne se passe pas un jour sans que je voie sur le journal un joueur qui s’en va. Je suis impuissant à ces départs. Top 14 ou Pro D2, la proposition n’est évidemment pas la même, même s’il est certain qu’il vaudrait mieux étudier le plan B, c'est-à-dire la descente en Pro D2. Serge Blanco a été clair au niveau des joueurs : "qu’est ce que vous voulez que je vous propose comme contrat ? Un contrat de Top 14 ou un contrat de Pro D2?" Le problème est qu’on attaque février et les joueurs ont besoin de savoir où ils seront l’an prochain. Ils ont une crainte qui est logique. Cette crainte-là leur fait prendre des décisions à la va-vite qui les conforte dans le fait d’avoir un contrat de deux ans ailleurs. Mais c’est dommage pour certains, car ils ne feront peut-être pas le bon choix.

Déception Biarritz Stade français - 4 janvier 2014

Déception Biarritz Stade français - 4 janvier 2014Icon Sport

Biarritz a-t-il aujourd’hui des difficultés à recruter?

L.R: Pour être clair, on ne peut plus aspirer à avoir les joueurs de même qualité que Toulon, Clermont, Toulouse,... J’imagine qu’aujourd’hui Serge Blanco étudie ce plan B avec forcément un budget à la baisse, ça veut dire des salaires à la baisse. Si autrefois à proposition égale, on arrivait à faire basculer la décision d’un joueur pour venir vivre à Biarritz, aujourd’hui la différence est trop grande. C’est difficile désormais d’attirer un joueur expérimenté avec un bagage et avec une ambition sportive qu’on ne peut pas lui assurer.

" Tout le monde connait l’amitié que j’ai avec Serge"

Avez-vous envie de continuer?

L.R: J’avais accepté de prendre le rôle d’entraîneur parce que j’aime mon club. Tout le monde connait l’amitié que j’ai avec Serge (Blanco, ndlr). Je suis venu pour rendre service dans un premier temps. Est-ce que je continuerai? Oui si Serge me le demandait bien sûr. Mais aujourd’hui la question ne se pose pas. C’est plus une question à poser à Serge.

À vous écouter, on a l’impression qu’il n’y a pas beaucoup de communication dans le club. Parlez-vous toujours avec Serge Blanco?

L.R: On se parle. On est en attente de ce que va nous dire Serge. Personnellement, je comprends. Il y a du boulot derrière. Il faut faire le tour des partenaires pour savoir si on descend qui sera encore là. Il faut d’abord s’assurer la continuité du partenariat et en fonction de ça des propositions pourront être faites. Mais ça n’est pas mon domaine, je ne m’occupe pas du commercial. C’est pour ça que ça met du temps. Personnellement, je suis comme les joueurs, est-ce qu’une proposition me sera faite avec un rabais? Je n’en sais rien. Le budget ne sera pas le même et forcément les salaires non plus. Le retard pris n’arrange pas les choses. Malheureusement aujourd’hui on subit ce que nous étions capables de faire à une certaine époque : regarder dans les équipes du bas quels sont les joueurs que l’on peut récupérer.

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