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Le Stade toulousain a répondu par un cinglant 0-22

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Très entreprenant mais longtemps inefficace, Toulouse a su profiter de l'apport de son banc de touche pour remonter un handicap de 22 points. Notre antisèche.

Le jeu: Un rythme incroyable

Quel match ! Ce clasico s’est déroulé sur un rythme intense. Et dès le coup d’envoi, Toulouse a annoncé la couleur avec une percée de McAlister. S’en est suivi une orgie de jeu, de part et d’autre. Supérieur en termes de possession, Toulouse a eu énormément de mal à conclure ses actions, en se montrant notamment défaillant dans le jeu au sol. Tout le contraire du Stade français, réaliste à souhait et sur un nuage dans le premier acte, ponctué avec une avance de 19 unités. Et si cette rencontre a atteint des sommets, c’est que Toulouse n’a jamais fermé le jeu et a cru à son retour au score. Celui-ci a mis du temps à intervenir, certes, mais ce résultat nul est totalement mérité pour Toulouse qui s’est dépensé sans compter. Paris, lui, peut s’en vouloir d’avoir connu un gros passage à vide en seconde période.

Les joueurs: Qera omniprésent, Dupuy décisif

Julien Dupuy a rayonné dans le premier acte. Le demi de mêlée parisien a dynamisé le jeu de son équipe et a réussi de nombreux gestes de classe. Il s’infiltre dans un trou pour le premier essai du match et offre un caviar à Plisson sur le second. Au pied, il a été très adroit face aux poteaux. Grosse activité de Burban et Nicolas en troisième ligne. Plisson et Bonneval ont apporté beaucoup de danger. Papé, le capitaine du XV de France, a semblé quant à lui émoussé.

Côté toulousain, il a fallu composer avec la sortie prématurée de McAlister (13e). L’ouvreur avait marqué le premier essai de Toulouse mais était responsable sur la réalisation de Dupuy et avait manqué deux tirs au but dans ses cordes. Doussain a bien assuré l’intérim, n’hésitant pas à attaquer la ligne. Énorme prestation de Qera en troisième ligne qui n’a eu de cesse de se proposer dans le jeu courant. Camara a beaucoup plaqué. Le banc de Toulouse a eu un énorme impact, surtout avec les entrées remarquées de Tolofua, Tekori et Picamoles.

Le tournant qui n’a pas eu lieu: L’essai annulé de Gear a été une bénédiction pour Toulouse

On tire rarement du positif d’un essai refusé. Pourtant, les Toulousains ne regretteront certainement pas celui qui leur a été refusé ce samedi en fin de match. Rappel des faits : alors que l’on jouait la dernière minute de la rencontre, Hosea Gear croyait marquer un essai en bout de ligne qui était logiquement refusé car il avait relâché le ballon dans l’en-but sous la pression de Nayacalevu. Le score était alors de 27-20 pour le Stade français et la transformation excentrée aurait été compliquée pour Doussain. Hors, les Haut-Garonnais avaient un avantage en cours et sur l’action suivante, ils marquaient un essai en force par Montès, au pied des poteaux. La suite, on la connaît : transformation facile et match nul arraché durant les ultimes secondes (27-27),

Le tweet qui a tout compris

Sept essais, un rythme incroyable et du suspense, que demander de plus pour une affiche du championnat entre Parisiens et Toulousains au Stade de France. A l’image du match de vendredi soir entre Clermont et Toulon, les joueurs ont offert du spectacle, et on ne va s’en plaindre. Sur Twitter, nombreux amateurs ont apprécié également.

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La stat : 22

Menés de vingt-deux points après une première demi-heure mal négociée (32e, 27-5), les Toulousains ne semblaient alors pas en mesure d’inquiéter les Parisiens. C’était avant la révolte de la bande de Novès, emmenés par un excellent Qera. Plus qu’une reprise en main, les Haut-Garonnais ont réalisé un véritable exploit en réduisant les coéquipiers de Pascal Papé au silence durant le second acte. Et sur le fil, ils ont arraché les deux points du match nul grâce à l’essai transformé de Montès.

La question : Faut-il être inquiet pour le Stade français ?

Depuis quelques matchs, le club parisien semble marquer le pas. Et les statistiques sont là pour le confirmer: sur les cinq derniers matchs, il n’a pris que six petits points. Face à Oyonnax, pour sa dernière réception, il avait frôlé la correctionnelle (29-26). Ce samedi, c’est la première fois de la saison que le Stade français ne gagne pas à "domicile". Ce qui donne un peu plus d’ampleur au résultat nul accroché par les Toulousains. Cela ne devrait pas toutefois remettre en cause la présence des Parisiens lors des phases finales. Mais longtemps dans les deux premiers, les hommes de Gonzalo Quesada voient Toulon et Clermont s’éloigner au fil des journées. L’inquiétude n’est pas forcément de rigueur mais le Stade français va devoir retrouver un second souffle.