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Barrage Top 14, ASMCA-Castres olympique - La drôle de sortie de route de Vern Cotter

La drôle de sortie de route de Vern Cotter

Le 11/05/2014 à 10:44Mis à jour Le 11/05/2014 à 10:48

Pour son dernier match à domicile, Vern Cotter a dû subir la première défaite du club depuis quatre ans et demi. Douloureux, indéniablement.

Vern Cotter est une ode au romantisme à lui tout seul. C'était écrit. C'est un peu comme dans les livres. On se prend de passion pour un héros froid, discret, un peu mélancolique mais déterminé. Tout en sachant pertinemment qu'à la fin, le héros est vaincu par plus fort que lui. Au moment où personne ne s'y attend. Le reflet de la tristesse et du désespoir pouvait se lire sur le crane de l'entraîneur néo-zélandais, casquette pourtant vissée sur le front, dans les couloirs de Michelin. "On est très déçu, je ne sais pas ce que je pourrais vous dire de plus que cela", s'est contenté le chef de meute des Auvergnats. L'œil rouge, l'émotion suintante derrière un visage qu'il tentait de laisser impassible. "Je ne vais pas rester longtemps devant vous", a même prévenu Cotter. Signe d'un homme à deux courts instants de craquer. Plus loin, Julien Bonnaire, présent dans toutes les aventures de son entraîneur, semblait lui aussi accuser le coup. Il aurait voulu offrir une autre sortie à ce Néo-Zélandais passé par Rumilly en Haute-Savoie.

"J'aurais aimé que cela continue un peu plus"

Face à Castres, Vern Cotter disputait son dernier match à Marcel-Michelin en tant qu'entraîneur de Clermont. Évidemment, il a fallu qu'il le perde. "Rien, sinon une défaite, n'est aussi mélancolique qu'une victoire", disait en son temps le Duc de Wellington. Le dernier match de Cotter pour mettre fin à une période d'invincibilité de quatre ans et demi. Le dernier revers des Jaunards devant leur public remontait à novembre 2009. La série était incroyablement belle. Pour que le romantisme gagne un peu plus l'Auvergne, dans son éternelle peau de perdante, il fallait que tout s'achève dans les larmes. Une défaite, un séisme. "J'aurais aimé que cela continue un peu plus, au moins jusqu'au mois de juin", a dit Vern Cotter. La perte de l'invincibilité à domicile ? "C'est fait, c'est le sport". Cotter n'ira pas plus loin dans l'analyse. Trop groggy. Trop touché. Trop déçu. Trop amer. Il lâche tout de même, pour ne pas sombrer dans le pathos et emporter avec lui l'âme de l'ASMCA: "Ce n'est pas la fin d'une équipe. J'ai confiance pour que ça reparte plus fort l'an prochain".

Celui qui avait façonné Clermont a donc quitté les siens sur une défaite. On aura tout le temps d'analyser l'héritage de Cotter en Auvergne. Ce qu'il en reste, ce qui a marché, pas marché. Il était arrivé en 2006, pour reprendre un club en mal de résultats. Pour sa première saison, Cotter emmènera l'ASMCA en finale. Première défaite face au Stade français. L'année suivante, rebelote, face à Toulouse cette fois. La passe de trois confirmera que les Auvergnats sont maudits. Perpignan leur arrachera le Brennus en finale, en 2009. L'année suivante, on s'était dit que cette page était tournée. La Place de Jaude vibrait enfin au son des cris de joie et d'une liesse sans fin. Après dix finales perdues, Clermont avait enfin vaincu le signe indien. C'était un feu de paille. En tout, les Jaunards de Cotter auront perdu quatre de leurs six finales. Cette saison, comme l'an dernier, les pronostics plaçaient les Auvergnats au sommet. La défaite en finale de H Cup face à Toulon l'an dernier a profondément marqué le club. Ce n'est pas cette année que le rachat se fera. Et pour un peu plus enfoncer le clou, le dernier match de Vern Cotter s'est soldé par la première défaite à Marcel-Michelin depuis 77 matches. Une sentence terrible. Un perdant magnifique. A l'image de son équipe, sûrement...

Vern COTTER - clermont Racing Métro - 19 avril 2014

Vern COTTER - clermont Racing Métro - 19 avril 2014Icon Sport

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