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"La tentation de me radier doit être grande"

"La tentation de me radier doit être grande"
Par Rugbyrama

Le 10/01/2012 à 15:22Mis à jour Le 10/01/2012 à 16:16

Après avoir parlé de "sodomie arbitrale" pour qualifier la prestation de M. Berdos à l'occasion du match entre Clermont et Toulon, Mourad Boudjellal, le président du RCT, s'est fait rappeler à l'ordre par Pierre-Yves Revol, le président de la LNR. Mais l'intéressé assume et maintient ses propos...

Que reprochez-vous à M. Berdos sur l'arbitrage de Clermont-Toulon?

Mourad BOUDJELLAL : M. Berdos est sans doute un type bien mais il n'a pas eu les épaules pour tenir les débats sur le terrain quand la pression descendant des tribunes de Michelin s'est faite forte. Sur ce match, il faut connaître parfaitement le rugby pour voir qu'il y a eu une somme d'injustices et de décisions en défaveur de Toulon. Je ne peux pas citer une action précise pour le justifier car ce n'est pas donné à tout le monde de se rendre compte que Toulon a été pénalisé. Le rugby est ainsi fait. On peut arbitrer en défaveur d'une équipe tout au long d'une rencontre sans que cela ne soit vraiment évident.

Êtes-vous conscient des conséquences possibles pour vous ?

M.B. : Je connaissais parfaitement les risques que j'encourais en tenant ces propos, à commencer par celui de perdre ma licence et je me doute que la tentation de me radier doit être grande du côté de la Ligue. On me taxe de vulgarité mais la vraie vulgarité, c'est d'exposer dans son bureau le Bouclier de Brennus gagné en 1993 mais entaché d'erreurs, quand on voit comment Castres avait été arbitré.

Regrettez-vous certains propos ?

M.B. : Non. Cette sortie me fait beaucoup rire. Je n'ai pas parlé de sodomie par hasard, car c'est un mot qui n'est pas utilisé habituellement dans le monde du rugby. J'ai été volontairement provocateur et j'en ai conscience.

Pourquoi ?

M.B. : Car mon ambition est de faire bouger les choses en matière d'arbitrage. L'idée serait que l'argent qui est actuellement utilisé pour les banquets, les notes de frais et les déplacements, tout cet argent généré par le rugby, ne soit plus dilapidé. Il doit être rendu aux joueurs et aux arbitres qui sont les vrais acteurs de ce sport. Au-delà, un organisme comme la DNACG fonctionne très bien car il est indépendant. J'aimerais qu'il existe la même chose en matière d'arbitrage. Cela permettrait aussi d'avoir des prestations de haut niveau de la part des arbitres, surtout si les diplômes étaient plus durs à obtenir, et donc davantage reconnus.

Il existe donc un vrai problème d'arbitrage en France selon vous ?

M.B. : Mais si le salaire des arbitres équivalait au moins aux plus petits salaires des joueurs, on pourrait leur demander en échange d'avoir une condition physique irréprochable. Il pourrait aussi exister un âge limite pour ne plus se faire arbitrer par son grand-père. Mais après cette histoire, ce serait rigolo que j'écope d'une sanction. Je crois que le dernier président à avoir été sanctionné doit être Serge Blanco en 96. Après un noir, un arabe.

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