Toulon face à son double

Toulon face à son double
Par Eurosport

Le 22/08/2009 à 08:30Mis à jour

Il y a encore 15 mois, Toulon et le Racing bataillaient en pro D2 pour rejoindre l'élite. Les deux clubs, qui partagent une même vision et une même ambition, se retrouvent aujourd'hui en top 14. Le RCT accueille donc un adversaire qui se trouve dans la position qui était la sienne voilà un an.

Quand les Toulonnais regardent l'adversaire qui se présente chez eux samedi, ils doivent avoir une drôle d'impression. Celle de voir comme un reflet. Le Racing, à bien des égards, ressemble en effet beaucoup au Toulon d'il y a un an. Un promu pas tout à fait comme les autres, dont l'ampleur de l'histoire pèse aussi lourd que les moyens du moment. De leurs présidents, aux poids médiatiques et économiques certains mais qui ne font pas partie du sérail, à leurs managers, anciens internationaux à la forte personnalité et qui ont déjà fait leurs preuves ailleurs, en passant par leur effectif, menés par d'authentiques stars, Toulon et le Racing ont beaucoup en commun, suscitant une même fascination, provoquant aussi, parfois, les mêmes irritations chez certains.

Du coup, le duel de samedi incarne bien plus qu'un duel entre les deux derniers champions de Pro D2. Bien davantage qu'une confrontation entre le 9e du dernier Top 14 et un simple promu. Parce Toulon est Toulon, parce que le Racing est le Racing, l'affiche créé l'évènement. Ce n'est d'ailleurs pas un hasard si Mourad Boudjellal, le président du RCT, avait prévu d'organiser cette rencontre au stade Vélodrome de Marseille, devant 60.000 de ses supporters. Sans le dramatique incident survenu dans l'enceinte phocéenne le mois dernier lors de l'installation de la scène d'un concert de Madonna, c'est dans ce cadre prestigieux que les Varois auraient reçu le club de la capitale. Peu importe, Mayol fera très bien l'affaire.

Le Racing se fait petit

A l'occasion de ces retrouvailles, on peut déjà mesurer le chemin parcouru par les deux clubs en quelques mois. Au printemps 2008, ces deux anciennes gloires du rugby français, tombées dans en deuxième division, se battaient pour la montée en Top 14. Mais en voyant, déjà, beaucoup plus loin. Toulon a devancé le Racing d'une année, mais le cheminement est le même. Il faudrait être aveugle pour ne pas le voir. Aujourd'hui, les deux clubs partagent à la fois une même vision du rugby moderne, et une ambition identique: planter à nouveau, et au plus vite, leur étendard au sommet du championnat.

Pour cela, ils ont investi. Beaucoup. En deux ans, Jerry Collins, Joe Van Niekerk ou Jonny Wilkinson ont débarqué sur la Rade. François Steyn, Sébastien Chabal et Lionel Nallet dans la capitale. Des recrutements mastoc, prompts à modifier la donne du paysage rugbystique hexagonal. Même si les intéressés se défendent d'avoir révolutionné quoi que ce soit. "On nous présente souvent comme des investisseurs, mais ce n'est pas un phénomène nouveau, note Mourad Boudjellal chez nos confrères de La Provence. Des investisseurs, dans le rugby, il y en a eu beaucoup, sinon des clubs comme Biarritz ou Castres n'existeraient pas aujourd'hui. Nous sommes simplement des investisseurs qui apparaissent au grand jour et qui dirigent leur club. Jusqu'à présent, ceux-ci restaient dans l'ombre et s'appuyaient sur des présidents qui géraient leurs affaires."

Il n'empêche, en un temps restreint, Toulonnais et Parisiens ont pris une place spéciale dans le rugby français. Pour tous, leur état actuel se veut simplement transitoire. Comme un entre-deux. Une simple étape vers d'autres horizons. Comme le match de samedi. Un duel d'ambitieux, dans lequel le Racing s'est trouvé un rôle bien commode. Celui du petit. "Toulon a un temps d'avance et une expérience du Top 14", rappelle Simon Mannix dans Midi Olympique vendredi. L'argument est indéniable. Comme il est tout aussi vrai qu'en cas de victoire à Mayol, le Racing n'aura vraiment plus rien d'un promu. Définitivement.

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