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Racing, arme anti-Clermont

Le Racing, l'arme anti-Clermont ?
Par Rugbyrama

Le 06/05/2010 à 18:11Mis à jour

Cette saison, le Racing-Metro a rencontré à deux reprises Clermont, pour une victoire et une défaite. Mais à chaque fois, les opportunistes joueurs du club francillien ont causé les pires tourments à leurs adversaires auvergnats. D'où une grande méfiance chez les hommes de Cotter.

Avant l'ouverture des hostilités avec le Racing-Metro, vendredi soir, Vern Cotter ne manquera pas de rappeler ce douloureux souvenir à ses troupes : "Boys, souvenez-vous l'hiver dernier..." Comment les Clermontois auraient-ils pu oublier cette triste soirée du 27 janvier ? Ce mercredi-là, les coéquipiers de Sébastien Chabal avaient terrassé, en l'espace de douze minutes et trois essais, le rugby total made in Puy-de-Dôme. La rébellion auvergnate avait, certes, sauvé l'honneur et les apparences (33-24) mais cette première période à Colombes reste marquée d'une pierre noire au coeur de la saison de l'ASMCA. Voir un leader mené de trente points sur la pelouse d'un promu passe difficilement inaperçu...

Pourtant, "en première période, nous avons peut-être 80 % de possession et nous passons la plupart de la mi-temps dans leur camp." Pauvre et innocent Julien Pierre : face au Racing-Metro, dominer ne signifie pas sécurité, loin de là. Les Clermontois l'avaient appris à leurs dépens avec un petit récital des Franciliens, sans grands éclats mais avec fracas : un judicieux jeu au pied de Wisniewski pour Chavancy, une mêlée dominatrice avec départ au ras de Chabal pour l'opportuniste Scarbrough et enfin une récupération de Bobo sur une relance hasardeuse de Floch. Et un, et deux et trois essais : voilà l'addition, messieurs ! "Nous perdons trois ballons et ils marquent trois essais en s'appuyant sur une grosse défense et une bonne conquête", caricature à peine Morgan Parra. Déjà, à Marcel-Michelin, en septembre, les Franciliens avaient frôlé l'exploit (30-22), échappant un méritoire point de bonus à la sirène. "Un des meilleurs matchs de notre saison", explique Simon Mannix. Et déjà, Jamie Cudmore avait pressenti le danger de ce bizuth pas comme les autres : "Les Racingmen sont très bien organisés dans la conquête et le combat."

Chabal : "Ne pas hésiter à casser le rythme"

Alors, le Racing-Metro, avec son opportunisme, sa force d'occupation et sa défense, peut-il être considéré comme l'arme anti-Clermont par excellence ? Une déclaration d'Andrew Mehrtens, prononcée cette semaine, inciterait à répondre par l'affirmative : "Les équipes joueuses permettent souvent de contre-attaquer ", se délecte à l'avance le demi d'ouverture néo-zélandais. Vern Cotter doit-il, en conséquence, modifier sa philopsophie de mouvement général pour prévenir toutes contre-attaques adverses ? Au contraire. Car si les Auvergnats venaient à se concentrer trop au près, ils risqueraient de se retrouver confrontés à la densité physique, au moins égale, des Nallet, Chabal et Leo'o. La solution se trouve probablement ailleurs pour les coéquipiers d'Aurélien Rougerie : les trois-quarts et le commando de Parra peuvent, en écartant les ballons et en multipliant les séquences, profiter de leur vitesse pour déborder des adversaires à la mobilité limitée.

Sébastien Chabal le sait : la clé de cette rencontre se trouve peut-être enfouie au coeur des regroupements et des zones de rencontre : "Il ne faudra pas hésiter à casser le rythme, à sortir le ballon quand on sentira qu'on commence à être débordé." A Julien Pierre et Jamie Cudmore, les débroussailleurs du pack clermontois, de permettre des éjections de balle rapide, conditions sine qua non pour imposer sa patte sur les débats. Autant de considérations tactiques suspendues avant tout... aux caprices de la météo. Et tout le peuple auvergnat de prier pour dissiper les sombres nuages menaçant le puy de Dôme.

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