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Un volcan s'éteint...

Clermont, un volcan s'éteint
Par Rugbyrama

Le 27/10/2008 à 10:00Mis à jour

La situation devient franchement alarmante à Clermont, après la nouvelle défaite concédée par l'ASM, sur sa pelouse, face à Montauban. Les Jaunards joueront très gros la semaine prochaine face au leader, le Stade français.

En sport de haut niveau, la performance, l'excellence, tiennent parfois à une forme d'alchimie. A la fois magique et fragile. Prenez Clermont. Qu'est-ce qui a changé en Auvergne en l'espace de quelques mois? En apparence, quasiment rien. L'effectif, talentueux et riche, n'a quasiment pas bougé. Vern Cotter, l'homme qui a façonné ce groupe pour le porter tout près du firmament, est toujours aux manettes. Pourtant, l'ASM, qui dévastait tout sur son passage la saison dernière, se trouve aujourd'hui plongée dans un doute profond après sa défaite à domicile face à Montauban, samedi. Les points d'interrogations ont succédé aux points d'exclamation.

Les explications avancées en début de championnat (reprise tardive, adaptation aux nouvelles règles) n'ont plus lieu d'être. Le problème se situe ailleurs. Les Clermontois semblent avoir perdu la flamme qui les animait ces deux dernières années. Contre Montauban, ils ont subi leur quatrième défaite en huit matchs en Top 14. La saison passée, il avait fallu attendre la 20e journée pour que les Jaunards concèdent leur quatrième revers. Après avoir longtemps relativisé, et demandé du temps, ils commencent maintenant à tirer la sonnette d'alarme, affichant publiquement leur inquiétude. " Forcément, on commence à se poser des questions", avoue Julien Malzieu.

Cotter: "Il faut se dire la vérité"

Le plus gros souci provient de la répétition des erreurs commises, match après match. Comme si Clermont ne parvenait pas à avancer au fil des rencontres. "Nous avons commis les mêmes erreurs qu'il y a 15 jours contre Sale. La leçon n'a pas été retenue ", peste Cotter en référence au précédent revers à domicile, contre le club anglais, en Coupe d'Europe. Le collectif est grippé, et le mental ne suit plus. "On est frustré, poursuit le technicien néo-zélandais. On ne trouve pas les clés et dès que l'adversaire est devant au score, on est fébrile. Et dès qu'on repasse devant au score, on arrête de jouer." Une vraie quadrature du cercle...

On n'ira pas jusqu'à dire, comme l'a fait Pierre Mignoni à chaud samedi au micro de Rugby +, que Clermont "a été nul ". Incontestablement, la formation auvergnate est toutefois assez loin du niveau de jeu requis pour viser le Bouclier de Brennus. De toute façon, l'ASMCA n'en est pas là. Même si, mathématiquement, il n'y a pas le feu (Clermont pointe à la 6e place, à trois points seulement de Bayonne, actuel 4e), le vice-champion de France va devoir trouver rapidement le moyen de passer la vitesse supérieure. " On dit qu'on paie les musiciens à la fin du bal, mais il est urgent de relever la tête", prévient Elvis Vermeulen.

Dès le week-end prochain, le Stade français, toujours leader, se présente à Marcel-Michelin. Une troisième défaite consécutive devant leur public, qui a manifesté son mécontentement samedi, plongerait pour de bon les Clermontois dans les abymes du doute. "On doit réagir et il faut le faire vite face à Paris, la semaine prochaine, sinon ce sera compliqué cette année en championnat, lance Vern Cotter. Il y a des questions à se poser. Il faut se dire la vérité." Clermont se serait-il menti depuis le début de la saison?

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