Midi Olympique

Azema: "Etre à 200%!"

Azema: "Etre à 200%!"
Par Rugbyrama

Le 20/06/2008 à 09:30Mis à jour

Entraîneur de Perpignan, spécialiste de la mise en place des lignes arrière, Franck Azéma a été joueur de Clermont. Il est d'ailleurs vainqueur du Bouclier européen avec les Auvergnats en 1999. Il réagit aux propos de l'entraîneur Vern Cotter, avant la de

Du côté de Clermont, on suspecte fortement l'Usap d'avoir choisi l'ASM en demi-finale parce que les Catalans disent le club en légère perte de vitesse.

Franck Azéma : Je ne vois rien, absolument rien dans notre comportement qui puisse permettre à qui que ce soit de dire une telle chose. Face à Paris, non, peut-être nos garçons n'ont pas mis pendant un certain temps tout l'engagement nécessaire. Inconsciemment craignaient-ils des blessures ? Je ne sais pas. J'ai vu par contre qu'ils ont su puiser au fin fond de leurs ressources pour offrir un succès à leur public. Et ça, c'est beau... Et puis, où l'équipe de Clermont est-elle en perte de vitesse ? Et le dernier résultat face à Dax, alors ? Vous voulez mon analyse ? Clermont est depuis un mois dans la situation dans laquelle nous nous trouvons depuis une semaine : la qualification en poche. Dans ce laps de temps, il faut gérer les hommes pour qu'ils ne se démobilisent pas. Qu'est-ce que les Avergnats ont fait ? Certainement un peu l'impasse sur les derniers résultats, et ont consenti un gros travail physique de préparation à l'entraînement pour être hyper prêts au jour J. Face à Dax, ils ont tapé sur la table, recadré leurs troupes, révisé leur jeu et montré qu'ils étaient les patrons du Top 14.

Ce résultat vous effraie donc ?

F.A. : Pas du tout. Je l'enregistre, tout simplement. Et je constate que les Clermontois sont en forme. Mais faut-il y attacher beaucoup d'importance ? C'est un peu comme si nous nous focalisions sur les 50 points que nous avons passés à Toulouse. Il faudrait savoir avec quelles réelles intentions les Dacquois se sont rendus à Clermont. La seule vraie indication que fournit le match est que les Clermontois sont affûtés et qu'ils sont capables de se mobiliser 80 minutes sur une rencontre quelle qu'elle soit.

Mario Ledesma dit que l'Usap a la meilleure mêlée de France. Qu'est-ce que ça vous inspire ?

F.A. : (rires) C'est de l'intox! Et sa mêlée à lui, elle est mauvaise ? Ils ont tordu tout le monde pendant la saison. Je suis certain que ça va être un gros combat à ce niveau. C'est vrai que, pour notre part, nous avons été souvent performants dans ce secteur. Mais l'ASM aussi. On ne peut pas être dans la position d'archi-favoris dans laquelle les Auvergnats se trouvent sans avoir un gros pack, c'est évident. En plus, ils ont, derrière, des individualités capables de faire tourner la tête à tout le monde, de faire chavirer un match à tout instant.

Tiens, vos propos traduisent un certain défaitisme.

F.A. : Pas du tout. Je les veux réalistes, tout simplement. Mais attention ! Nos garçons ont prouvé qu'ils avaient du coeur et du savoir-faire. Ils méritent le respect. Nous n'allons pas, ils ne vont pas à Marseille en victimes expiatoires. Tout le monde veut jouer. Plus personne ne se plaint des petits bobos. Je sens la pression monter. Nous savons qu'il nous faudra être à 200% de nos moyens. Mais en fait, dites-moi. Qui a le plus de pression ? Clermont et son maillot de favori ou l'Usap sur son fauteuil de dernier qualifié ? Qui ?

Où résident vos chances de succès ?

F.A: A ce moment de la compétition, tout le monde a ses chances. Nous savons qu'il nous faudra être forts collectivement. Pourtant, tout au long de la saison, des individualités se sont affirmées chez nous aussi. Nous sommes capables de créer le danger. Il y a un match à jouer. Il faut le jouer.

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