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Une mentalité irréprochable, une solidarité à toute épreuve : ce XV de France est une vraie équipe

Une mentalité irréprochable, une solidarité à toute épreuve : ce XV de France est une vraie équipe

Le 21/11/2021 à 11:56Mis à jour Le 21/11/2021 à 12:02

XV DE FRANCE - Obtenue à la régulière au prix d’un immense combat, la victoire de prestige acquise face aux Blacks a mis en exergue l’état d’esprit irréprochable d’une sélection plus que jamais devenue une équipe.

Cela avait été l’axiome, le prisme, le mantra au travers duquel le co-entraîneur des avants William Servat avait souhaité présenter cette tournée automnale : la tournée du combat. Parce qu’avec l’Argentine, la Géorgie et les All Blacks en menu, les Bleus se voyaient proposer des maîtres étalons susceptibles de leur faire monter très haut leur niveau d’intensité et le moins que l’on puisse dire, c’est que nos garçons n’ont pas déçu. Certes, il y aura toujours des pisse-froid pour rétorquer que face à la Géorgie, les bleus se sont emmêlées les pinceaux justement pour avoir négligé cette notion de combat.

Mais qui d’humain, au vrai, aurait pu disputer face à la Géorgie (avec tout le respect qu’on lui doit) un match à 200 % de ses moyens, une semaine avant d’affronter les Blacks, et au lendemain d’avoir vu ces derniers tomber en Irlande ? Il faudrait être un cyborg dénué d’émotion, au vrai, et c’est peut-être bien parce qu’ils n’en sont pas que les Bleus ont été capables de jouer le match que l’on sait samedi soir...

Travail et singularités

Non mais, franchement, avez-vous vu à quel point les Français ont rossé les Kiwis dans le combat collectif, dans les ballons portés ou en mêlée fermée ? Avez-vous mesuré l’intensité avec laquelle les Bleus ont pris le dessus sur les Néo-Zélandais, en les cabossant avants et trois-quarts confondus au milieu du terrain, traduisant par l’image le travail réalisé depuis des longs mois autour des zones de collision par ce même William Servat ?

Avec quelle violence dans les soutiens, quelle détermination dans le sacrifice et surtout quelle précision dans les attitudes, les Bleus ont réussi à tenir tous leurs ballons à l’exception d’une seule pauvre munition égarée derrière un ruck par Dupont, mis sous pression à la limite de la règle par Whitelock ? Difficile de ne pas admirer le tour de force, au vrai, de ce XV de France si gaulois, si latin. La seule sélection au monde, probablement, à aligner ces bancs en 6-2 qui se traduisent à chaque fois par une victoire. Également la seule sur l’échiquier mondial capable d’apparaître désorganisée au point de parfois concentrer 14 joueurs sur moins de 20 mètres de large, mais qui n’en a pas moins validé un critère plus essentiel : celui d’être devenu une équipe...

Un état d’esprit de conquérants

Comment expliquer en effet le rendement si différent de Willemse avec les Bleus et Montpellier, sinon par la confiance ? Comment expliquer que le pari Woki en 2e ligne fonctionne aussi bien sans jamais avoir été testé avec l’UBB, comment ne pas voir que le trio Alldritt-Jelonch-Dupont évolue comme le feraient des frères, que Peato Mauvaka donne l’impression qu’il se couperait le bras ou se jetterait sous un train si on le lui demandait ? À vous de vous faire votre opinion mais en ce qui nous concerne, on pencherait pour un état d’esprit irréprochable entre des mecs heureux de vivre ensemble.

Un état d’esprit badin qui peut parfois être reproché à ces Bleus, mais qui constitue en réalité le socle d’une aventure humaine d’autant plus formidable qu’elle n’en est qu’à la moitié de son chemin. Exploit après exploit, pierre après pierre, les guerriers bleus construisent ainsi leur destin : première victoire face à l’Angleterre depuis une éternité, premier succès au pays de Galles ou en Irlande depuis dix ans, premier succès en Australie depuis trois décennies, première victoire de l’histoire des Blacks de l’histoire du Stade de France... En attendant le premier grand chelem depuis douze ans, et à terme le premier trophée Webb-Ellis de l’histoire du rugby français ? « C’est notre ambition » concluait philosophiquement Fabien Galthié samedi soir. Et plus que jamais, ces Bleus semblent en avoir les moyens...

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