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Test match - XV de France - Gaël Fickou : "On mérite mieux"

Fickou : "On mérite mieux"

Le 11/06/2018 à 09:39Mis à jour Le 12/06/2018 à 23:17

Entré en jeu à la 60e minute en remplaçant de Rémy Grosso blessé, le futur joueur du Stade Français Gaël Fickou est revenu lundi sur la gifle reçue samedi soir par la Nouvelle-Zélande. Avec beaucoup de sérénité et d'optimisme.

Rugbyrama : Dans quel état d'esprit êtes-vous rentrés sur le terrain ?

Gaël Fickou : C'était compliqué, le score était déjà large. Mon premier ballon, je fais un en-avant, ce qui n'est pas acceptable, même si le contexte de jeu est difficile. A ce moment là, les Blacks jouent tous les ballons, relancent de partout. C'est toujours plus facile de rentrer dans un match serré que dans un match comme celui-là. Quand la perspective d'une victoire est possible, c'est plus simple. C'est peut-être nul de dire ça, mais quand il y a un tel écart, c'est franchement difficile. Ça demande un effort mental très fort.

Existe-t-il une crainte, une peur quand on rentre dans ces conditions ?

G.F. : Non, justement, beaucoup moins. Il n'y a rien à perdre.

Aviez-vous déjà vécu une telle orgie offensive ?

G.F. : On avait déjà connu ça en Australie en 2014 (50-23). Sur le deuxième match, on s'était resserré (6-0). C'est pourquoi j'espère qu'on va montrer un autre visage samedi prochain. Par rapport à l'investissement qu'on a mis durant toute la semaine, c'est terriblement frustrant. On doit faire mieux, on mérite mieux.

Anton Lienert Brown - Nouvelle-Zélande et Mathieu Bastareaud - France

Anton Lienert Brown - Nouvelle-Zélande et Mathieu Bastareaud - FranceIcon Sport

Quels sont les leviers pour espérer mieux samedi prochain ?

G.F. : La défense, sans hésitation. La clé, c'est d'avoir un rideau plus compact, qu'on puisse être plus espacé sur la largeur. A la limite, il ne faut qu'un seul joueur derrière (pour couvrir le 3e rideau). On a vu que lorsqu'on monte très fort, ils ne passent pas. Dès l'instant où on a relâché un peu, ils sont passés dans notre dos.

Justement, Jacques Brunel disait que vous aviez été pris devant la ligne mais aussi derrière, qu'il avait été difficile de rattraper les coups...

G.F. : Quand t'as cinq ou dix mètres de retard, c'est difficile de reprendre ces joueurs-là. Le temps de se retourner, ils sont déjà lancés face au jeu avec une dizaine de mètres d'avance. Teddy (Thomas) a rattrapé Ioane sur la vitesse, même si ce dernier a marqué. La vitesse, on l'a mais après, il les faut arrêter, c'est ce qui est difficile.

Jacques Brunel a également évoqué des erreur de communication. Pouvez-vous développer ?

G.F. : Oui, certains mecs ont défendu seuls, ce qui a créé des décalages. A la fin du match, nous étions trop serrés. On a essayé de défendre en contrôlant. Seulement, face à des mecs comme ça, c'est juste impossible. Et puis, la fatigue a entraîné les problèmes de communication.

Jacques Brunel (France)

Jacques Brunel (France)Icon Sport

Densifier le premier rideau, n'est-ce pas prendre le risque de voir les Blacks jouer au pied dans le deuxième, ce qu'il ont fait plusieurs fois en première mi-temps ?

G.F. : Densifier le premier rideau, c'est surtout sur les renvois où on a pris deux essais. Il me semble inutile d'être quatre au fond du terrain. Trois joueurs doivent suffire, je pense. Ce sont des erreurs tactiques que l'on peut facilement corriger.

Les petits jeux au pied rasant du début de match vous ont-ils mis le doute et contraint à monter moins vite ?

G.F. : Peut-être, mais si on les avait plus agressé, ils auraient moins utilisé ce jeu au pied rasant. Le problème, c'est qu'on a essayé de contrôler, de monter en demi-mesure, ce qui a laissé le temps à Beauden Barrett de prendre les bonnes décisions.

Steve Hansen Coach - Nouvelle Zélande

Steve Hansen Coach - Nouvelle ZélandeIcon Sport

Steve Hansen avait annoncé avant la rencontre que pour contrer une rush défense, il faut justement jouer au pied en début de rencontre pour créer de l'incertitude et contrer ces montées agressives. Est-ce qu'il s'est passé ?

G.F. : Sur l'essai du talonneur (Codie Taylor), on a laissé trop de temps à Barrett par exemple. Sur les images, c'est flagrant. Il a le temps de naviguer, de regarder et d'ajuster son jeu au pied. On lui laisse une ou deux secondes, c'est beaucoup trop. Si on l'agresse, il n'a pas le temps de faire tout ça. Parfois, on a réussi à le faire. Samedi prochain, il faudra le faire durant quatre-vingt minutes.

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