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XV de France : Les pistes des "ex" pour sortir du marasme

Les pistes des "ex" pour sortir du marasme
Par Rugbyrama

Le 27/11/2017 à 17:10Mis à jour Le 28/11/2017 à 23:35

TEST-MATCH - Après quatre matches sans victoire, trois ex-internationaux du XV de France évoquent les solutions pour sortir de la crise. Thomas Lièvremont, Olivier Magne et Jean-Claude Skrela.

Championnat : Une ligue fermée

Le Top 14, qui attire beaucoup de joueurs étrangers, est souvent pointé du doigt comme nuisible pour la sélection. "C'est peut-être le championnat le plus rémunérateur, mais ce n'est peut-être pas celui où il y a le plus de vitesse et d'intensité", estime l'ancien troisième ligne aile (1971-1978) puis sélectionneur (1995-1999) Jean-Claude Skrela.

"Ce sera plus facile, c'est sûr, si on fait une ligue fermée et qu'on dit "feu!" au spectacle", suggère Thomas Lièvremont, ex-troisième ligne des Bleus (1996-2006) et ancien troisième ligne des moins de vingt ans. "Il ne sera pas question de résultats mais de jeu à tout-va et on va préparer aux matches internationaux. On crève aussi de la pression qui existe sur tous les clubs, les entraîneurs".

Tests : Fixer des objectifs annuels

Bernard Laporte avait fixé un objectif de trois victoires en quatre matches qui le ridiculise aujourd'hui autant que Guy Novès. Olivier Magne, encore un troisième ligne (1997-2007), est d'accord pour mettre l'encadrement "sous pression", mais de manière constante. "Je serais d'avis, tous les ans, voire tous les deux ans, de faire un retour et de fixer des objectifs: un pourcentage de victoires minimum pour permettre à l'équipe de France de ne pas végéter."

Formation : Enseigner plutôt qu'entraîner

Le manque d'inspiration des Bleus puise son origine dans l'enseignement de la discipline au plus jeune âge, estime les "ex". "Bien sûr, il faut apprendre la culture de la gagne, mais si on perd un match à l'école de rugby en ayant tenté des choses, pris des risques, ce n'est pas grave", dissèque Thomas Lièvremont avant d'ajouter : "Ce qui me frappait chez les -20 ans, c'est que les joueurs prenaient la balle et fonçaient tout droit. Combien de fois les Japonais nous ont-ils eus sur des crochets ?"

Avis partagé par Skrela. "Dans le rugby français, on ne forme pas les joueurs, on les formate très petits. On n'enseigne pas à l'école de rugby, on entraîne. On demande aux gamins de refaire ce que refont les grands. Or, on n'entraîne pas les petits comme on entraîne les grands." Il dit encore : "dans les autres nations, le rugby est enseigné à l'école". L'ancien DTN admet ici qu'il n'est "pas arrivé à faire changer les choses.".

" Donnez-moi une nation, à part l'Angleterre, où il y a un rugby de clubs"

Contrats fédéraux : Le retour

Elu en décembre 2016 à la tête de la FFR, Bernard Laporte avait voulu imposer des contrats fédéraux. Il a dû reculer devant l'opposition des clubs de Top 14. "Le rugby de l'équipe de France et le rugby des clubs, c'est incompatible", estime pourtant Skrela, partisan d'un système adopté par les nations celtes et celles de l'hémisphère sud. "Donnez-moi une nation, à part l'Angleterre, où il y a un rugby de clubs. Les Ecossais, qui ont mis 40 points à l'Australie jouent la Coupe d'Europe, un peu la Ligue celtique et surtout en équipe nationale."

"Aujourd'hui, les mêmes joueurs, vous les prenez sous contrat quand ils ont 17-18 ans, vous les faites travailler, vous les engagez dans les compétitions (en sélection jeunes) et ce seront les vôtres", ajoute Skrela. "On ne peut pas demander à des gamins d'arriver et de prendre le leadership sur l'équipe de France", abonde Lièvremont, qui a connu Anthony Belleau, Antoine Dupont ou encore Judicaël Cancoriet chez les - de 20 ans.

"Comment font les autres pays ? Les gamins, ils les intègrent et au début, ils se servent de la dynamique du groupe pour progresser, prendre de l'expérience. On ne peut pas demander à ces joueurs-là de gagner (contre) les Blacks", estime enfin Lièvremont.

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