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XV de France, la vérité

XV de France, la vérité

Le 26/11/2017 à 17:51Mis à jour Le 27/11/2017 à 14:03

Le XV de France a concédé un match nul sinistre (23-23) ce samedi soir contre le Japon. La sélection de Novès est enlisée dans l'échec mais c'est tout le rugby français qui prend une claque face à la fraîcheur, la modernité et l'intelligence du jeu pratiqué par les Japonais...

"La vérité est un mensonge qui s'est dégonflé au dernier moment." L'adage ne vaut pas pour le XV de France qui n'a jamais fait illusion cet automne. Face au Japon, samedi soir, il n'a pas résisté bien longtemps avant de perdre les ultimes pans d'un moral sacrément mis à mal après trois revers concédés devant la Nouvelle-Zélande et l'Afrique du Sud. En berne. On l'a même vu dépassé, humilié, en totale déshérence sur la pelouse de l'U Arena quand la sélection japonaise est, elle, apparue pleine d'allant, de maîtrise et riche d'un savoir-jouer parfaitement maîtrisé.

N'en jetez plus, voilà une triste réalité. La nôtre. Parce que, vous ne rêvez pas, le rugby français s'est fait doubler par un nation qui pointe à la onzième place du classement mondial, lancée à grande vitesse dans l'expression d'un rugby moderne, avec un accent fortement marqué par l'hémisphère sud et le Super Rugby. Nous, français à l'histoire si riche, sommes désormais très loin du compte en termes de résultats et tout autant de contenus. Nous, le nôtre d'accent, il a fichu le camp depuis de trop longues années à mesure que le Top 14 grappillait des parts de marché pour venir concurrencer la sélection, sans que personne n'y trouve à redire... Imaginez donc les Blacks ainsi challengés et même mis en danger par un NPC qui serait constellé d'étoiles recrutées au fil du monde !

" Combien de présidents de Top 14 se réjouissent de la victoire de France 2023 ? "

La vérité ? Notre rugby s'est figé dans ses certitudes, porté par l'élan d'un championnat extrêmement attractif en termes de suspens et d'intensité. Un championnat sanction, qui n'a jamais toléré l'échec et qui a inhibé les intentions créatrices pour finir par figer ses acteurs -staff et joueurs mélangés- dans le moule de l'universalité rugbystique.

La vérité ? Les rares coups d'éclats des Bleus depuis vingt ans (victoires en 1/2 finale du Mondial 1999 et en quarts de finale du Mondial 2007 contre les Blacks ; place de finaliste du Mondial 2011) ont entretenu l'illusion d'un standing mondial qui nous a filé entre les doigts depuis trop longtemps.

Antoine Dupont, France-Japon

Antoine Dupont, France-JaponIcon Sport

La vérité ? Le Top 14, aussi palpitant soit-il, ne prépare pas ses acteurs aux joutes du plus haut niveau. Les meilleurs joueurs affichent, nous l'avons encore vu samedi, des lacunes criardes dès lors qu'ils franchissent le cap de l'international. A force de galvauder la sélection, le rugby français l'a certainement oublié. Il s'est bercé d'illusions.

La vérité ? Le XV de France ne pèse pas assez lourd dans la balance des intérêts particuliers. Combien sont, par exemple, les présidents de Top 14 à s'être réjouis de l'attribution du Mondial 2023 à la France ? Si l'on en croit les confidences de tribune, il ne serait pas si nombreux que cela.

Pourquoi ? Parce que la victoire de Bernard Laporte est l'assurance d'un tapis rouge déroulé sous les pas du président de la FFR qui s'avancera plus déterminé que jamais après ce match nul face au Japon (23-23). Depuis samedi soir, et fort du sentiment de colère qui l'habite, Laporte a toutes les meilleures excuses du monde pour tout changer dans l'ordonnancement du rugby français. Tant pis pour les présidents qui se mettraient en travers de sa route...

Si les Bleus ont quasiment tout perdu en quatre matchs, Laporte, lui a remporté le seul succès de novembre qui valait finalement tous les trésors du monde : l'organisation du Mondial 2023. Une victoire et un seul gagnant. Sur tous les tableaux.

Il ne manquerait plus que le rapport de la commission d'enquête du Ministère des sports -attendu pour cette semaine- vienne le disculper dans l'affaire Altrad et de la Commission de discipline pour que la légitimité de "Bernie" devienne implaquable.

Bernard Laporte, le président de la FFR

Bernard Laporte, le président de la FFRIcon Sport

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