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La U Arena, entre excitation et réserves

La U Arena, entre excitation et réserves

Le 24/11/2017 à 09:43Mis à jour Le 24/11/2017 à 15:21

TEST-MATCH - Samedi soir, l’enceinte de la U Arena accueillera pour la première fois une rencontre de rugby. Salle de spectacle unique en Europe, le superbe écrin du Racing 92 suscite malgré tout quelques réserves chez les Bleus et Guy Novès.

"Un lieu créé au-delà des normes et standards pour révolutionner les émotions et les sentiments." Sur le papier, la présentation de la U Arena a de quoi enthousiasmer les 30.000 spectateurs attendus samedi soir pour le dernier test de novembre entre la France et le Japon (Pour l’instant, seulement 23 000 places auraient été vendues, ndlr). Résidence du Racing 92, la U Arena abrite un toit permanent, une pelouse synthétique posée à cinq mètres des premiers gradins et le plus grand écran géant du monde derrière les poteaux. Un décorum inhabituel pour des joueurs de rugby.

"L’atmosphère est quand même particulière, souligne le sélectionneur Guy Novès. Ce n’est pas une histoire d’être emballé ou pas. Ça me paraît être un beau stade. Il n’y a aucun problème là-dessus. Après, est-ce que c’est un beau stade de rugby où les garçons vont galoper…"

" J’espère qu’on n’aura pas de problèmes de tendons, de ligaments... (Guy Novès)"

Au-delà de la magie proposée par cette enceinte à quelques encablures de la Défense, certaines interrogations restent encore en suspens. "Les appuis, c’est ce qui me… (silence). J’espère qu’on n’aura pas de problèmes de tendons, de ligaments. Chaque appui va être bloqué. Ces sportifs qui ne sont pas habitués à jouer sur ce genre de surface, j’espère qu’il n’y aura pas de problème. Prenons l’exemple des mêlées. Une mêlée sur un terrain synthétique ou sur une pelouse où les appuis glissent… quand ça ne glisse pas, cela peut mettre en danger certaines attitudes."

Une lumière parfois aveuglante

Alors qu’en pensent les premiers intéressés, les Bleus, qui ont découvert la U Arena jeudi matin ? "C’est atypique, il faut un peu s’adapter, explique le pilier Sébastien Taofifenua avant de se montrer rassurant au sujet des mêlées. Ça nous arrive en club de nous entraîner dans ce secteur sur synthétique. On a également l’habitude de jouer sur ce type de surface à Oyonnax. Pour les mêlées, on n’est pas trop inquiet." Mais la peur de la blessure semble malgré tout présente. "Le terrain est vraiment plus dur, rappelle le deuxième-ligne Romain Taofifenua. Il y a davantage de blessures sur terrain synthétique. Le plus important, c’est d’en faire abstraction."

" La U Arena donne des frissons (Henry Chavancy)"

Une fois propulsés sur la pelouse, les Bleus baigneront dans une ambiance électrique où la lumière joue un rôle majeur. "Ce stade, avec son toit fermé, dans le noir, éclairé par des lumières parfois aveuglantes pour des joueurs de rugby. C’est gênant, par moment, explique Guy Novès. J’attends de voir comment Japonais et Français vont s’adapter là-dedans." Mais avec un deuxième entraînement programmé vendredi, les Tricolores devraient rapidement se familiariser avec cet environnement de salle de concert. Les buteurs, eux, échapperont à la pluie et aux rafales de vent pour trouver la mire. Baptiste Serin et François Trinh-Duc échangeront leur sensation pour savoir qui prendra le but samedi soir face aux Japonais.

Ambassadeurs de la U Arena, les joueurs du Racing 92 Camille Chat et Henry Chavancy sont sans doute les plus impatients de ferrailler sur cette pelouse contre les Braves Blossoms. "Je suis assez enthousiaste, sourit le trois-quarts centre ciel et blanc. Il faut juste un temps d’adaptation pour les joueurs. Mais le public va découvrir un stade où l’ambiance est spectaculaire. C’est une salle qui donne des frissons." Espérons qu’ils s’agissent de frissons de bonheur…

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