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AFRIQUE DU SUD - FRANCE (35-12) - L'antisèche : Le rugby français ne peut plus continuer ainsi

L'antisèche : Le rugby français ne peut plus continuer ainsi...
Par Rugbyrama

Le 24/06/2017 à 21:00Mis à jour Le 25/06/2017 à 14:56

XV DE FRANCE - Pour leur troisième et dernier test sud-africain, les Bleus se sont inclinés une nouvelle fois (35-12), signant ainsi un zéro pointé. Une tournée cauchemardesque qui a mis en avant tous les défauts du rugby français dans son ensemble. Notre antisèche.

Le jeu : le néant

Que dire... On pensait que pour leur dernière sortie de la saison, les Bleus allaient montrer un autre visage. Mais d'entrée de jeu, les Sud-Africain nous ont rappelés qu'il fallait être naïf pour croire au miracle. Mal inspirés, sans autre solution que celle de tenter le défi physique, les Tricolores n'ont rien montré de bien. D'ailleurs, dès la 10e minute, sur une action de 6 phases de jeu, ils étaient incapables de se faire plus de deux passes et se contentaient de rentrer directement dans la "gueule" des Sud-Africains. Un passage annonciateur du contenu global de la rencontre et que le XV de France allait réitérer à la 25e minute.

Louis Picamoles (XV de France) face à l'Afrique du Sud - 24 juin 2017

Louis Picamoles (XV de France) face à l'Afrique du Sud - 24 juin 2017Icon Sport

Et même sur ses temps forts, des scories sont venues stopper des actions qui auraient pu être décisives, comme à la 50e minute sur un bon ballon porté annihilé par un hors-jeu largement évitable. Il était temps que cette tournée s'arrête. Et dire que les Springboks ont signé ce samedi le plus mauvais de leurs trois tests de juin. Sans avoir vraiment de talent, mais en mettant un peu plus de conviction et de vitesse, les Sud-Africains ont facilement remporté la série... Bref, pour les Bleus, c'est le néant.

Les joueurs : Poirot vaillant, Vakatawa et Guirado décevants

Jefferson Poirot est bien le seul à avoir surnagé au beau milieu de ce naufrage. Plutôt correct en mêlée, présent et combatif sur les zones de rucks, le pilier gauche de l'UBB s'est démené pour la dernière de la saison. En vain. En vain aussi les nombreuses charges du capitaine Guilhem Guirado, qui n'a pas su mener ses troupes, s'est fait pénaliser à de nombreuses reprises (13e, 22e, 50e) et a certes joué avec l'envie de faire mal à ses adversaires, mais sans assurer la continuité du jeu derrière. Autre déception, l'ailier Virimi Vakatawa qui a paru complètement paumé, comme sur le premier essai (7e). Sans espace et sevré de ballon, sa performance a résumé à elle seule le fait qu'il ne fait pas bon être ailier dans ce XV de France.

Côté sud-africain, signalons les bonnes copies rendues par Serfontein, Etzebeth et Jaco Kriel. Sans oublier la très belle rentrée du pilier gauche Kitshoff.

Jefferson Poirot (XV de France) - 24 juin 2017

Jefferson Poirot (XV de France) - 24 juin 2017Getty Images

Le facteur X : l'essai d'entrée de jeu

Et dire que l'on y croyait à ce dernier match. L'esprit de révolte devait animer les Bleus et, vexés par le résultat des deux premiers tests, les Tricolores devaient relever la tête. Un espoir qui a duré 7 minutes. Le temps que les Springboks marquent le premier de leurs 4 essais. Une passe hasardeuse de Ducuing, sous pression, et le ballon atterrissait dans les mains de Vakatawa qui se faisait prendre en étau et arracher la balle, avant que Kriel ne file marquer. Aussi vite motivé que refroidi, le XV de France était ramené à la raison. Son staff et ses supporters également.

Virimi Vakatawa (XV de France) face à l'Afrique du Sud - 10 juin 2017

Virimi Vakatawa (XV de France) face à l'Afrique du Sud - 10 juin 2017Icon Sport

Le tweet qui résume tout

La stat : 30

C’est en pourcentage le nombre de plaquages manqués (44/63) par l’équipe de France lors de ce 3e test face à l’Afrique du Sud. C’est le ratio le plus élevé des trois matches. À contrario, les Sud-africains ont réussi 80% de leurs tentatives. Preuve que les Bleus n’y étaient pas.

Jaco Kriel (Afrique du Sud) - 24 juin 2017

Jaco Kriel (Afrique du Sud) - 24 juin 2017Getty Images

La décla : Guilhem Guirado (XV de France)

" Trois matches, trois défaites sur le même score, c'est très dur. Mais maintenant nous savons ce qu'il nous reste à travailler."

La question : que faut-il retenir de cette tournée ?

Il faut se faire une raison. Après les défaites encourageantes et les résultats sans manière, le XV de France a régressé. C’est indéniable. Cette tournée, qui devait confirmer les espoirs entrevus lors de la tournée d’automne et du dernier Tournoi, a viré au cauchemar. Et les Bleus ne sont plus que l’ombre de ce blason frappé du coq.

Car une chose est sûre, la bande de Guy Novès est loin du haut niveau. Très loin. Face à une équipe d’Afrique du Sud annoncée sur la mauvaise pente et qui est en totale reconstruction, la France a été incapable de rivaliser. Et ça fait franchement peur, d’autant que les Springboks n’ont pas été forcément brillants. Mais juste propres, efficaces et réalistes. La différence, elle est là. Tout le contraire d’une équipe de France qui s’est affichée perdue, sans solution et désemparée aux yeux du rugby mondial. Triste.

Il faut sauver le XV de France. Après le fiasco de la Coupe du monde 2015, le Général Novès avait pris en main une armée en champs de ruine. Près de deux ans après, aucune fondation n’apparait vraiment posée. Car à l’image de son Top 14, les Bleus ne font que (se) détruire. Le rugby pratiqué est "moche", fait de percussions à tout-va, sans vitesse au large. Et sans épiloguer sur la défense (36 points encaissés en moyenne), la plus faible en tournée d’été depuis les deux matches en Australie en 2008.

Les acteurs du rugby français doivent se réunir, vite. Car dans deux ans, direction le Japon. Et dans cette optique, le XV de France est aujourd’hui très loin de pouvoir prétendre à la moindre des choses. Surtout quand on voit le niveau de jeu des Anglais et des Argentins (présents dans notre poule). Guy Novès ne peut être le seul responsable de cette déroute. Des décisions sur le court terme doivent être prises rapidement dans l’intérêt de l’équipe de France. Que cette tournée serve au moins à cela…

Louis Picamoles (XV de France) - 24 juin 2017

Louis Picamoles (XV de France) - 24 juin 2017Icon Sport

Maxime Brossard et Maxime Gil

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