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XV DE FRANCE - Aligner trois numéros 8 en troisième ligne ? La France a tout à y gagner...

Aligner trois numéros 8 en troisième ligne ? Le XV de France a tout à y gagner...

Le 28/06/2016 à 18:30Mis à jour Le 29/06/2016 à 16:54

XV DE FRANCE - Parmi les grandes satisfactions de la tournée du XV de France en Argentine, la troisième ligne tricolore a indéniablement marqué des points. Avec trois numéro 8 associés, Guy Novès a trouvé une alternative qui s’inscrit totalement dans son projet de jeu. Décryptage avec Patrice Collazo.

Et dire que beaucoup présentait cette tournée vers Tucuman comme le comble de l’inutile. Au final, les enseignements auront été bien plus nombreux qu’on ne pouvait s’y attendre. Si le demi de mêlée Baptiste Serin et le talonneur Rémi Bonfils ont crevé l’écran, sans oublier le deuxième ligne Julien Le Devedec, un secteur de jeu a sans aucun doute séduit Guy Novès : la troisième ligne.

En associant trois numéro 8 lors des deux tests (Lakafia, Gourdon, Goujon puis Goujon, Picamoles, Gourdon), le staff du XV de France s’est orienté vers une troisième ligne bien spécifique sans véritable plaqueur-gratteur. Lors du second test largement dominé par les Bleus (0-27), la troisième ligne tricolore s’est ainsi illustrée offensivement : Louis Picamoles (57 mètres parcourus, 1 défenseur battu), Loann Goujon (20 mètres parcourus, 2 défenseurs battus), Kevin Gourdon (29 mètres parcourus, 3 défenseurs battus).

Loann Goujon s'est montré très actif face aux Argentins

Loann Goujon s'est montré très actif face aux ArgentinsIcon Sport

" Guy Novès a peut-être trouvé une solution pour pratiquer un jeu dans lequel l’équipe de France est performante (Patrice Collazo) "

En alignant Loann Goujon (27 ans, 192 cm, 112 kg, 12 sélections), Louis Picamoles (30 ans, 192 cm, 115 kg, 54 sélections), Kevin Gourdon (26 ans, 190 cm, 106 kg, 2 sélections) mais aussi Raphaël Lakafia (27 ans, 191 cm, 111 kg, 4 sélections) et Kellian Galletier (24 ans, 188 cm, 103 kg, 1 sélection), le staff du XV de France s’est appuyé sur des joueurs complémentaires. "Goujon mise sur sa puissance, défie les défenses ballon en main pour créer des brèches", nous explique le manager du Stade rochelais Patrice Collazo. "Ce qui ne l’empêche pas d’être aérien et particulièrement précieux en touche. Je l’ai toujours trouvé plus performant en troisième ligne aile. Picamoles est un joueur qui porte exclusivement le ballon, qui avance. Et Gourdon est un joueur de rupture, un joueur hybride capable de porter le ballon, qui préfère l’évitement à l’affrontement. Mais avant d’être puissant et rapide, c’est un joueur de rugby. Quand on connaît le jeu, qu’on sent le jeu, ça devient beaucoup plus facile. Il a confirmé qu’il avait des prédispositions pour s’installer au haut niveau et postuler sur le long terme".

Louis Picamoles (XV de France) face à l'Argentine - 25 juin 2016

Louis Picamoles (XV de France) face à l'Argentine - 25 juin 2016AFP

Peut-on se passer d’un vrai plaqueur-gratteur ?

Lors du dernier Tournoi des 6 Nations, Guy Novès nous avait bien expliqué qu’il ne souhaitait pas s’orienter vers deux plaqueurs-gratteurs à l’image des Australiens David Pocock et Michael Hooper qui avaient survolé la Coupe du monde 2015 dans les zones de rucks. Pour le sélectionneur, cette option allait à l’encontre de sa volonté de tenir le ballon. Mais est-il pour autant envisageable que l’ancien manager du Stade toulousain se prive à l’avenir d’un tel profil incarné par le Racingmen Wenceslas Lauret (27 ans, 188 cm, 92 kg, 12 sélections) ? Un joueur présenté comme le successeur de Thierry Dusautoir. "C’est bien d’avoir un plaqueur-gratteur mais à condition qu’il coffre dix ballons par match", souligne Patrice Collazo. "Si son rendement défensif n’est pas optimal, on se retrouve souvent avec une troisième ligne déséquilibrée. Quand on veut faire un jeu basé sur le mouvement, ce sont des joueurs qu’on a du mal à inclure dans ces systèmes. Dès que j’ai voulu recruter un plaqueur-gratteur, je n’ai pas pu l’incorporer à mon collectif. Je pars du principe que je préfère avoir le ballon plutôt que défendre. On peut très bien jouer avec des profils différents".

Kevin Gourdon (France) face à l'Argentine - 19 juin 2016

Kevin Gourdon (France) face à l'Argentine - 19 juin 2016AFP

Souvent à la peine pour casser les plaquages et franchir le premier rideau, le XV de France s’est ainsi armé de joueurs capables de mettre l’équipe dans l’avancée pour enchaîner les temps de jeu et asseoir le projet de jeu ambitieux de Guy Novès. "Dans le jeu que le staff souhaite mettre en place, on a trouvé des joueurs à la bonne place, au bon moment, avec le geste juste", analyse Collazo. "On a senti beaucoup d’équilibre dans la répartition des tâches avec très peu de déchets. Guy Novès a peut-être trouvé une solution pour pratiquer un jeu dans lequel l’équipe de France est performante". Et nul doute que cette troisième ligne expérimentale s’affirme rapidement comme une évidence.

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