Icon Sport

Rokocoko : " La pression est très grande sur ces All Blacks, beaucoup plus que sur la France "

Rokocoko : " La pression est très grande sur ces All Blacks, beaucoup plus que sur la France "
Par Midi Olympique

Le 20/11/2021 à 16:50Mis à jour

TEST-MATCH - Comptant parmi les plus grandes légendes des All Blacks, avec lesquels il a inscrit 46 essais (deuxième meilleur marqueur de l'histoire, à égalité avec Julian Savea, Christian Cullen et Jeff Wilson) l'ancien ailier du Racing 92 livre les clés de la rencontre entre la France et la Nouvelle-Zélande, ce samedi soir au stade de France (21h).

Serez-vous au stade, ce samedi soir ?

Bien sûr, je n'ai pas envie de rater ce grand match ! Un grand challenge pour la Nouvelle-Zélande, j'en suis sûr. Les Bleus ont stabilisé leur groupe et tous ces joueurs attendent depuis longtemps l'opportunité d'affronter les All Blacks. Et comme les Blacks viennent juste de perdre, le week-end dernier en Irlande... Je les connais, leur semaine d'entraînement a dû être particulièrement intense. Ils sont très fiers, ils n'auront pas accepté ce qui s'est passé à Dublin.

Les voir perdre deux fois de suite, est-ce réellement impossible ?

Tout est possible en sport, vous savez... (il sourit) Mais c'est vrai, c'est tellement rare les concernant. Toutefois, attention : il ne faut pas que les Français considèrent cette défaite en Irlande uniquement comme une mauvaise chose. Bien sûr, les All Blacks sont piqués dans leur orgueil. Mais la pression est désormais sur eux. La pression du public, pour commencer. En Nouvelle-Zélande, les attentes des supporters sont très élevées. Une défaite, ils la tolèrent. Mais ils ne la pardonnent qu'à la condition que, le match d'après, vous gagniez. Et il ne faut pas seulement gagner : il faut le faire avec la manière, par un score large. Gagner petit ne leur suffit plus. La pression est donc très grande sur ces All Blacks, je le répète. Beaucoup plus que sur la France.

Comment expliquez-vous la défaite en Irlande ?

Ils sont en tournée depuis bientôt trois mois. Il faut comprendre l'usure que peut générer un tel calendrier. En Irlande, on a clairement vu apparaître des signes de fatigue. Mais les Français ne bénéficieront pas de cet effet de fatigue, de cette usure plus mentale que physique. Il y a eu une défaite : désormais, la fierté reprend le dessus. Les All Blacks savent que c'est le dernier match avant de rentrer à la maison. Ils vont tout lâcher.

Joe Rokocoko (Racing) contre Lyon

Joe Rokocoko (Racing) contre LyonIcon Sport

Quelle sera la clé du match, pour les Bleus ?

Vitesse et pression. De l'intelligence et de l'engagement. L'Irlande a réussi à imposer une qualité de soutiens offensifs qui lui a assuré d'excellentes libérations. Donc de la vitesse. Plus important encore : ils ont mis les All Blacks constamment sous pression. Ça a duré 80 minutes, et même un peu plus avec les arrêts de jeu. C'était impressionnant et c'est l'exemple même de performance qui peut faire douter la Nouvelle-Zélande. Il y a quelques années, les Irlandais pensaient avoir gagné, ils ont relâché la pression après 78 minutes et ils se sont faits reprendre. Cette fois, ils ont appris et ont maintenu le même niveau d'intensité pendant 82 minutes. Battre les All Blacks est à ce prix : une pression de chaque instant, pour les forcer à sortir de leur zone de confort. Et un minimum de déchet, car les Néo-Zélandais sont redoutables sur les ballons de récupération.

En l'absence de Vakatawa, le staff des Bleus avait choisi de lancer la paire Jalibert-Ntamack, avant de se rétracter pour ce dernier match. La reverra-t-on un jour ? Cela peut-il fonctionner ?

Ils ont eu raison d'étudier cette piste et ils doivent continuer de l'explorer. Ça ne veut pas dire qu'il faut l'installer définitivement, mais ça doit être une de leurs options. Regardez, en 2011 : la Nouvelle-Zélande a perdu deux ouvreurs en cours de Coupe du monde. Dans ces cas-là, il faut disposer de plans de secours déjà éprouvés. Aujourd'hui, Virimi (Vakatawa) n'est pas là. Et si cela arrivait en pleine Coupe du monde ? Si Ntamack se blessait ? Il faut des plans B, en Coupe du monde. Les Bleus s'y préparent dès maintenant et ils ont raison, pour ne pas être déstabilisés par d'éventuelles blessures dans le futur.

Quels sont les nouveaux joueurs des All Blacks à surveiller ?

Will Jordan, sur l'aile droite. C'est un joueur très opportuniste, toujours au bon endroit, au bon moment. Que ce soit pour créer ou conclure, quand l'occasion se présente. Son sens de l'opportunité est assez incroyable. C'est une intelligence rare, en plus de sa vitesse. J'adore le regarder jouer.

Propos Recueillis par Marc Duzan

Contenus sponsorisés