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L’antisèche : Implacables Crusaders

L’antisèche : Implacables Crusaders

Le 06/07/2019 à 12:26Mis à jour Le 06/07/2019 à 14:14

SUPER RUBGY - Le double champion en titre neo-zélandais a fait respecter la logique en s’imposant chez lui en finale du Super Rugby face aux Jaguares (19-3). Les Argentins ont vendu chèrement leur peau mais n’ont pas eu le pragmatisme des joueurs de Christchurch.

Le jeu : les Crusaders à l’usure

La franchise championne en titre est un gros pourvoyeur de la sélection neo-zélandaise et on a bien retrouvé une valeur ancestrale des All Blacks dans cette finale, surtout en première mi-temps. Celle de punir l’adversaire sur le moindre ballon de récupération. Dans le premier acte, les Jaguares, très agressifs en défense, n’ont pas laissé grand-chose aux Crusaders. Mais c’est avec ce pas grand-chose que ces derniers ont pu faire l’écart. Un ballon au départ volé en touche par Desio mais récupéré à la force des bras par Todd à Diaz, et quelques secondes plus tard l’essai de Taylor (25e).

L’autre force des All Blacks est cette confiance de tous les instants. Alors que la sirène avait rententi et que 9 joueurs sur 10, dans ses 22 mètres et avec un score aussi serré (7-3) aurait vite tapé touche, Hall a, lui, préféré la relance. Une audace récompensée quelques secondes plus tard avec une pénalité dans le camp argentin concrétisée par le très précis Mo’unga (40e+2). En seconde période, les Crusaders ont eu l’opportunité d’inscrire un deuxième essai mais Petti a maintenu le suspense en sauvant son en-but sur Todd (51e). La fatigue venant en seconde période, les Jaguares ont concédé des pénalités dans leur camp dont s’est délecté Mo’unga (53e, 59e, 75e), sa réussite mettant un terme définitif au rêve des partenaires de Creevy.

Les joueurs : Mo’unga sans trembler, Moroni pas récompensé

Gonzalo Quesada n’aura pas grand-chose à reprocher à ses joueurs, qui ont mis un taux d’implication et d’application maximal pour tenter d’ébranler le champion en titre. À la demi-heure de jeu, et malgré une pression défensive et une intensité de tous les instants dans les plaquages, ils n’avaient, par exemple, pas encore concédé la moindre pénalité. Leaders de combat, Matera et Petti ont sorti une grosse performance mais n’ont pas pu éviter la défaite des leurs. Tout comme Moroni, qui s’est procuré trois occasions nettes de marquer (34e, 43e, 69e) sans succès.

Richie Mo'unga (Crusaders)

Richie Mo'unga (Crusaders) Icon Sport

Côté Crusaders, Mo’unga a, comme l’an dernier, était un des grands artisans du sacre de son équipe. Il n’a, certes, pas traversé le terrain ou déclenché de passe laser d’un autre monde, mais il a tout mis au pied. Son inspiration de jouer vite une pénalité à 5 mètres de l’en-but argentin a permis à Todd de finir derrière la ligne (51e). L’essai n’a pas été accordé au troisième ligne international neo-zélandais mais son équipe a récupéré une pénalité et trois points dans la foulée. Impossible aussi de ne pas souligner l’apport de joueurs d’expérience comme Read, Todd et Whitelock dans les zones d’affrontement.

Le facteur X : Moroni et Orlando ne se sont pas trouvés

En l’espace de neuf minutes, les Jaguares ont manqué deux énormes occasions de revenir à hauteur des Crusaders. La première, six minutes avant la pause, avec une chistera géniale de Matera pour Moroni en bout de ligne. L’ailier argentin a choisi de finir en solitaire plutôt que de glisser à Orlandi, à hauteur en bord de touche, et a lâché le ballon sur la ligne d’essai. La seconde occasion, trois minutes après le retour des vestiaires, toujours avec le même duo Moroni – Orlando. Le premier réussit un magnifique petit par-dessus dans les 22 mètres neo-zélandais avant de tenter de remettre à l’intérieur pour son trois-quarts centre à 2 mètres de l’en-but. Ce n’est pas passé pour une poignée de centimètres. La chance des Jaguares venait définitivement de passer.

Super Rugby - Matias Moroni (Jaguares)

Super Rugby - Matias Moroni (Jaguares)Icon Sport

La stat’ : 3

Après 2017 et 2018, les Crusaders sont donc champions de l’hémisphère Sud pour la troisième fois consécutive. La province basée à Christchurch avait déjà réussi cet exploit il y a une vingtaine d’années (1998, 1999, 2000). Scott Robertson, l’actuel entraîneur, était alors joueur de cette équipe historique.

La question :

Les Jaguares ont-ils à rougir de cette défaite ?

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Pour la première fois depuis sa création, le champion de l’hémisphère Sud pouvait avoir un lauréat autre que neo-zélandais, australien ou sud-africain. Les Jaguares n’ont pas pu renverser la montagne qui se dressait devant eux mais ont montré d’incroyables vertues de solidarité, de défense et aussi de talent à l’image de leur saison fantastique. Si le score final laisse quand même présager une victoire logique et maîtrisée des "Croisés", ces derniers, chez eux, n’ont pas évolué non plus dans le confort et auraient pu douter un peu plus si les Argentins avaient pu concrétiser une de leurs trois occasions très franches de la partie. Les hommes de Gonzalo Quesada ont chuté face à ce qui se fait de mieux au pays du rugby, ce qui n’a rien d’infamant. Ce qu’ils ont encore montré ce samedi est un signe, si on en doutait encore, qu’il faudra compter sur les Pumas dans quelques mois au mondial japonais.

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