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Le "golden point" fait chavirer la Nouvelle-Zélande

Le "golden point" fait chavirer la Nouvelle-Zélande
Par Rugbyrama

Le 21/04/2021 à 12:04Mis à jour Le 22/04/2021 à 10:18

SUPER RUGBY - Le 10 avril 2021, le rugby néo-zélandais rentre une nouvelle fois dans l’histoire. Les Waikato Chiefs gagnent le premier match de l’histoire du Super Rugby Aotearoa au bout du "golden point". face aux Highlanders. Une règle appliquée depuis le début de saison et qui prend sa source dans le rugby à XIII.

Littéralement, le "golden point" pourrait se traduire par le "point en or". En d’autres termes, lorsqu’à la fin des 80 minutes le score est à égalité, les deux équipes jouent une prolongation de dix minutes, où la première qui marque, gagne le match. Si personne n’inscrit le moindre point, alors les deux formations se séparent sur un match nul. Cette règle inédite dans le rugby de clubs a ainsi pu être expérimenté à deux reprises lors de la 7e journée. Dans un stade comble, Damian McKenzie a d’abord crucifié les Highlanders d’une pénalité de 55 mètres, sourire en coin.

Le lendemain, c’est le centre David Havili qui tape un drop "à l’improviste" selon ses termes, pour faire passer les Crusaders devant les Hurricanes. Deux scénarii différents mais des émotions similaires, en Nouvelle-Zélande comme sur les réseaux sociaux. De l’intensité, du stress, des sentiments de délivrance euphorique ou de désillusion cruelle… la réforme du "golden point" plaît. Mais derrière chaque réussite, des faces sombres et des détracteurs demeurent toujours.

Venu du XIII, le point en or n'a pas que des amoureux

Décidée l’été dernier par la fédération néo-zélandaise, la règle du point en or a suscité critiques et inquiétudes. La première d’entre elles, son origine. Le "golden point" est présent en NRL depuis 2003 pour séparer les matchs nuls. Les détracteurs de cette règle évoquent un principe simple : le rugby à XV ne doit pas s’adapter au rugby à XIII. Inutile de rappeler que nombre de règles varient entre les deux disciplines. Autre point d’inquiétude, plus stratégique et hasardeux. Les anti-golden point argumentent leur point de vue sur un fait précis selon lequel, l’équipe qui donne le coup d’envoi de la prolongation a nécessairement un avantage.

En réceptionnant le ballon, l’équipe adverse est plus vulnérable et exposée à une faute ou à un dégagement pour se donner de l’air et ainsi, donner la possession à l’adversaire. Une configuration avantageuse d’autant qu’en Super Rugby le nombre de pénalités est quasiment doublé (5,5 en NRL contre 9,3 en Super Rugby). Le troisième axe des détracteurs concerne un aspect plus philosophique du rugby. Les matchs nuls sont très rares (3 en huit saisons de Super Rugby !) et témoignent d’une lutte féroce, tendue, mais qui ne trouve pas de vainqueur. Avec cette mort subite, le risque serait de forcer la destinée d’une rencontre.

Chaque réforme est la cible d’arguments contestataires, mais force est de constater que les réactions ont été, sinon unanimes, ont moins révélatrices d’un public toujours plus envieux d’intensité et de tension, avec cette formule du golden point.

Par Clément LABONNE

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