Midi Olympique

Chronique de P.Villepreux

Chronique de P.Villepreux
Par Rugbyrama

Le 19/03/2007 à 11:00Mis à jour

Pour Pierre Villepreux, le XV de France a encore beaucoup à faire avant le Mondial : Les derniers matchs des équipes participants aux 6 nations auront apporté des résultats, mais pas réellement d’ informations majeures sur leurs chances de bien "performe

Il est toujours tentant d'utiliser une compétition pour se projeter dans une autre. Les derniers matchs des équipes participants aux 6 Nations auront apporté des résultats, mais pas réellement d'informations majeures sur leurs chances de bien "performer" en Coupe du monde. L'inévitable comparaison avec le "Sud" après les Tri Nations entretiendra le débat. Le jeu évolue et se construit autour des compétitions. Les différentes productions d'un hémisphère à l"autre sont circonscrites par la culture et par le sens qui est accordé à ces compétitions surtout bien sur avant un événement mondial. Je suis de ceux qui pensent que les vérités dégagées en amont ne sont pas, bien souvent, celles qui permettront d"atteindre le graal.

Les équipes du Sud, habituellement, nous proposent un jeu plus innovant qui est chaque fois repris par le Nord comme des savoirs qu'il convient vite de s'approprier, sous peine de perdre toute chance d'être compétitifs. Le passage et la prestation des All Blacks en Europe a marqué les esprits. La qualité du mouvement proposée a été le fait de joueurs beaucoup plus créatifs et inventifs, plus disponibles pour agir et réagir face aux situations tellement variables que présente le jeu.

Les équipes des 6 Nations ont cherché à s'engager dans ce créneau du mouvement, certes à des degrés divers, mais ce choix a permis en partie de cerner leurs espérances où d'évaluer une réalité plus difficile à gérer.

L'équipe d'Irlande me semble être celle qui produit le meilleur rugby.

L'efficacité est toujours recherchée dès le premier lancement et la continuité est la conséquence des effets produits. Les demis sont à la baguette pour produire du jeu peu importe la position sur le terrain. La confiance habite les joueurs qui y manient avec a propos intelligence tactique et habilité gestuelle.

Le pays de Galles via son Welsh way est dans cette optique mais la juste mesure entre ce qui est risqué mais jouable et l'impossible reste à trouver. Mais il faut aussi accepter les erreurs pour évoluer.

Les Anglais mettront plus de temps, mais y parviendront s'il conservent leur entraineur.

L'Ecosse va végéter, ils sont les plus conservateurs donc seront les derniers à accéder à une démarche de formation plus ouverte.

Les Italiens sont sur la bonne voie, il ne s'agit pas pour eux de méthode mais d'un manque de joueurs de haut niveau.

La France gagne et l'on peut s'en satisfaire, mais le volume de jeu envoyé, qu'il faut bien sûr louer, ne doit pas cacher les difficultés rencontrées pour déséquilibrer les défenses adverses et profiter ainsi des effets créés pour enchainer dans les espaces de moindre densité défensive .

Devant l'Ecosse, la balle a effectivement circulé, utilisant, après la situation de plaquage, des lignes d'attaques toujours bien en place, mais le plus souvent la circulation du ballon se faisait devant la défense, un coup à droite, un coup à gauche etc. On n'est pas dans une continuité efficace mais sur une production de conservation un peu stérile du ballon. Les attaques des Bleus manquaient à la fois, de rythme collectif pour agresser la défense , et de soutien au joueur engagé dans le jeu pénétrant. Obligée de passer par le sol, la défense écossaise fut rarement déstabilisée dans ce type de jeu, en revanche elle n'a pas su et pu s'opposer à la force collective des avants, ce qui est aussi une façon intelligente de s'adapter. Cette option cependant risque de ne pas être suffisante face à d'autres adversaires. Il s'agira alors de trouver des solutions dans le secteur précédent.

Les Blacks gardent de l'avance. Vivement les Tri Nations, pour confirmation ou non.

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