AFP

Bon, beau, mais imparfait

Bon, beau, mais imparfait
Par Rugbyrama

Le 19/03/2007 à 11:14Mis à jour

La presse française revient sur le sacre des Tricolores dans le Tournoi des 6 Nations 2007, qui fait suite à celui de 2006. Pour autant, les plumes sont unanimes : tout ne fut pas parfait.

Si vous faîtes partie de ceux qui ont choisi de profiter d'un des derniers jours de beau temps avant le retour fracassant de l'hiver sur l'Hexagone au lieu de regarder le dernier après-midi de Tournoi des 6 Nations, Libération explique ce qui s'est passé, en résumé, au Stade de France : "Et quand les Bleus (devenus blancs) ont pénétré sur la pelouse du Stade de France, ils savaient déjà que l'Irlande avait corrigé l'Italie 51-24, et qu'il leur fallait donc s'imposer avec un écart de 24 points pour conserver leur couronne européenne. Or, comme l'admettra ensuite Ibanez, cette donnée a joué un rôle décisif quant au choix de la stratégie employée. Sans oublier un arbitrage globalement favorable aux locaux (préfigure-t-il le célèbre «arbitrage maison» inhérent à toute compétition mondiale ?), qui a vu le Sud-Africain Craig Joubert refuser un essai entre les poteaux aux Ecossais pour un en-avant peu évident, accorder l'essai de la gagne à Elvis Vermeulen sans confirmation de la part du préposé à la vidéo (en cas de doute il est d'usage d'ordonner mêlée à cinq mètres) et sortir dix minutes Sean Lamont alors que celui-ci n'avait rien fait."

Six essais des Bleus, pour trois contre, le Journal du Dimanche titrait déjà hier : Coeur, suspens et vidéo...

Il en fallut du c&oeligur, là où "c'était panique à bord" d'après un des cadres du XV de France qui se confie à l'hebdomadaire dominical. "Ce fut un scénario digne d'un bon film d'Hollywood,"s'exclame l'un des grands absents du Tournoi, Thomas Castaignède dans sa chronique au Guardian. Plus globalement, sur l'ensemble du Tournoi, Casta souligne pour conclure : "Si l'on se projette sur la Coupe du monde, alors toutes les nations d'Europe ont fait des progrès, mais toutes restent à quelques bons mètres du sommet de la montagne all black. C'est une très bonne chose de marquer ainsi le printemps, mais il y a encore beaucoup de travail à accomplir cet été pour se rapprocher des Blacks cet automne."

Car, comme le souligne Bernard Laporte lui-même, "le Tournoi ne fera pas tout". Beaucoup de question se pose sur l'absence d'un fil conducteur dans le jeu des Bleus. "Le problème, il me semble, reprend Jacques Verdier dans l'édito du Midi Olympique, ce serait plutôt une programmation trop stricte, l'uniformité du schéma, sinon la difficulté à franchir et à jouer librement dans la défense."

Samedi soir, les Bleus ont reçu le trophée dans un stade quasi désert et se sont offerts une "nuit caline"(Sud Ouest) : "les Bleus vainqueurs du Tournoi 2007 en ont fait "péter une" [troisième mi-temps, NDLR], selon le mot d'un des acteurs anonymes. Et les Bleus ont fait la fête et ont pu voir l'étendue de leur notoriété." Ainsi, comme le conte Sud Ouest. Cédric Heymans ne trouvant pas de taxi s'est fait conduire à la fête par une voiture de la BAC :

"Après moult tournées et X coups de téléphone, il décide de rejoindre le gros de la troupe (non, pas Obélix). Mais à cette heure, déjà avancée, les taxis ne sont pas légion. Les voitures de police, si. L'ailier toulousain en avise une, qui croise dans les parages et tombe... sur trois admirateurs en tenue ! Et voilà comment la patrouille de la BAC se retrouve taxi, avec quatre passagers de plus à bord (dont 5 à l'arrière), tous en smoking et direction la nuit câline, nuit de Chine...

Passage à proximité du ministère de l'intérieur, gyrophare et sens interdits : 5 minutes après, Heymans fait une entrée triomphale et retrouve les siens. Dispersés, les Bleus ? Surtout pas. Dans cet "endroit in" de la rue du faubourg Saint-Honoré, ils sont une quinzaine au rendez-vous. Les Toulousains en bloc d'un côté; le gang des Berjalliens à l'autre bout du comptoir et au milieu, des Biarrots en meneurs de revue, Beauxis yeux écarquillés et un capitaine Ibanez aux anges. Le temps d'une chanson dédicacée à "Bulle" (Milloud) pour son premier essai international et les plus vaillants rebondissent encore. Direction "rue de la soif", rue Princesse, où le premier autochtone croisé porte smoking et lunettes à montures fines : bon sang, Bernard Laporte chante Gérard Lenorman ! Serait-il temps de rentrer ?"

Faut-il une réponse? Messieurs, le Mondial vous attend!

Contenus sponsorisés