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Lucien Simon : "J’ai l’impression que le VII est en train de s’émanciper du XV"

Lucien Simon : "J’ai l’impression que le VII est en train de s’émanciper du XV"

Le 10/08/2022 à 14:04Mis à jour Le 10/08/2022 à 14:25

IN EXTENSO SUPERSEVENS - Le vice-président de la Ligue Nationale de Rugby Lucien Simon est un des précurseurs du rugby à VII en France. Il est un de ceux qui ont créé le fameux In Extenso SuperSevens, un championnat entre les clubs professionnel du rugby français. Il revient sur l'évolution du rugby à VII en France et parle des objectifs de la compétition.

Comment l'In Extenso SuperSevens a vu le jour ?

Il y a eu plusieurs étapes. D'abord, celle de la conception de la compétition, avec des objectifs affirmés, notamment que la LNR occupe l’espace du rugby à VII. En partant du constat que, en France, les meilleurs joueurs jouent dans les clubs professionnels à XV, si on voulait une bonne équipe de France olympique, il fallait créer une compétition entre ces clubs. Ensuite, une fois conçue, il fallait une dérogation de la Fédération. Mais sous la précédente gouvernance, cela nous avait été refusé. Finalement, la nouvelle gouvernance nous a accordé le droit d'organiser et la première édition a eu lieu à la Paris la Défense Aréna, lors d'une étape unique. Elle avait été remportée par le Racing 92.

Ensuite ?

Le Covid est arrivé et a coupé notre élan ! C’est seulement l’année dernière qu’il y a eu ce format avec trois étapes estivales et une étape finale à la Paris la Défense Arena. D'ailleurs, il faut souligner que c'est un écrin unique et exceptionnel pour la pratique du rugby à VII. Quand à l'In Extenso Supersevens, c’est unique au monde, il n’y a pas d'autre championnat de rugby professionnel à VII. C’est très important pour nous.

La première édition de l’In Extenso SuperSevens a-t-elle été une réussite ?

Est-ce que ça correspond à mes attentes ? Oui. On a eu un succès populaire assez marquant. Les médias et principalement le diffuseur Canal+ s’y sont intéressés et adorent les formats excessivement rythmés. Ce que j’ai trouvé incroyable, c’est le taux de satisfaction des supporters. Quand on est sur une étape de rugby à VII, tout le monde est content. Alors qu'à XV, il y a toujours la moitié du public qui est déçu quand leur équipe perd. Le rugby à VII est aussi particulier que la troisième mi-temps, on la commence dès le premier match ! On voit seulement des gens dans une ambiance festive. C’est véritablement plaisant et c’était l’objectif.

L'In Extenso SuperSevens tend-il à évoluer ?

D’un point de vue technique oui, surtout quand j’ai vu la composition des équipes cette année. Lors de la première édition, le Racing 92 avait gagné et on observait alors que c’était l’équipe qui avait les meilleurs joueurs à XV qui l'avait emporté. L’année dernière, Pau a gagné la première étape avec une équipe jeune et joueuse. Les deux autres étapes ont été gagnées par Monaco, qui avait pris de vrais joueurs à VII. L'étape finale a été gagnée par les Barbarians, qui avaient eux aussi des spécialistes du VII.

Oui ?

Et donc pourquoi je suis gourmand maintenant ? Parce que je vois que certains clubs comme Bordeaux et Clermont ont fait un véritable effort en créant des sections dédiées exclusivement au VII. Et pour la saison qui s’ouvre, j’ai l’impression que le VII est en train de s’émanciper du XV. J’espère qu’on va voir du vrai spectacle.

Pour ce deuxième volet complet, qu’est-ce qui va changer ?

Sur le format pas grand-chose si ce n’est qu’on a voulu libérer les clubs de beaucoup de contraintes pour bâtir les meilleures équipes possibles. La véritable étape majeure, c’est le renforcement des relations avec l’équipe de France à 7. Les clubs de Top 14 ont d'ailleurs décidé de s'impliquer en laissant à disposition des Bleus des joueurs pendant une durée assez longue, afin de préparer la coupe du Monde et les JO.

Qu’attendez-vous au niveau du public ?

Le rêve, c’est le guichet fermé ! Mais je considère qu’à partir de 10 000 spectateurs, c’est quelque chose de déjà marquant.

Le fait que le rugby à VII soit le rugby représenté aux jeux Olympiques et que les jeux arrivent en France joue un rôle dans tout cela ?

C'est très important pour nous pour d'avoir une équipe de France qui soit compétitive pour les jeux Olympiques. C'est absolument majeur. D'ailleurs, s'il n'y avait pas le VII aux JO, je ne suis pas sûr que l'In Extenso SuperSevens aurait été créé.

Le but est aussi de voir éclore de nouveaux talents ?

Évidemment, c'est un des buts premiers. Comme ce fut le cas pour le jeune Toulousain Nelson Épée. On peut résolument dire que notre compétition a participé à sa révélation. Cette compétition doit révéler de nouveaux talents. Et si ces derniers peuvent profiter aux clubs professionnels et à l'équipe de France, on aura rempli notre mission.

Il y avait aussi Saimone Qeleca, joueur de division honneur, qui avait explosé avec Monaco...

Lui, je peux vous le dire, c'était mon chouchou. De voir arriver ce garçon du niveau qu'il était mettre des grands "bruns" a des joueurs de Top 14, cela fait partie de nos réussites. On en est tellement content. On a l'impression que seuls les joueurs de Top 14 sont des super-héros, mais voir ce mec qui avait encore du plâtre sous les ongles en arrivant sur le terrain faire ce qu'il a fait, c'est exceptionnel.

Des clubs comme I'UBB et Clermont ont créé une vraie cellule afin de développer le VIl au sein de leurs clubs. Qu'en pensez-vous ?

Que des clubs aussi prestigieux que Bordeaux et l'ASM créent une véritable structure, c'est la démonstration que le VII est un complément indispensable au XV. Je tiens à dire que tous les joueurs, lorsqu'ils étaient jeunes, sont passés par le VIl ! C'est l'essence du rugby. Cela a permis de voir l'éclosion de joueurs comme Vakatawa notamment. C'est quelque chose de majeur. Pau est aussi pleinement impliqué dedans et a décidé de faire de la compétition partie intégrante de sa préparation avant le Top 14. Et j'en suis ravi.

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