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Pomarel : "On n’a pas le choix, c’est l’avenir du rugby"

Pomarel : "On n’a pas le choix, c’est l’avenir du rugby"

Le 12/07/2019 à 14:44Mis à jour Le 13/07/2019 à 11:46

SEVENS - En marge du Med Sevens, dernière étape du Circuit Elite de rugby à sept ce week-end à Montpellier, l’ancien entraîneur de France 7, Frédéric Pomarel, a partagé son regard sur l’évolution de la discipline olympique dans l’Hexagone.

Rugbyrama : Quel bilan tirez-vous de ce Circuit Elite 2019 ?

Frédéric Pomarel : C’est très positif et j’ai l’impression que l’on a de plus en plus d’adeptes. À l’image du Med Sevens qui accueillait de nouveau ces finales, on se rapproche de plus en plus de mon idée du sept avec cette unité de lieu, ce village au centre où les gamins et les parents s’amusent, ces trois terrains qui fonctionnent avec des catégories d’âges différentes, un arbitrage cohérent, filles et garçons en même temps, ça c’est sept ! Ça me plait de voir les jeunes de St Médard et Millau s’éclater en finale des "moins de 19 ans". Le circuit féminin est en progrès constant et le circuit masculin était plus homogène cette saison. Il a fallu attendre la dernière journée pour voir les Seventise (Paris) remporter leur duel contre les 7 Fantastics (Massy). Ce n’est pas tout le temps évident pour ces associations mais la FFR fait un vrai effort sur le développement du rugby à sept. Ça va lentement, j’aimerais que ça aille beaucoup plus vite, mais je me dis que les choses pour s’implanter vraiment doivent prendre le temps pour pousser. En tout cas, je suis super satisfait de ce Circuit 2019.

Sevens - Les Champions du circuit élite masculin

Sevens - Les Champions du circuit élite masculinRugbyrama

Des nouveautés sont-elles envisagées pour la prochaine saison ?

FP. : On a profité de cette dernière étape pour en discuter avec l’ensemble des organisateurs des tournois. On sait qu’il y a des choses qui ne vont pas mais il y a aussi des évènements de qualité à Bidart, à Nantes, à Versailles, qui sont en train de se monter. C’est exactement ce que l’on cherche, on veut que le sept s’implante partout car on aimerait augmenter le nombre d’étapes sur le circuit et que les catégories Fédérales comme Féminines s’étoffent encore. Pourquoi pas aussi imaginer un jour une compétition européenne ? Il ne faut avoir peur de rien et ne pas se mettre de limites. Le sept suivra le même chemin que le quinze, à un moment il y aura quelque chose qui se passera à ce niveau, c’est évident. Déjà la saison prochaine, le SuperSevens va se mettre en route pour les clubs de Top 14 et je crois que c’est une bonne chose parce que cela offrira une autre vitrine. Il y a des perspectives.

" C’est très difficile d’implanter ce jeu "

Malgré tout, on sent encore de vraies entraves au développement de cette discipline sur le territoire français…

FP. : Le contexte est très difficile avec des gens réfractaires, des systèmes opposés, plus forts économiquement et politiquement. C’est très difficile d’implanter ce jeu et c’est pour ça que la performance de France 7 masculine et féminine est très belle car ils se battent dans un désert. Le sept français féminin se porte vraiment très bien grâce à une vraie entente avec le quinze. Malheureusement, les garçons n’arrivent pas à le faire. Même si ce n’est pas le même contexte, je crois que beaucoup n’ont pas encore compris qu’il fallait faire tourner les deux boutiques en même temps. Il faudra peut-être que les JO de 2024 passent par là pour que tout le monde prenne enfin conscience de ce que ce jeu peut apporter et de son intégration obligatoire au paysage rugbystique français. On n’a pas le choix, cela fait dix ans que je le dis, c’est l’avenir du rugby. J’espère vraiment que les équipes de France vont continuer de montrer la voie en se qualifiant toutes les deux pour Tokyo.

" Jamais eu autant les armes pour se qualifier "

Il y a quatre ans, vous aviez décroché la qualification olympique avec France 7 via le Circuit européen, ce week-end cela se joue sur un tournoi sec à Colomiers, qu’est-ce que cela peut changer pour les Bleus ?

FP. : À l’époque, on avait trois tournois pour se qualifier et une seule étape était en France. Là c’est l’étape décisive qui se joue à Colomiers donc l’avantage maison est toujours très intéressant. En plus, ils ont bien fait le job à Moscou pour se placer en tête de série et s‘éviter de mauvaises surprises. Le fait que cela se passe sur un tournoi sec, que la Grande Bretagne (via l’équipe d’Angleterre) est toujours en course, c’est peut-être un peu plus dur qu’en 2015, mais je pense qu’ils n’ont jamais été aussi bien que maintenant. J’espère juste qu’ils n’ont pas eu leur pic de forme un peu trop tôt car ils enchaînent depuis Vancouver et Hong-Kong où ce qu’ils avaient fait était extraordinaire. Sur le niveau qu’ils ont montré ces quatre derniers mois, ce ne serait pas juste qu’ils ne passent pas.

France 7 féminines s’est également mise dans de bonnes dispositions mais le TQO se jouera à Kazan en Russie…

FP. : En théorie, c’est peut-être plus dur pour elles alors qu’elles ont un meilleur niveau que les garçons sur l’échiquier mondial. Elles n’ont pas fait de podium cette saison sur le Circuit mais elles sont très bien installées à la cinquième place et elles ont fait le break sur les nations derrière elles. La difficulté, c’est que les meilleures équipes à leur trousse sont européennes avec les Russes, les Anglaises, les Irlandaises et les Espagnoles. Le fait que ce tournoi sec se joue en Russie, ce n’est pas cool car les traquenards sont monnaie courante là-bas même si elles se sont montrées supérieures à Marcoussis lors de la première étape européenne. Ce serait encore plus injuste si elles n’y allaient pas. Mais sincèrement j’y crois, on n’a jamais eu autant les armes pour le faire que maintenant. J’espère que ce week-end sera jour de paye pour les Bleu(e)s.

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