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Akhenaton : "J’ai hâte de voir ce que ça va donner"

Akhenaton : "J’ai hâte de voir ce que ça va donner"
Par Rugbyrama

Le 31/01/2020 à 16:06Mis à jour Le 31/01/2020 à 16:18

SEVENS – Le groupe de rap iconique IAM fera le show samedi soir en clôture du premier In Extenso Supersevens à Paris – La Défense Arena. À cette occasion, le leader du groupe Akhenaton s’est livré sur cet événement, sur la préparation d’un show comme celui qu’ils vont réaliser mais aussi sur le rugby en général et les valeurs que ce sport véhiculent.

Comment se prépare un show de clôture comme celui-là ?

En ce moment, on est en pleine préparation de notre nouveau spectacle. On a donc plein d’inspirations. Là, le contexte est différent, on n’est pas vraiment dans une salle de spectacle, mais dans le cadre d’un événement sportif. À travers les années, on a eu la chance de faire plusieurs fois ce genre de show. D’habitude, c’est plus avec les sports de glisse comme le snowboard. Samedi sera la première fois avec du rugby. Je trouve que c’est bien de mélanger le monde du sport et le monde de la musique. La culture et le sport sont des éléments essentiels pour la société, pour la jeunesse.

C’est votre première fois dans un événement de rugby, quel est votre rapport à ce sport ?

Notre culture rugby s’est surtout faite sur les gros événements comme la Coupe du monde ou le Tournoi des Six Nations. On n’est pas issus de cette culture, mais plutôt de celle du football. Quand on était plus jeune, il n’y avait pas de rugby à Marseille. J’ai eu la chance d’essayer ce sport à l’école parce que j’avais un professeur d’EPS qui venait du sud-ouest. Je regardais aussi le rugby avec mon grand-père qui était un vrai passionné. Mais ce n’est pas un sport que je connais aussi bien que le foot ça c’est certain.

À Marseille vous avez eu une des plus grandes stars, Jonah Lomu, vous avez l’occasion de le rencontrer à l’époque ?

Malheureusement non, mais on ne rencontre pas toujours les joueurs de foot non plus (rires). Par contre, depuis cette époque, le rugby à XV à Marseille a un peu disparu comme le club de football de Toulon. Du coup, j’ai remarqué qu’indirectement, les supporters du rugby à Marseille sont devenus fans de Toulon et inversement, les fans du Sporting Club Toulon sont devenu fans de l’Olympique de Marseille. Autour de moi, tous les gens qui suivent le rugby sont plutôt RCT qu’un autre club français surtout que Toulon joue régulièrement au Vélodrome et que c’est à chaque fois une grande réussite.

Avec IAM, vous avez toujours prôné les valeurs de solidarité, d’entraide. Ce sont des valeurs similaires à celles du rugby, cela vous a-t-il motivé pour vous produire lors de ce Supersevens ?

La principale raison à la base, même si on n’est pas issus de cette culture, c’est le fait de pouvoir intéresser les jeunes qui ont l’impression que ce sport est très éloigné d’eux, de les amener, de les faire s’y intéresser. On a la chance d’avoir des grands événements pour promouvoir cette activité. Je pense que le but du Supersevens est de faire découvrir ce sport à la jeunesse. Et notamment pour le large réservoir disponible dans les banlieues pour que, plus tard, il y est des jeunes très performants dans cette discipline avec comme objectif les Jeux Olympiques à Paris en 2024.

En France, il y a une émergence de joueurs issus des banlieues comme Mohamed Haouas qui va disputer son premier match avec le XV de France dimanche face à l’Angleterre, c’est un signe positif d’ouverture du rugby français ?

Bien sûr, il faut y voir un signe positif d’ouverture vers les autres de la part du rugby français. Je pense que la plus dramatique des phrases dans l’histoire du rugby c’est quand, en 2003, Nicolas Sarkozy, alors ministre de l’Intérieur, a dit « La police n’est pas là pour organiser des matchs de rugby dans les quartiers mais pour arrêter les délinquants ! ». Certes, il n’y a pas toujours eu des relations cordiales avec les policiers, mais il y avait des gens chez eux qui nous ont permis de jouer au foot, à faire des sorties voiles etc… J’ai eu la chance d’aller quelques fois à New-York et, là-bas, la majorité des tournois de basket de rue sont organisés par la police. Je pense que c’est à travers ce genre de sport et d’événements que l’on peut véhiculer certaines valeurs. Le rugby fait d’ailleurs partie de ces disciplines qui apprennent aux jeunes à connaître les autres, à les apprécier malgré les différences. On peut que s’en féliciter si les jeunes de banlieues s’intéressent de plus en plus au rugby.

La passe, geste essentiel du rugby et du football, symbolise-t-elle le lien entre les Hommes qui manque tant dans notre société ?

Exactement et je dirais même tout ce qui entoure une passe, savoir se placer, supporter les autres, ou quand quelqu’un n’occupe plus son poste, combler les brèches, défendre à sa place. On voit que ces valeurs sont valables pour les deux sports et qu’elles sont les symboles de vie et de réussite d’une société. On peut apprendre énormément de choses grâce aux sports, contrairement à ce que l’on peut croire.

Pour vous, qu’est-ce que le rugby représente ?

Dans ma tête, le rugby est très proche du foot, dans les valeurs d’entraide et de solidarité. Après avec l’argent qui arrive dans le rugby, ce n’est plus le même sport qu’avant. Moi, je suis un peu trop vieux maintenant, mais si j’avais été plus jeune, je pense que le rugby et surtout le rugby à 7 m’aurait vraiment intéressé. Au 7, tout a l’air d’aller plus vite, le jeu va plus vite. J’ai hâte de voir ce que ça donne.

Le rugby est un sport très festif, surtout lors des troisièmes mi-temps. Pour vous, le sport et la musique font-ils bon ménage ?

Oui, après nous, on a toujours une petite appréhension, car on n’est pas dans notre univers. C’est toujours une aventure pour un groupe de venir jouer des morceaux hors cadre d’un festival de musique ou d’un concert. Il y a un petit côté plaisir, challenge et un peu de trac aussi, mais rien de bien méchant. Ça fait des soirées un peu plus pimentées, et cela nous permet de sortir de notre zone de confort.

Justement, ce n’est pas dur de devoir aller chercher le public lorsqu’il n’est pas venu spécialement pour vous voir comme c’est le cas samedi lors du Supersevens ?

On part un peu dans l’inconnu avec le rugby. Les fois où on a fait de tels événements, c’était différent parce que dans les sports de glisse, il y a une grosse connexion à la musique. Forcément, tout le public ne sera pas venu pour écouter de la musique, mais c’est toujours un challenge. Pour un groupe comme nous, ça permet de nous remettre en danger. C’est un beau petit défi pour nous.

Les supporters présents à Paris – La Défense Aréna auront le droit d’entendre plutôt vos classiques ou plutôt les morceaux de votre dernier album « Yasuke » ?

Il y aura un savant mélange des deux. Effectivement quand on va dans des endroits où il n’y a pas le public d’IAM, on met toujours une bonne dose de classique pour que les personnes présentes puissent se raccrocher à nos classiques. Mais on joue toujours des nouveaux morceaux parce qu’on n’a pas envie d’avoir l’image du groupe qui fait juste un florilège de leurs classiques des années 90. Je pense que ça va être une belle journée et un beau show pour nous.

Par Damien Souillé.

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