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JO 2020 : la surprise, la déception, le meilleur joueur… Le bilan de la compétition masculine

JO 2020 : la surprise, la déception, le meilleur joueur… Le bilan de la compétition masculine
Par Rugbyrama

Le 28/07/2021 à 17:47Mis à jour Le 29/07/2021 à 11:16

JO 2020 - Les épreuves masculines de rugby à 7 se sont conclues ce mercredi matin avec la victoire des Fidji face à la Nouvelle-Zélande. Il est donc l'heure pour nous de tirer le bilan de ces trois jours de compétition. Surprises, déceptions, meilleurs joueurs... Voici ce qu'il faut retenir.

Les Fidjiens toujours magiques

À l’heure de dresser un bilan du tableau masculin, comment ne pas au moins mentionner cette équipe des Fidji. Pour la deuxième édition de la discipline aux Jeux, les hommes de Gareth Baber se sont tout simplement offerts une deuxième médaille d’or. Une prouesse à la conclusion d’un parcours sans faute, récompensant un jeu fidèle aux principes du Sevens "made in Fidji", fait d'offloads à tout-va et de ce que l'on qualifiera de "maîtrise du désordre".

Et quand bien même le navire fidjien a parfois tangué, comme lors de son entrée en matière face aux hôtes japonais (24-19), Jerry Tuwai et les siens n’ont jamais craqué. Le Japon, le Canada et la Grande-Bretagne se sont tour à tour inclinés en poule. Face aux magiciens des Îles en quart de finale, même l’Australie, l’une des meilleures nations au monde, s’est retrouvée impuissante (19-0).

Les Fidji se sont notamment appuyés sur leur potentiel athlétique hors norme, faisant d’eux la meilleure attaque de la compétition, à égalité avec la Nouvelle-Zélande (24 essais). Mais surtout, sur leur défense de fer (10 essais encaissés seulement, soit le deuxième meilleur ratio de ces JO). De bien solides fondations qui leur ont permis d’écarter de leur chemin les accrocheurs Argentins (27-14), avant de balayer les rivaux kiwis en finale (27-12), pour s’adjuger un nouveau titre somme toute mérité.

Jeux olympiques - Les Fidjiens une nouvelle fois sacrés

Jeux olympiques - Les Fidjiens une nouvelle fois sacrés Icon Sport

La Corée du Sud pas invitée

Ne nous le cachons pas, la formation sud-coréenne avait bien peu de chances d’aller embêter les "gros". Débarquée à Tokyo avec l’habit du petit Poucet, la Corée du Sud n’aura finalement pas vraiment laissé un souvenir impérissable aux amateurs de Sevens. Jamais dans le rythme, faiblards défensivement, légers offensivement, les partenaires du capitaine Wanyong Park ont reçu fessée sur fessée lors de ces JO.

La différence de niveau avec les autres nations, plus accoutumées aux joutes des grandes échéances, s’est fortement fait ressentir. Avec 210 points ainsi que 32 essais encaissés (dix de plus que le Japon, deuxième pire défense), les hommes de Young Hun Yang ont beaucoup couru derrière la balle et leurs adversaires, sans jamais trop les contrôler. Leurs cinq petits essais marqués sont également synonymes d’un manque criant de dangerosité offensive, sachant qu’ils ont en plus été fortement pénalisés par leur indiscipline (cinq cartons jaunes reçus).

Conclue par une défaite face au voisin japonais, leur aventure se termine par une tristounette dernière place, néanmoins accompagnée de beaucoup d’enseignements. Des leçons à retenir afin de continuer à émerger au sein du circuit mondial.

Sevens - Les Sud-Coréens n'ont pas remporté le moindre match lors de ces JO 2020

Sevens - Les Sud-Coréens n'ont pas remporté le moindre match lors de ces JO 2020Icon Sport

La surprise : l’Argentine avait la flamme en elle

On ne les attendait pas à ce niveau-là, et pourtant, les Argentins sont bel et bien allés chercher une jolie médaille de bronze. Surtout, ceux qui avaient terminé à la sixième place lors des JO 2016 n’ont rien volé. Bien au contraire, les Sud-Américains se sont peut-être offerts l’exploit de la compétition lors des quarts de finale, en sortant l’Afrique du Sud, bronzée à Rio, et deuxième nation mondiale en 2020. Le tout, s’il vous plaît, en ayant évolué à 6 contre 7 durant la majeure partie de la rencontre, puis même à 5 contre 7, lors des toutes dernières secondes.

Une performance retentissante, qui a rapidement fait le tour du monde ovale, tant les coéquipiers de Santiago Alvarez sont allés chercher la victoire avec les tripes. Tombée les armes à la main au tour suivant face aux surpuissants Fidjiens, la troisième meilleure attaque du tournoi a ensuite trouvé les ressources pour aller battre la Grande-Bretagne et grimper sur le podium (12-17).

La déception : le Japon, hôte malheureux

Le pays hôte avait l’avantage de jouer sur ses terres (même si sans public pour les encourager) et devait confirmer son statut de nation émergente du rugby. Jamais loin de s’accrocher au wagon des quinze meilleures équipes du circuit à 7 depuis quelques années, les Japonais avaient surtout impressionné à Rio de Janeiro, il y a cinq ans, en éliminant les Bleus en quart de finale, pour finalement boucler leur compét’ à la quatrième place.

Au cours de ces mêmes Jeux 2016, ils avaient aussi battu sèchement le Kenya (31-7), et surtout créé l’exploit contre les Blacks (14-12), en phase de poules. De plus, si l’on était en droit d’attendre le Japon, c’est aussi parce que, contrairement par exemple à la Corée du Sud, la plupart de leurs joueurs, tels que Yoshikazu Fujita ou Lote Tuqiri, sont des athlètes assez expérimentés à l’échelle internationale.

Mais au final, à Tokyo, la déception s’est révélée immense. Sur leurs terres, les Asiatiques ont concédé trois défaites en poules (dont un cinglant 34-0 contre les Britanniques et un large revers 36-16 face au Canada), se sont aussi inclinés face au Kenya en match de classement, ont encaissé 134 points (deuxième pire total) et en ont marqué seulement 69 (deuxième pire total aussi). D’ailleurs, même leur unique victoire face à de très faibles Sud-Coréens (31-19) ne fut pas vraiment convaincante. Une compétition à oublier pour les Japonais.

Sevens - Les Japonais ont déçu en terminant à la 11e place

Sevens - Les Japonais ont déçu en terminant à la 11e placeIcon Sport

Le joueur : Marcos Moneta, le feu follet

Supersonique et insaisissable, le jeune Argentin de 21 ans a impressionné durant la compétition masculine. Avec six essais inscrits en six rencontres (ce qui fait de lui le meilleur marqueur de cette édition), Moneta a grandement participé au beau parcours des Pumas à 7. Cela ne fait aucun doute, l’ailier ou arrière avait les crocs. Comme il y a trois ans, lorsqu’il avait arraché la médaille d’or avec les Pumitas, aux JO de la jeunesse.

Auteur d’un doublé décisif lors de l’exploit en quart de finale face aux Sud-Africains, le bourreau et feu follet Marcos Moneta a donc fait parler la poudre à Tokyo. Dans les années à venir, il sera sans doute l’une des attractions du circuit mondial.

Celui qu’on a hâte de revoir : Jiuta Wainiqolo, le golden boy

Champion olympique, deuxième meilleur marqueur d’essais de la compétition à égalité avec Scott Curry (5 réalisations)… Dire que le jeune Jiuta Wainiqolo (22 ans) s’est montré à son avantage lors de ces JO 2020 relève de l’euphémisme. Ses courses à grandes enjambées alliées à son physique imposant en ont fait un danger permanent pour les défenses adverses. Pour preuve : son essai en finale, face aux Néo-Zélandais, pas réputés pour leur manque d’engagement en défense. L’ancien joueur des Fidjian Drua part presque de ses 40 mètres, et s’offre un festival en solitaire sur l’aile droite, fait de cadrage-débordements et d’une sacrée pointe de vitesse, lui permettant de casser deux plaquages pour aller à dame…

Sevens - Le jeune Wainiqolo a impressioné avec les Fidji

Sevens - Le jeune Wainiqolo a impressioné avec les FidjiIcon Sport

La saison prochaine, les amateurs de rugby pourront donc observer la bouille moustachue de l’Îlien en Top 14, puisque Wainiqolo s’est engagé à Toulon pour trois ans, rejoignant ainsi ses compatriotes médaillés d’or Vilimoni Botitu et Aminiasi Tuimaba dans l’Hexagone. Et si les supporters du club varois ne savaient probablement pas grand-chose de ce trois-quarts venu du Pacifique à l’annonce de sa signature, ils doivent désormais être plus qu’excités à l’idée de le voir revêtir la tunique rouge et noir.

Par Dorian VIDAL

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