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Effectif, parcours, identité de jeu... Les coulisses du nouveau sacre fidjien

Effectif, parcours, identité de jeu... Les coulisses du nouveau sacre fidjien
Par Rugbyrama

Le 28/07/2021 à 12:51Mis à jour Le 28/07/2021 à 15:37

JEUX OLYMPIQUES - Tenants du titre et favoris à leur propre succession, les Fidji ont remporté leur deuxième médaille d'or au tournoi de VII des Jeux olympiques de Tokyo. Un succès que les hommes du pacifique sont allé chercher grâce à leur talent, au bout d'un tournoi semé d'embûches.

Un effectif équilibré

Et même si beaucoup de ses joueurs évoluent à XV, le sélectionneur Gareth Baber a d'abord choisi son groupe de talents en fonction de leurs capacités à pouvoir performer à VII, qui est une discipline en plusieurs points différente de sa grande soeur. "Je suis très content du groupe que nous avons amené, expliquait Barber avant le tournoi. C'est en équilibre entre la puissance, qui est une grande partie de notre jeu, et la vitesse que nous sommes capables d'y mettre. Nous avons construit une équipe capable de mettre une pression sur nos adversaires."

Une explication d'autant plus intéressante, puisqu'on peut souligner par exemple que Semi Radradra, immense star du rugby à XV, a principalement été remplaçant tout au long du tournoi et n'a même pas joué la finale ! Un constat étonnant mais finalement logique puisque les Fidjiens comptaient dans leurs rangs des spécialistes du VII comme Jerry TuwaÏ, Meli Derenalagi ou encore Jiuta Wainiqolo. Ce dernier est d'ailleurs une des recrues toulonnaises pour la saison prochaine. Marqueur d'un essai en finale, il a terrassé la défense Néo-Zélandaise par... sa vitesse et sa puissance.

Jeux olympiques - Asaeli Tuivuaka (Fidji)

Jeux olympiques - Asaeli Tuivuaka (Fidji)Icon Sport

Comme lui, plusieurs joueurs de l'effectif sont familiers au Top 14. Semi Radradra bien sûr, mais aussi le Palois Aminiasi Tuimaba, auteur d'un très bon tournoi et le Castrais Vilimoni Botitu.

L'effectif complet des Fidji pour ces JO : Kalione Nasoko, Josua Vakurinabili, Meli Derenalagi, Iosefo Masi, Asaeli Tuivuaka, Semi Radradra, Vilimoni Botitu, Waisea Nacuqu, Napolioni Bolaca, Jiuta Wainiqolo, Aminiasi Tuimaba, Jerry Tuwai {c}

Montée en puissance au fil du tournoi

Avant d'être sacrés pour la deuxième fois de suite donc, les Fijdiens n'ont pas eu un tournoi facile. Très attendus par les autres nations, les Blanc et Noir se sont même fait peur lors de la première journée de la compétition. Face au pays hôte, le Japon, les Fidjiens se sont montré poussifs et n'ont pu s'imposer que 24 à 19. Étonnant lorsqu'on sait que les Nippons sont peut-être ceux qui ont le plus déçu lors de ces trois jours. Le deuxième match, face au Canada, a lui été déjà un peu plus rassurant (28-14). Dominateurs, les Fidji ont géré la rencontre pour maîtriser ce succès.

Pour le deuxième jour, Meli Derenalagi et les siens ont directement monté le curseur, en vue des matchs à élimination directe. La Grande-Bretagne, pourtant demi-finaliste en fin de compte, a subi violemment la loi fidjienne pour le dernier match de groupe (33-7) et une copie parfaite était livrée en quart de finale, face aux irréguliers Australiens (19-0). De retour en pleine confiance pour la dernière journée de compétition, Semi Radradra et ses compatriotes ont renversé une très belle équipe d'Argentine en demi-finale. Le joueur de Bristol, auteur d'un essai, a participé à la remontée des siens, menés 12-14 à la pause et finalement vainqueurs 26-14.

Enfin, rien ne pouvait arrêter les hommes de Gareth Baber en finale. Pas même les premiers mondiaux néo-zélandais qui n'ont pu que subir les assauts incessants des magiciens du pacifique. En mission, les Fidjiens ont mis du cœur à l'ouvrage et sont allés chercher cette victoire au courage. Ils valident ainsi un doublé après ce parcours chaotique.

Parcours des Fidji :

Lundi 26 juillet :

Fidji - Japon : 24-19

Fidji - Canada : 28-14

Mardi 27 juillet :

Fidji - Grande-Bretagne : 33-7

4ème quart : Fidji - Australie : 19-0

Mercredi 28 juillet :

Demi-finale 2 : Argentine - Fidji : 14 - 27

Finale : Nouvelle-Zélande - Fidji : 12 - 27

Le VII comme religion

Enfin, ce qui a peut-être fait la différence dans ces JO pour les Fidji, c'est cet état d'esprit incroyable. En mission avec comme seul objectif l'or olympique dans ce tournoi, Jerry Tuwaï et les siens auraient été prêts à se sacrifier pour ce sacre. La preuve en est leur défense héroïque contre la Nouvelle-Zélande en finale. Les Néo-Zélandais possédaient peut-être de meilleurs arguments physiques, mais ils ne possédaient pas la rage qu'avaient leurs voisins en rentrant sur la pelouse. En larmes au moment des hymnes, les Fidjiens ont aussi terminé le match les yeux scintillants.

JO 2020 - Vilimoni Botitu (Fidji), en finale contre la Nouvelle-Zélande

JO 2020 - Vilimoni Botitu (Fidji), en finale contre la Nouvelle-ZélandeIcon Sport

Entre-temps, ils ont montré à ceux qui le découvraient, ce qu'était le jeu fidjien. Un jeu de magie, joué par des funambules surdoués capables de créer des différences à tout moment. Les Blacks se sont montrés incapables de stopper les attaques adverses, trop tranchantes et instinctives. Cela pourrait être une des conclusions de ce magnifique tournoi olympique : à la fin, c'est le jeu qui gagne.

Par Yanis GUILLOU

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