Other Agency

Houlès : "Être favori n’est pas toujours la meilleure des choses"

Houlès : "Être favori n’est pas toujours la meilleure des choses"
Par Rugbyrama

Le 07/10/2021 à 18:26Mis à jour

RUGBY À XIII - Le Toulouse olympique XIII se prépare pour le match "le plus important de son histoire". Ce dimanche 10 octobre, au stade Ernest-Wallon, les hommes de Sylvain Houlès retrouveront Featherstone pour la grande finale du Championship. L'entraîneur toulousain évoque les clés de la rencontre ainsi que l'enjeu d'une potentielle montée en Super League.

La finale qui approche est la conséquence d’un travail de qualité…

Au fur et à mesure des années, nous avons grandi. Et cette année, on s’est mis en configuration Super League. On s’était vraiment dit que, pour attendre la Super League, il fallait déjà avoir une équipe de Super League. Donc on a d’abord recruté. On a ciblé des joueurs d’expérience, des joueurs qui ont gagné ce championnat (sept joueurs du TO XIII ont été champions en Super League ou ont remporté la coupe d’Angleterre). Il est donc clair que l’on a un très bon effectif, avec aussi certains joueurs qui font partie de ce projet depuis dix ans, des joueurs que l’on avait pris tout jeunes à l’époque et qui, au fil des années, ont passé les paliers et sont devenus de grands professionnels. Ils sont désormais à maturité pour nous faire accéder à cette dernière marche.

La claque reçue lors de la finale à domicile - perdue - contre Rochdale en 2016 va-t-elle vous servir ?

J’ai envie de dire que c’est pour cela qu’on est là aujourd’hui. C’est grâce à Rochdale. Juste après la défaite, quelqu’un m’avait dit : "Tu ne le sais pas encore, mais c’est peut-être la meilleure des leçons que vous pouvez recevoir". À l’époque, nous n’avions pas trop changé nos habitudes, nous nous étions dit que c’était un match à la maison, et nous n’avions pas assez bien préparé cette finale à Blagnac. Nous n’avions ni contrôlé le match, ni nos émotions. Donc on va s’en servir, bien sûr.

" C’est rare de jouer une finale à la maison, on sait qu’il peut y avoir un peu de pression derrière"

Lors de la demi-finale, le week-end dernier, la première mi-temps avait été difficile…

Tirer les leçons de cette première mi-temps poussive, c’est certainement la meilleure des choses qui pourra nous arriver. En première période, on avait été un peu approximatifs. Il ne faudra pas renouveler ça contre Featherstone. On ne peut pas se permettre de leur donner autant de munitions. On en a parlé durant la semaine : notre meilleure défense sera l’attaque. Il faudra que l’on conserve bien le ballon et qu’on leur rende la balle aux endroits souhaités aussi, afin de respecter notre plan de jeu.

Vous avez fini premiers de la phase régulière et vous évoluerez à domicile dimanche : vous considérez-vous comme les grands favoris pour l’accession ?

Quand on regarde de l’extérieur : on a tout gagné cette saison, on est à la maison… Bien sûr qu’on est favoris. Après, "grands favoris", je ne sais pas. Derrière, il y a aussi une très bonne équipe de Featherstone, qui sait bien jouer, qui est un peu notre copie conforme d’ailleurs. Ils ont mis beaucoup de points, ils n’en ont pas encaissé beaucoup non plus et ont aussi des joueurs d’expérience, conséquence d’un recrutement ciblé, avec des anciens joueurs de Super League et des individualités dangereuses. Dimanche, les deux meilleures équipes du championnat vont s’affronter. Et ça va être un vrai combat, qui va se jouer sur des détails. Il faut faire gaffe, être favori n’est pas toujours la meilleure des choses. On parle beaucoup de ça entre nous. C’est rare de jouer une finale à la maison, on sait qu’il peut y avoir un peu de pression derrière aussi.

Comment aider les joueurs à abandonner toute la pression qui peut entourer cet évènement ?

En s’appuyant sur les points où l’on a été bons, et sur les choses que l’on peut contrôler. Tout le reste, tout ce qui va entourer l’évènement, pardon, mais ça ne nous intéresse pas. On va aller sur la pelouse, faire en sorte de tenir le ballon, de respecter notre tactique, de bien placer nos jeux au pied, et de bien défendre, en parvenant à lire les combinaisons adverses. Là, on va jouer le match le plus important de l’histoire du club. Mais les joueurs sont bien (au niveau du stress N.D.L.R.), ils ont hâte de jouer ! C’est un peu plus le staff qui est stressé (rires).

Qu’en est-il des blessures ?

Il y a Andrew Dixon qui ne s’est pas remis de sa blessure à la cheville, donc ça va être compliqué de le faire rentrer. Et puis, lors de la demi-finale, Latrell Schaumkel s’est légèrement blessé au genou sur son premier porté de balle. L’équipe médicale est actuellement dessus, on a de grands espoirs quant au fait qu’il joue, même si au cas où, on a un plan B. Mais normalement, il ne devrait pas y avoir de grands changements par rapport à l’équipe du week-end dernier.

Dimanche, ce sera la dernière apparition du monument Rémi Casty. Est-ce que vous lui réservez quelque chose de spécial ?

Oui, gagner le titre pour lui. Sinon, on garde le reste entre nous… Mais il y a quelques mois, on avait mangé ensemble avec les joueurs, et on s’était fait la promesse de lui donner la meilleure sortie possible en terminant champions. Il fait partie de ces grands joueurs qui ont marqué le XIII français. Il a été le capitaine des Dragons catalans qui ont remporté la première Cup. Faire monter un autre club français en Super League le ferait vraiment rentrer dans le Panthéon du rugby à XIII français.

Propos recueillis par Dorian VIDAL

Contenus sponsorisés